culture scientifique ENSMA des cathédrales pour le vent a u début du xxe siècle, l’industrie de la soufflerie voit le jour avec l’essor de l’aviation. Pour préserver les pilotes d’essai et pallier les difficultés de l’étude de l’avion en vol, on décide d’utiliser une maquette qu’on fixe dans un conduit ; puis on fait circuler de l’air autour. Ainsi naît le concept de la soufflerie. La dimension du parc français est remarquable : Saint-Cyr, Lille, Modane, Nantes, Marseille, Poitiers… Leurs spécialités sont aussi variées que l’aérodynamique des véhicules aéronautiques, spatiaux, terrestres, bâtiments et équipements sportifs. C’est l’emblématique soufflerie bois de l’Ensma de Poitiers qui a inspiré ce film à Jean Tensi, ingénieur de recherche au CNRS, dans le laboratoire d’études aérodynamiques (UMR 6609), auteur du documentaire, réalisé en collaboration avec le service audiovisuel i-médias de l’Université de Poitiers. Le double DVD contient dans une première partie quatre films chronologiques sur l’évolution des souffleries en France. La deuxième partie réunit des interviews et un film pédagogique sur la fabrication d’une petite soufflerie destinée aux enfants. Le récit est ponctué de témoignages des «compagnons bâtisseurs» qui racontent avec fierté et nostalgie l’aventure à laquelle ils ont participé et soulignent l’importance de continuer à utiliser les souffleries. L’informatique, loin de les avoir condamnées, en est devenue complémentaire. Les essais en soufflerie demeurent une étape indispensable entre les calculs et les essais en conditions réelles. A. D. Avant d’être installée à Poitiers, la soufflerie bois avait trouvé refuge dans une chapelle de toulouse en 1940. Jean Tensi oRCADES des jeux pour comprendre l ’association Orcades publie deux nouveaux outils pédagogiques sur le thème des catastrophes naturelles. Le premier est un jeu : Planète… Horizon 2050. Tous les joueurs forment une seule équipe. L’objectif est de gérer les ressources naturelles et maintenir en vie les populations. Pour cela on dispose d’un stock d’énergie fossile à investir dans les énergies renouvelables, les forêts, l’entretien des richesses. Au bout de chaque tour, le bilan des progrès et dégâts écologiques détermine le niveau critique de CO2 dans l’atmosphère et le nombre de catastrophes climatiques qui en découlent. Ce jeu tout public a été testé sur des groupes d’adolescents accompagnés par des animateurs. Il est conçu de manière à les inciter à se concerter sur les tactiques à adopter. Fanny Gimeno, l’une des responsables de l’éducation au développement et à la solidarité internationale (EADSI) d’Orcades, coordinatrice du jeu, explique : «Il n’y a pas qu’une seule stratégie possible. J’ai un groupe qui a décidé par exemple de tout miser sur les forêts et a fini par manquer d’énergie. Trouver le bon équilibre est périlleux.» La victoire est d’autant plus difficile que, comme dans la réalité, les événements climatiques surgissent avec une puissance et une localisation aléatoires, qui se décide ici d’un jet de dés. La perte d’une population signifie la fin immédiate de la partie. «Certains élèves surpris par une défaite précoce m’interrogent : Tu es vraiment sûre qu’on peut gagner ?» Le deuxième outil proposé par Orcades est le dossier Catastrophes «naturelles» destiné aux élèves de collège et lycée. La première partie, pédagogique, est structurée sur l’axe comprendre - réfléchir - agir. Exemple : la canicule de 2003 a-t-elle révélé un affaiblissement du lien social et familial en France ? Etait-ce lié à la pollution ? Que faire pour que cela ne se reproduise pas ? Il n’y a pas de réponse facile, le but est d’amener l’élève à un questionnement. Une fois dépassée l’émotion première, on tente de raisonner sur les problèmes de société qui se révèlent. Dans la seconde partie, interactive, exercices et jeux de rôles initient la réflexion sur des problématiques transversales, telles que : les inégalités sociales sont-elles des facteurs aggravants face aux risques naturels ? Le groupe, guidé par un animateur, mène un débat mouvant, modèle facilitant la prise de parole par la minorité et permettant de construire un argumentaire collectivement. Jérôme Martin, deuxième responsable EADSI, organise la création, la diffusion et la formation sur le dossier. «Nous souhaitons que les enfants en parlent avec leur famille et fassent de la prévention. Aujourd’hui l’enjeu n’est plus seulement d’informer les gens mais de les responsabiliser, montrer l’exemple, leur faire prendre conscience qu’ils sont porteurs des solutions. Cela passe par l’information auprès des jeunes.» Aude Debenest www.orcades.com 48 ■ L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES ■ N° 84 ■ culture scientifique voLATILES L’affaire louches l a première fois qu’un vol de louches à manche jaune a été repéré, c’était le 2 avril 2006 à Saint-Varent dans les DeuxSèvres. Elles se sont posées sur l’arbre de la liberté devant la mairie. Le laboratoire d’observation international des louches (LOIL) a aussitôt prévenu le spécialiste Philip Greenwood pour qu’il se rende sur place et vérifie les faits, photos à l’appui. Depuis, les louches sont apparues à de multiples occasions : festival de théâtre scientifique pour jeune public en Belgique, festival international de la soupe à Lille. Puis à Lausanne, en septembre 2007, elles ont envahi le Parlement suisse en signe de protestation contre la montée de l’extrême droite aux élections fédérales. A Québec, en novembre de la même année, on a pu voir exceptionnellement des louches évoluer sur la neige. Comment ces objets familiers se déplacent-ils ? Mlle Geneviève, collaboratrice de Philipp Greenwood, a réussi à isoler l’ADM (axe de développement et de mobilité) des louches : elles avancent «comme un kangourou qui ferait du ski de fond». Chaque phénomène migratoire de louches donne lieu à une conférence interactive animée par Philipp, qui s’achève toujours par l’adoption d’une louche et son torchon vaisselle par la famille jugée la plus responsable. Ceci afin que la louche puisse réintégrer son habitat naturel, la cuisine. Jusqu’ici 87 ont été adoptées avec succès. La prochaine rencontre de ce type est prévue pour les 2 et 3 mai, dans le cadre du festival Science en nature (en partenariat avec le Festival AH !), au Cébron, au nord de Parthenay. Sur ce site, un des pôles sciences et nature du Conseil général des Deux-Sèvres, le public pourra participer à la toute première sortie de terrain à la découverte des louches à manche bordeaux. Puis le 14 juin sur le même site, de nombreuses activités sport et nature seront proposées pour clôturer le mois sport et nature du Département. «Je présenterai les plans du VVTT (vélo véritablement tout-terrain) dont les pneus sont en peau de ragondin pour une meilleure adhérence, le NVV (nénuphar véritablement volant) spécialement conçu pour voguer sur la brume de Gâtine, le SIS (sentier d’interprétation subaquatique) pour découvrir les zones humides et les activités du CNRTS, centre national de recherche de traces de science», explique Philippe Boisvert. «Au travers de ces spectacles et avec l’aide de personnages récurrents, nous cherchons à attirer l’attention du public sur la préservation de l’environnement. Les louches sont une métaphore des migrations d’oiseaux et l’apparition d’espèces invasives dans notre région. La louche à manche noir évoque l’ibis noir qui sévit sur la façade atlantique. Le sentier d’interprétation subaquatique sert à découvrir flore et faune de cet environnement pour mieux le préserver. Aude Debenest brasseUrs d’idées Ces animations qui ont pour but de «développer la complicité entre science et imaginaire» sont le fruit de la compagnie les Brasseurs d’idées, créée en 2002 par Christian Goichon (Philipp), ancien éducateur spécialisé revenu transformé d’un séjour prolongé au Québec, et Igor Potoczny, comédien bien connu de la ligue d’improvisation niortaise (Aline et Cie). Les Brasseurs d’idées apportent sur la science un regard original mêlé d’humour, de poésie et d’absurde. BougoN Parures préhistoriques d ès la préhistoire, la parure marque le rang social, spirituel, la classe d’âge ou les croyances. Langage sans parole, elle permet de mieux appréhender les sociétés humaines. De la Préhistoire à la fin de l’époque gauloise, la notion de parure évolue comme en témoigne la diversification de ses matériaux et de son façonnage. Os, bois de cerf, coquillages, roches, métaux : le choix des matières premières et des cou- leurs peut être porteur de valeurs mais aussi révélateur de bouleversements sociaux et technologiques. Cette exposition conçue par le musée Bargoin de Clermont-Ferrand a été adaptée et enrichie par le musée des tumulus de Bougon. Plus de 200 objets issus de toute la France sont visibles. «La parure, langage sans parole», du 18 avril au 1er novembre. 05 49 05 12 13 boucle d’oreille en croissant ou lunule, or martelé, bretagne, Age du Fer, ph. Hervé Neveu-dérotrie (musée dobrée, Nantes) Collier de perles calcaires et dents d’animaux, Hypogée de Sarans, Néolithique, musée municipal d’Epernay. ■ L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES ■ N° 84 ■ 49 exposition MuSéE ERNEST-CogNACq Larguez les amarres a Le Phénix, xixe siècle, collection du musée ErnestCognacq, ville de Saint-Martinde-Ré, don de la famille du maquettiste jean Cartier. partir du 4 avril et pour un périple d’un an, le musée Ernest-Cognacq de Saint-Martin-de-Ré invite les visiteurs à embarquer à bord d’un vaisseau de la Royale pour y découvrir les conditions de vie des marins du xviiie siècle. A l’époque où Louis XIV renforce la puissance maritime française et où Vauban émaille le littoral de ses forteresses, beaucoup d’hommes de l’île sont embau- chés sur des navires marchands. C’est l’histoire de ces matelots que l’exposition retrace par le biais d’une scénographie innovante (Vasken Yéghiayan) alliant œuvres originales, reconstitutions et dispositifs audio-vidéo. La mise en scène de l’exposition immerge entièrement le visiteur dans l’atmosphère des navires et le confronte à la «vie de chien» des marins : travail épuisant, malnutrition, promiscuité… Le parcours est animé par des centaines d’objets et de documents prêtés par des établissements culturels (maquettes, instruments de marine, armes, cahiers de navigation). L’exposition est accompagnée d’un cycle de conférences animées par des spécialistes du patrimoine maritime. Tél. 05 46 09 21 22 musee-ildere.com escales EN PoitoU-CHARENtES l’exposition sur les fonds patrimoniaux écrits et graphiques des bibliothèques et services d’archives du Poitou-Charentes est visible au musée d’Agesci à Niort jusqu’au 19 avril puis à la salle des jacobins à Saintes du 5 mai au 1er août. LE VoyAgE dE tAi KAHANo, pirogUe des marqUises le muséum d’histoire naturelle de la Rochelle propose une découverte des îles marquises jusqu’au 28 juin. Partant de la fabrication d’une pirogue, l’exposition s’étend à l’histoire du peuplement de l’archipel, le rapport à la mer et l’utilisation des matériaux. 05 46 41 18 25 bulletin d’abonnement POITOU-CHARENTES Pour recevoir chez vous L’Actualité, plus les numéros hors série, retournez ce bon à : L’Actualité - Service abonnements - bP 23 - 86190 Vouillé tél. 05 49 51 56 00 ❏ ❏ ❏ je désire souscrire un abonnement d’un an à L’Actualité au prix de 22 e (étranger 35 e) je désire souscrire un abonnement de deux ans à L’Actualité au prix de 40 e (étranger 55 e) je vous adresse ci-joint mon règlement à l’ordre de L’Actualité Veuillez servir cet abonnement à : l’évolUtion expliqUée aUx bipèdes Un crime parfait par alberto mangUel M. Mme Mlle Adresse Code postal Prénom sUr la crise parole aUx jeUnes chercheUrs les Utopies ■ michel chailloU Ville 50 ■ L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES ■ N° 84 ■ DU 10 MARS AU 2 5 O C TO B R E 2009 EXPO - CONFÉRENCES - ANIMATIONS POITIERS - 05 49 50 33 08 maison-des-sciences org sciences.org // 05 49 03 53 53 // agencemba.fr // crédit photo : NASA // Illustration baleine : Eridia Studio - www.eridia.com