culture scientifique Du questionnement intime à l’investigation numérique L e chorégraphe Francis Plisson et sa compagnie Marouchka étaient en résidence à l’Espace culture multimédia (ECM) de Poitiers, du 11 au 16 février 2008, pour préparer leur prochaine création Tant de jours coulés au fond du corps. A travers les interrogations sur l’emploi de l’outil numérique se joue la manière dont le corps du danseur va «résonner» durant le spectacle. Fancis Plisson cherche. Depuis son passage au Lyon Opéra Ballet, le chorégraphe croise les pratiques, entreprend de nouveaux dispositifs scéniques, et surtout interroge sans relâche le rapport intime qui se joue entre danse et musique. L’outil numérique est venu récemment compléter sa palette. Alors, durant la résidence à l’ECM de l’Espace Mendès France, il explore cette voie. Si rien n’est encore définitif, il sait déjà quels écueils il souhaite éviter : «L’outil numérique est une nouvelle donne dans le rapport danse-musique. Mais mon sujet ce n’est pas la virtualité.» Une figure le repousse, celle de «l’homme bionique», produit d’une relation trop mécanique et évidente entre le geste produit par le danseur et son traitement sur le plan sonore. «Le problème de l’homme bionique, c’est bien qu’il soit visible en tant que tel.» Or, ce qui intéresse davantage Francis Plisson se situe dans le décalage et la spontanéité. Dans ce registre, il a trouvé un bon complice en la personne de Carlos Zingaro. Après L’écho de mon corps répété dans le battement d’une aile murmurante, c’est la deuxième collaboration entre le musicien portugais, expérimentateur enthousiaste, et le danseur tourangeau. Ensemble ils interrogent ce fil qui relie leurs deux disciplines et s’inventent de nouvelles formes de captation. Ils travaillent en «trompe l’oreille», c’est-à-dire en évitant l’illustration directe. Sur le plan acoustique, cela se traduit notamment par un travail avec un sol sonore, l’enregistrement de la respiration du danseur, ou encore un micro placé au niveau de la hanche afin de capter les pliures du corps. Francis Plisson cherche et, au terme de sa résidence, il a déjà une certitude quant à la spatialisation. L’adepte des «écritures à forme ouverte» a tranché en faveur d’une installation-spectacle, délaissant l’option plus classique de la représentation frontale. «Cette configuration me met dans un autre état par rapport au son. Celui-ci deviendra le point central et les gens tourneront autour. Cela permet de faire un autre type de spectacle.» L’objet de cette résidence à l’ECM est bien de travailler sur l’interactivité et de percevoir comment le corps devient un instrument aux possibilités redéfinies par le traitement sonore en temps direct réalisé par Carlos Zingaro, et la programmation visuelle signée Kamal Hamadache. Dans cette démarche, architecture de l’espace et du corps se renvoient sans cesse l’une à l’autre. La création a débuté en octobre 2007 et a pris pour point de départ une résidence à l’abbaye de Noirlac (XIIe siècle). Des images de pierres issues de ce cadre seront utilisées lors de la représentation. Le corps, dont il est question dans la future création, a lui aussi une histoire particulière. C’est avant tout celui d’un danseur de 47 ans nommé Francis Plisson. Après s’être consacré exclusivement aux projets d’autres chorégraphes pendant trois ans, l’artiste est revenu à des problématiques personnelles sans limiter son propos à sa seule silhouette. La délicate question du vieillissement, il l’interroge aujourd’hui en compagnie de deux autres danseurs «matures» : Stéphane Imbert et Fabrizio Pazzaglia. Dans ce travail autour d’un état intime, une question demeure : «Comment faire passer la danse sans utiliser la prouesse ?» L’emploi sans artifice de l’outil numérique, voilà l’option choisie par Francis Plisson. Alexandre Duval Tant de jours coulés au fond du corps., première le 3 septembre 2008 au Centre chorégraphique national de Tours. BLOG DES AUTEURS Parmi les écrivains et artistes qui collaborent à L’Actualité, il y a des pionniers du Net comme François Bon qui a créé remue.net puis www.tierslivre.net, et d’autres qui n’ont même pas de courriel. C’est le cas d’Alberto Manguel qui, pourtant, se retrouve depuis peu sur le Net grâce à des amis libraires de Hambourg qui lui ont concocté un site très complet : www.alberto.manguel.com Pour en savoir plus sur l’auteur du safari historico-gastronomique en Poitou-Charentes : www.glenbaxter.com Pour suivre le travail des photographes : http://marcdeneyer.com www.claudepauquet.fr www.thierrygirard.com www.sebastienlaval.com LA BIOSPHÈRE DE L’ANTHROPOCÈNE Jacques Grinevald était invité par l’Espace Mendès France au premier séminaire sur le développement durable (entretien sur la décroissance soutenable dans L’Actualité n° 63, janvier 2004). Il vient de publier La Biosphère de l’Anthropocène. Climat et pétrole, la double menace. Repères transdisciplinaires (1824-2007), éd. Médecine & Hygiène, 292 p., 30 € 80 CINÉMA, INTERACTIVITÉ ET SOCIÉTÉ A l’initiative de l’Ecole européenne supérieure de l’image, un séminaire international réunira plusieurs générations d’artistes et de théoriciens sur le thème «Cinéma, interactivité et société», à Poitiers du 18 au 20 novembre. ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 80 ■ Actu80.pmd 80 03/04/2008, 14:42 culture scientifique La sieste «décomplexée» D ans notre société, la sieste est souvent perçue comme une perte de temps. Pourtant les bienfaits de ce temps de repos sont incontestables. L’Espace Mendès France de Poitiers met donc la sieste à l’honneur du 21 au 26 avril 2008 en relation avec les Contrebandiers du temps (Marie-Pierre Thomat et Arno Tartary), le lycée de l’image et du son d’Angoulême et le Greta Charente. En ouverture et dans le cadre d’un repas (20 €), 50 personnes assisteront à la performance artistique Nappening One du couple Thomat-Tartary. Le docteur et «somnologue» Eric Mullens et Francine Harmandon, médecin du travail, présenteront les vertus thérapeutiques du petit roupillon lors d’une conférence organisée le 22 avril à 20h30. Enfin sur le thème de L’île aux oiseaux, des séances de siestes sonores se dérouleront quotidiennement au planétarium à 13h30 et 15h, supervisées par le compositeur et directeur artistique Georges Beaux. Alexandra Pouzet En quelle année ? P arfois, les affiches qui annoncent un spectacle ne mentionnent pas l’année. C’est le cas des affiches du Cinématocrac réalisées durant les années 1970. Alors comment retrouver une année ? Prenons l’exemple de l’affiche publiée en page 72 : quelles sont les années qui possèdent un mercredi 19 mars ? Voici les explications données par Eric Chapelle, animateur scientifique à l’Espace Mendès France. Pour trouver la solution il est préférable d’utiliser la lettre dominicale. Elle est mentionnée sur le calendrier du facteur. Voici la règle : le 1er jour de l’année porte la lettre A, le 2e la lettre B, jusqu’à la lettre G ; la lettre du 1er dimanche est appelée lettre dominicale. Chaque année, la lettre dominicale diminue d’un rang, sauf l’année suivant une année bissextile où deux rangs sont passés (elle porte alors deux lettres : 2008 est une année FE). Dans le cas d’une année ordinaire, le 19 mars est le 78e jour de l’année. Le mercredi arrive 3 jours après un dimanche. Ainsi, les années recherchées ont leur 75e jour ou leur 5e jour de l’année un dimanche (car 75 jours = 10 semaines + 5 jours) donc de lettre dominicale E. Dans le cas d’une année bissextile, le 19 mars est le 79e jour de l’année. Le 76e ou 6e jour de l’année doit être un dimanche donc de lettre dominicale FE. Depuis 1964, les années 2008, 2003, 1997, 1986, 1980, 1976 et 1969 sont de lettre dominicale E ou FE et possèdent donc un mercredi 19 mars. Puisque l’affiche a été réalisée durant les années 1970, l’année est obligatoirement 1976 ! TUMULUS DE BOUGON A partir du 7 juin, le musée des tumulus de Bougon présente «Aux origines de Pharaon», une exposition conçue en partenariat avec le musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. ROC-AUX-SORCIERS A Angles-sur-l’Anglin, le Centre d’interprétation du Roc-aux-Sorciers permet de découvrir la reproduction de la superbe frise magdalénienne sculptée dans un abri sous roche de la commune il y a environ 15 000 ans. Le site est connu des préhistoriens du monde entier mais il n’a jamais été ouvert au public pour des raisons de conservation. 81 ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 80 ■ Actu80.pmd 81 03/04/2008, 14:42 culture scientifique CENTRE INTERNATIONAL DE LA MER Panama, l’épopée d’un canal I Travaux dans la Culebra, janvier 1912. Porte-conteneurs dans la Culebra. Autorité du canal de Panama ncroyable canal, qui relie deux océans en passant par-dessus les montagnes ! L’exposition, présentée à la Corderie royale de Rochefort du 11 avril au 4 janvier 2009, retrace l’odyssée de la construction de cet ouvrage gigantesque, qui ouvrit, à partir de 1914, une nouvelle voie, plus courte et plus sûre, au commerce maritime international. Sons, images et documents d’époque entraînent le visiteur dans les pas des pionniers du canal, ceux qui se sont frayé un passage dans la forêt tropicale, ceux qui ont creusé la montagne. Puis il est transporté, au travers de films, de photographies et de bornes vidéos, au cœur du chantier titanesque, qui fut lancé en 1879 par les Français, sous la direction de Ferdinand de Lesseps, puis stoppé à miparcours en 1887, sur fond de difficultés rencontrées dans les travaux, et de scandale politique et financier. La construction sera reprise en 1904 par les Américains et le canal sera inauguré en 1914. Autorité du canal de Panama Dès son ouverture, le canal de Panama a connu un énorme succès. Aujourd’hui, plus de 14 000 navires l’empruntent chaque année. Face à l’accroissement du trafic et à l’augmentation de la taille des navires, les autorités de Panama ont entrepris, depuis 2007, d’élargir le canal et de modifier les écluses. Une mappemonde interactive dessine les routes maritimes majeures et les principaux passages d’aujourd’hui, illustrant les nouveaux défis actuels. Exposition à la Corderie royale de Rochefort, du 11 avril 2008 au 4 janvier 2009. Tél. 05 46 87 01 90 www.corderie-royale.com bulletin d'abonnement Pour recevoir chez vous L’Actualité, plus les numéros hors série, retournez ce bon à : L’Actualité - Service abonnements - BP 23 - 86190 Vouillé ❏ ❏ ❏ Je désire souscrire un abonnement d’un an à L’Actualité au prix de 22 € (étranger 35 €) Je désire souscrire un abonnement de deux ans à L’Actualité au prix de 40 € (étranger 55 €) Je vous adresse ci-joint mon règlement à l’ordre de L’Actualité Veuillez servir cet abonnement à : M. Mme Mlle Adresse Code postal Ville Prénom 82 ■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 80 ■ Actu80.pmd 82 03/04/2008, 18:17 Actu80.pmd 83 02/04/2008, 16:35 Actu80.pmd 84 02/04/2008, 16:35