bande dessinée
Science et nature dans les mangas
u Japon, la culture du manga touche tout le monde puisque près de 40 % des livres achetés sont des mangas. Cela tient au fait que chaque public a son manga. Il y en a pour les filles (shojo manga) et pour les garçons (shonen manga) mais aussi pour les enfants, les adolescents, les vieillards, etc. Les mangas les plus vendus sont ceux destinés aux adolescents, dont les thèmes sont souvent liés à la violence, comme le cyber punk ou l’héroic fantasy, mais d’autres thèmes sont aussi traités, comme l’environnement et l’écologie. Ainsi de nombreuses créations animées ou sur papier ont vu le jour depuis la création du manga moderne par le grand Osamu Tozuka. Elles sont diverses et innombrables, elles dénoncent directement ou indirectement les atteintes à l’env i r o n n e m e n t . Par exemple, certains mangas de la série «manga science» (Pika édition) nous font vivre les aventures de Asari, Ayame, Yoshio et Manabu, quatre enfants avides de connaissance. Dans leur quête d’apprentissage, ils sont aidés par des spécialistes qui sortent de nulle part : le docteur Aki Fechô, spécialiste des coups de chaleur, Ashito Morora, le spécialiste du poison et de leurs effets sur
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notre corps, ou encore Monsieur Bleu, le spécialiste de l’écologie et du développement durable. Les sujets traités sont très variés : le corps humain, la conquête de l’espace, la planète bleue et tous les risques auxquels elle est exposée par la faute des humains. Avec pédagogie et humour sont présentés bon nombre de phénomènes physiques comme la destruction de la couche d’ozone par les CFC (chlorofluorocarbones) ou l’effet de serre, afin de mettre en garde contre les risques liés à la pollution grandissante sur notre planète.
D’autres mangas plus orientés sciencefiction, comme Blue Seed (Déclic images) ou X (Tokam), présentent l’affrontement de deux clans, l’un souhaitant détruire les hommes qui souillent la planète et ainsi redonner à la nature sa véritable place, l’autre luttant pour la survie de l’humanité, ayant foi dans le fait que les hommes peuvent changer et s’améliorer. Ces mangas, bien que divertissants, soulèvent aussi pas mal de questions sur notre rôle en tant qu’être humain dans l’écosystème et sur l’avenir que l’homme réserve à la Terre. Selon de vieilles croyances nippones, des catastrophes seraient déclenchées par la nature en réaction à l’inconscience des hommes. On comprend pourquoi les Japonais sont parmi les plus conscients des problèmes de l’environnement, et cela s’exprime dans les mangas.
Ronan Jacolot
l’occasion de chaque festival, l’Union départementale CGT de la Charente accueille une création de bande dessinée. Cette année, l’artiste Pierre Gajewski a imaginé un «objet narratif» sur le thème de la Ville-Usine. L’objet hybride, en forme de journal, composé de 4 pages d’articles et de 12 pages de bande dessinée, est construit en noir et blanc sur le thème de l’économie mondialisée. A découvrir lors d’une exposition où seront également accrochées des toiles ou cases géantes de bande dessinée ainsi qu’une frise de huit mètres de long. (Le Nil, 138, route de Bordeaux)
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LE LÉZARD NOIR
Cet éditeur poitevin publie Eiko, le premier album en français d’Akino Kondoh, une série d’histoires espiègles de collégiennes japonaises, dans un style simple et rond. Ce volume présente aussi les tableaux de cette artiste née en 1980, dont le talent ne se limite pas au manga. Le Lézard noir fut aussi le premier à publier Suehiro Maruo en France. Voici Vampire II, après Vampire I, Lunatic Lovers, Yume No Q-Saku, Exercices d’automne, L’art du bain japonais.
■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 75 ■
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ANGOULÊME 25-28 JANVIER 2007
34e Festival international de la bande dessinée L
e pouvoir au dessin et à la création en direct, tel est le slogan de l’édition 2007 du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD 25-28 janvier). Slogan clairement exprimé par Lewis Trondheim qui, pour la 34e manifestation, a fait montre de ses talents d’affichiste. Au programme culturel, le volet n° 1 de l’Exposition universelle de la bande dessinée présentée dans deux premiers containers... livrés, déposés sur une place d’Angoulême. A l’intérieur, les scénaristes –
dont l’auteur Marc-Antoine Mathieu – de l’agence Lucie Lom proposent une surprenante déambulation sur le thème «Mieux vivre dans la ville». Cette exposition, complétée au fil des ans, devrait à terme «remplir» une quinzaine de containers. Elle sera notamment présentée à l’exposition universelle de Shangaï de 2010. La création en direct sera illustrée par une nouvelle édition de concerts de dessins, p e r f o r m a n c e s ou duels graphiques scénarisés par Lewis Trondheim, donnés en public et en direct sur une partition inédite d’Areski Belkacem. Création encore avec un spectacle de théâtre coproduit par la Scène nationale d’Angoulême, inspirée du nouvel album de Pierre Christin. Avec la réalisation d’une bande dessinée en 24 heures par des auteurs en résidence et avec des joutes d’improvisation mêlant acteurs et dessinateurs. Le public sera également invité à compléter des strips de bande dessinée. La dimension planétaire du festival se retrouve dans les Rencontres internationales avec Gilbert Hernandez et Charles Burns (Etats-Unis), Alessandro Barbucci et Barbara Canepa (Italie), Sergio Toppi (Italie)... et bien sûr dans les expositions. Le CNBDI révèle les Américains Jim Woodring – un univers entre psychédélisme et cartoon, acid-comic et merveilleux – et les travaux de l’auteur-illustrateur Richard McGuire, prix 2006 de l’Ecole européenne supérieure de l’image. A découvrir également les «7 merveilles de la bande dessinée», exposition supervisée par Lewis Trondheim, l’hommage inédit rendu au Captain America par le plasticien contemcauchemar», explique Jean-Pierre Mercier, commissaire de l’exposition et conseiller scientifique au musée de la bande dessinée. Des dessins animés adaptés de l’œuvre de Woodring, des figurines, jouets dont certains connaissent un grand succès au Japon sont également présentés. Concert de Brigitte Fontaine au théâtre d’Angoulême le 27 janvier à 21h30 en compagnie de ses musiciens, conduits par Areski Belkacem, et de Blutch.
porain Bernard Pras ou de jeunes œuvres à la Maison des auteurs d’Angoulême. Un espace toujours plus vaste sera consacré aux mangas (rencontres, conférences, événements...) et les plus petits profiteront d’une grande expo consacrée à Kid Paddle, célèbre héros de Midam. Une expo-hommage à Hergé et le baptême d’une rue ou place Goscinny sont également prévus ainsi que de nombreuses animations en différents lieux de la ville. A noter que pour la première fois, en raison du réaménagement du Champ de Mars d’Angoulême, les éditeurs sont regroupés en un seul site, proche du CNBDI et relié au centre par navette. Quelque 10 000 m2 de stands formeront la plus grande librairie BD du monde !
WOODRING, PREMIÈRE !
Première en Europe, l’exposition consacrée à l’Américain Jim Woodring, présentée par le CNBDI, permet de découvrir un artiste important, publié depuis vingt ans dans son pays et dont la France ne connaît que deux albums de bande dessinée, Frank 1 & 2, publiés par L’Association. L’imaginaire de cet artiste, «marqué par le psychédélisme des années 1960 et 1970, est celui d’un enfant qui oscillerait constamment entre rêve et
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