culture scientifique
Alerte rouge pour le sonneur à ventre jaune M inuscule crapaud de 5 cm de long, le sonneur à ventre jaune, Bombina variegata, se caractérise par sa pupille en forme de cœur. Le jaune vif de sa face ventrale est un message d’alerte : sa peau sécrète des substances sternutatoires et des molécules aussi toxiques que le venin de vipère ! Elle libère aussi des bactéricides qui lui permettent de vivre dans des eaux relativement polluées. Il se reproduit d’avril à août dans des réseaux de petits plans d’eau peu profonds, temporaires, où la végétation aquatique est rare. L’inventaire réalisé en 2002 par l’association Poitou-Charentes Nature démontre que le sonneur est l’une des espèces d’amphibiens les plus menacées de la région. Des 54 stations à sonneurs répertoriées depuis 1860, 22 seulement sont encore habitées et 5 sont nouvelles. Il reste 23 stations en Charente, 3 dans la Vienne, une dans les Deux-Sèvres et plus aucune en Charente-Maritime. Devant ces chiffres alarmants l’association a vu l’urgence de mettre en place un plan d’action régional de sauvegarde pour le sonneur. L’homme a causé la perte de 40 % des stations désertées par le crapaud en détruisant ses habitats mais, contre toute attente, il n’y a eu aucune intervention humaine sur les 60 % restants. Certains chercheurs, constatant la disparition générale du sonneur des régions côtières, tendent à incriminer le réchauffement c l i m a t i q u e . Il est donc inutile de réintroduire le sonneur dans ces habitats vacants avant de connaître la véritable raison de cette régression En revanche le plan de sauvegarde tient à préserver au mieux les fragiles populations de sonneurs de la région. Ainsi, sur le terrain de manœuvres d’Avon où subsiste la dernière station à sonneurs des Deux-Sèvres, les militaires participent activement à sa protection. Le discret amphibien s’était établi sur le parking accidenté et riche en ornières du terrain militaire. En 2003, quand les autorités décident de remblayer le parking, le Conservatoire régional de l’espace naturel (Cren) et Deux-Sèvres Nature Environnement proposent aux militaires de creuser près du parking, pendant l’hivernation des crapauds, des ornières juste assez inondées pour être temporaires. Chose dite, chose faite : au printemps suivant le parking était neuf et les ornières habitées. «Il y a vraiment une démarche volontariste de l’armée. Lors de la sécheresse 2003, alors que les animaux étaient en pleine période de reproduction, les militaires ont pris l’initiative de réalimenter régulièrement les ornières. La reproduction a ainsi pu être menée à terme. Nous sommes en négociation pour que le sonneur à ventre jaune devienne la mascotte de l’Ecole nationale des sous-officiers de Saint-Maixent», s’enthousiasme Nicolas Cotrel, coordinateur départemental «amphibiens» à Deux-Sèvres Nature Environnement. La sauvegarde de cette espèce dépend de la volonté et de l’initiative de tous. PoitouCharentes Nature et les organismes partenaires mettent tout en œuvre pour y parvenir : le Cren doit acquérir 2 stations (il en gère déjà 3) et sensibiliser le grand public en 2007. Et 5 stations seront incluses dans des sites Natura 2000 par l’Europe… Malgré la difficulté à financer ce genre d’action, l’énergie que dépensent ses acteurs semble porter ses fruits : «Nous ne devrions avoir à donner ni raison ni argument – économique – pour protéger notre patrimoine naturel. Nous avons besoin que les gens s’investissent, viennent à la rencontre d’associations comme la nôtre. Il est encore temps d’agir !» insiste Jean-Marc Thirion, coordinateur « a m p h i b i e n s - r e p t i l e s » à PoitouCharentes Nature. Nous avons encore toutes les cartes en main pour que le sonneur à ventre jaune n’ait jamais à sonner le glas. Marie-Camille Madrange
Poitou-Charentes Nature 05 49 88 99 23 www.poitou-charentes-nature.asso.fr Deux-Sèvres Nature Environnement 05 49 73 37 36 www.dsne.org
LES AVATARS DE ZARAFA Olivier Lebleu s’est pris de passion pour la célèbre girafe naturalisée du muséum d’histoire naturelle de La Rochelle. Une histoire rocambolesque et très bien documentée, sous-titrée Chronique du girafomania : 18261845. Ed Arléa, 208 p., 45 € 48
A. Portheault
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culture scientifique
MUSÉE DES TUMULUS DE BOUGON
Gilles Tosello illustrateur depuis 950 000 ans C ’est un regard sur le passé, un cours d’histoire en images que l’artiste Gilles Tosello propose dans l’exposition Préhisto’Art. Auteur d’une thèse sur l’art mobilier et préhistorien, il a parfaitement su allier ses deux passions – la préhistoire et l’illustration – et les mettre au service de la recherche. Travaillant étroitement avec les archéologues, suivant leurs études et découvertes, il reconstitue avec une grande rigueur scientifique des scènes de la vie préhistorique : scènes de chasse, de sépulture, de construction, etc. «Voici enfin un illustrateur qui ne caricature pas la préhistoire, explique Elaine Lacroix, conservateur du musée des Tumulus de Bougon, Gilles Tosello en donne une vision moderne et juste.» Il tient cependant à conserver ce qu’il appelle la part de rêve : «Aussi contraignant que soit le cadre scientifique, j’ai tenté d’ajouter une touche personnelle imaginaire, essentielle à mes yeux pour faire revivre les visages, les gestes, les paysages disparus. Coup de chance pour moi l’archéologie n’est pas une science exacte, il y a des sentiers d’évasion qui laissent quelque place à la rêverie, si minime soit-elle.» L’exposition est organisée autour de quatre grandes périodes : les Paléolithiques ancien et moyen (de 2,6 millions d’années à 35 000 ans), le Paléolithique supérieur (35 000 ans à 9 000 ans), le Mésolithique et Néolithique (9 000 ans à 4 500 ans) et les âges du bronze et du fer (4 500 ans au Ier siècle av. J.-C.). Soucieux de respecter la rigueur scientifique, Gilles Tosello ne perd pas pour autant le sens de l’humour et n’hésite pas à présenter quelques illustrations «préhisto-comiques». Cette exposition conçue au musée Quentovic d’Etap l e s - s u r - m e r (Pas-de-Calais) a été scénographiée par le musée de Bougon et enrichie d’objets provenant de différents musées français (outils lithiques, parures et cuirasse de l’âge du bronze…), et d’une formidable reconstitution de l’ours des cavernes. Ces objets font écho aux 150 œuvres de l’artiste réalisées avec des techniques picturales diverses (crayon, aquarelle, acrylique…) sur des supports de toute dimension allant de la miniature à la très grande fresque sur bois. M.-C. M. Exposition jusqu’au 1er avril 2007 05 49 05 12 13 www.deux-sevres.com/musee-bougon
Patrimoine archéologique fluvial
D PRIX CORDERIE ROYALE HERMIONE Le prix a été décerné à La Mer pour mémoire de Michel L’Hour et Elisabeth Veyrat (Somogy-Buhez), ouvrage retraçant vingt-cinq ans d’archéologie sous-marine dans l’Atlantique. Dans la catégorie audiovisuelle, le prix revient à Paul Watson, l’œil du cachalot de Bruno Weil et Natacha Calestrémé (Mona Lisa productions), film qui retrace la vie du fondateur de Greenpeace.
ans le cadre du programme européen Culture 2000, trois pays, la Hongrie, la Slovénie et la France, ont présenté un projet concernant le patrimoine conservé dans les lits des rivières. Leurs objectifs étaient d’échanger des méthodes de recherche et de sauvegarde au cours de campagnes de fouilles communes dans le Danube, la Ljubljanica et la Charente. A l’issue de ces travaux, le Service régional de l’archéologie du Poitou-Charentes et le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Université de Bourgogne - CNRS Ministère de la Culture) ont réalisé une exposition itinérante retraçant les fouilles
dans les trois pays et présentant les découvertes importantes faites dans la Charente, près de Taillebourg. Les éléments trouvés sur ce site (du VIIe siècle à l’époque moderne) permettent de nouvelles interprétations historiques importantes pour notre région. En effet, certains objets d’origine scandinave attesteraient la présence à Taillebourg d’une base viking servant à mener des attaques en Charente et en Gironde au milieu du IXe siècle. «Archéologie : le patrimoine fluvial européen», du 18 janvier au 14 mai au musée de Royan. 05 46 38 85 96 49
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exposition
Histoire des sciences, des techniques et des sciences de l’homme L e pôle d’histoire des sciences de l’Espace Mendès France organise des séminaires et conférences en partenariat avec l’Université de Poitiers. Voici les rendez-vous du trimestre. Contact anne.bonnefoy@pictascience.org ANTIQUITÉ E n partenariat avec le laboratoire Hellénisation et romanisation dans le monde antique (Herma), EA 381, CNRS Université de Poitiers. Le verre dans l’Egypte gréco-romaine : production de verre brut et artisanat de luxe, le 13 mars à 18h30, par MarieDominique Nenna, chargée de recherche CNRS, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon. MOYEN AGE En partenariat avec le Centre d’études supérieures de civilisation médiévale de l’Université de Poitiers, UMR 6223 CNRS. L’écriture de la science en langue vulgaire, le 11 janvier à 18h30, par Joëlle Ducos, professeur de langue médiévale, Paris IV-Sorbonne. Les emprunts du vocabulaire scientifique à la langue arabe durant le Moyen Age, le 8 février à 18h30, par Françoise Quinsat, chargée de recherche, Lacito, CNRS. Une approche culturelle des mathématiques de la Chine ancienne, le 22 février à 18h30, par Karine Chemla, directeur de recherche au CNRS, REHSEIS, Université Paris VII. JALONS POUR UNE HISTOIRE DES SCIENCES DE L’HOMME En partenariat avec l’Ecole doctorale sciences humaines, économiques et sociales de l’Université de Poitiers et la Société française pour l’histoire des sciences de l’homme. Les enjeux politiques et sociaux de la science de l’homme autour de 1800, le 16 janvier à 18h30, par Jean-Luc Chappey, maître de conférences en histoire, Paris I, Institut d’histoire de la Révolution Française. L’idée de point de vue sociologique : la
philosophie des sciences comme sociologie des sciences chez A. Comte, le 6 février à 18h30, par Michel Bourdeau, CNRS et Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (Paris-I, CNRS, ENS). Les métamorphoses de l’hystérique (fin XVIIIe- début XXe), le 13 février 2007 à 18h30, par Nicole Edelman, maître de conférences en histoire contemporaine, Université Paris X-Nanterre. La préhistoire des chambres de merveilles : de l’Egypte ancienne à la Mésopotamie, l’Iran et à la Chine, le 14 février à 18h30, par Alain Schnapp, professeur d’archéologie grecque, Université de Paris I. CABINETS DE CURIOSITÉS En partenariat avec l’UFR lettres et langues de l’Université de Poitiers. De Gesner à Buffon : l’animal dans tous ses états : une question de représentation. Le 1er février de 9h30 à 17h30, journée d’études organisée en partenariat avec le laboratoire Forell, sous la présidence de Jean Céard. Avec la participation de Candice Delisle, Thierry Hoquet, Pierre Martin, Nicole Masson, Sylvène Renoud, etc.
Gravure de la
Cosmographie universelle d’André Thevet, 1575.
DÉVELOPPEMENT DURABLE Les actes des journées d’études organisées en 2004 et 2005 par l’Espace Mendès France sont publiés sous la direction de Patrick Matagne, préfacés par Sylvain Allemand : Les effets du développement durable. Gouvernance, agriculture et consommation, entreprise, éducation, L’Harmattan, 300 p., 25,50 €
Olivier Neuillé - Médiathèque de Poitiers
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