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PHILIPPE DUPLESSIS-MORNAY
En équilibre entre la religion et la paix P hilippe Duplessis-Mornay a voué sa vie au protestantisme. Au cœur des guerres de religion qui déchirent la France au XVIe siècle, il met toute son ardeur à défendre sa religion autant qu’à préserver la paix du royaume. Difficile exercice de style qui se concrétise avec la signature par Henri IV de l’édit de Nantes en 1598. Didier Poton, professeur d’histoire moderne à l’Université de La Rochelle, lui consacre une biographie : Duplessis-Mornay, le «pape des huguenots» (Perrin, 2006). Né en avril 1549 au château de Buhy dans le Vexin, Philippe Duplessis-Mornay s’éteint à La Forêt-sur-Sèvre, dans les Deux-Sèvres, en novembre 1623. Henri de Navarre, futur Henri IV, l’avait appelé à son service en 1576 et Henri III lui avait donné le gouvernement de Saumur en 1589. Quand Henri se convertit au catholicisme, Duplessis-Mornay devient le trait d’union indispensable entre le roi et les protestants. «Mornay défend une monarchie contractuelle, explique Didier Poton. C’est-à-dire que le roi comme les sujets doivent respecter les parties d’un même contrat. Si le roi est un tyran, comme lorsque Charles IX fait massacrer les protestants à la Saint-Barthélémy, le contrat est rompu et la rébellion légitime. Mais, si les grands protestants, comme Rohan, menacent de se soulever après la mort d’Henri IV alors même que Marie de Médicis garantit la survie de l’édit de Nantes, Mornay les exhorte à respecter le contrat.» Son rôle est essentiel dans l’élaboration de l’édit de Nantes. Tout en étant militant calviniste, il veut démontrer qu’il peut y avoir une France où on se tolère. La seule condition d’existence de cette France est la présence d’un Etat fort. «En cela il participe à la sécularisation de l’Etat et aux prémices de la laïcité, selon lesquels l’Etat doit être neutre du point de vue confessionnel.» Ses convictions religieuses le mèneront cependant à la disgrâce politique. Après le temps du pragmatisme politique le temps de Dieu. Il s’installe à Saumur qu’il transforme en capitale européenne du protestantisme avec la fondation d’une académie. Ici, il mettra en pratique son amour du débat intellectuel, de la tolérance, et s’éloignera ainsi un peu de Calvin. «Il est persuadé que la vraie foi triomphera, mais peut-être pas de son temps. C’est le travail de Dieu. Ce courant de pensée, selon lequel on n’impose plus sa religion par la force, est nouveau et tend à se développer notamment avec l’académie de Saumur.» Mornay finit sa vie en Deux-Sèvres en suivant de près l’actualité en Amérique qu’il considère comme le territoire où la vraie foi triomphera. Anh-Gaëlle Truong
CATHOLIQUES ET PROTESTANTS Didier Poton et André Benoist ont édité Catholiques et Protestants dans l’Ouest de la France du XVIe siècle à nos jours, les actes du colloque organisé par le laboratoire Gerhico de l’Université de Poitiers en 1994. L’ouvrage, qui vient de paraître dans la série des Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest (5e série, t XI), réunit vingt-cinq articles signés notamment par Sébastien Jahan, Marc Seguin, Jean-Pierre Andrault, Jean-Marie Augustin, Jacques Marcadé, Charlotte PonWillemsen. www.sao.asso.fr
Bruno Veysset
Nouveau doyen de la Flash D i d i e r Poton a succédé à Guy Martinière en tant que doyen de la Faculté des langues, lettres, arts et sciences humaines de l’Université de La Rochelle. «Notre grande mission, dit-il, sera la négociation du contrat 2008-2011 dans lequel nous chercherons avant tout à défendre l’existant sauf en lettres modernes où un nouveau mastère sera proposé.» En LEA, le ministère a confirmé la vocation internationale de La Rochelle axée sur le Pacifique, autour d’un pôle Asie. «Ainsi, la création d’un Institut universitaire Asie-Pacifique (IUAP) est une priorité. Il accueillera de la recherche, de la formation initiale et de la formation professionnelle.» En histoire et géographie, «le grand projet est de proposer des licences professionnelles autour du tourisme et des langues, ainsi que deux formations autour des métiers de l’enseignement en partenariat avec l’IUFM et des métiers du patrimoine avec un mastère patrimoine, tourisme international et nouvelles technologies.» Côté recherche, sur injonction du ministère, les laboratoires Mapa (Médiane Asie-Pacifique) et Otelo (Organisation des territoires et environnement dans les espaces littoraux et océaniques) se réuniront en une structure qui bénéficiera d’une co-accréditation avec le Centre de recherche en histoire internationale et atlantique de Nantes. «Ce qui ne nous empêche pas, précise Didier Poton, de collaborer encore avec le Gerhico et l’Institut d’études acadiennes et québécoises de l’Université de Poitiers.» A.-G. T.
A PARAÎTRE Les Protestants de l’Ouest en 30 questions, de Didier Poton et JeanYves Carluer, chez Geste édition. Les Huguenots et l’Atlantique en coédition aux Presses de la Sorbonne et aux Indes Savantes. Didier Poton a coordonné, avec Mickaël Augeron et Bertrand Van Ruymbeke, 60 auteurs de 10 nationalités pour explorer toutes les dimensions de la relation entre les protestants français et l’Atlantique. Parution début 2007.
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■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 74 ■
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POITIERS U2E
Pédagogie à l’ère du numérique D u 13 au 22 septembre s’est tenue à Poitiers la deuxième université européenne d’été soutenue par le département Ingénierie médias éducation (IME) de l’Université de Poitiers, le Centre d’études pédagogiques pour l’expérimentation et le conseil de Lyon, le Cned et l’Espace Mendès France. A partir du thème des technologies éducatives, chercheurs, créateurs et étudiants ont abordé les nouvelles formes d’apprentissage qu’induit l’outil numérique. «C’est un leurre de croire que les élèves savent mieux utiliser les ordinateurs que les enseignants, estime Jean-François Cerisier, directeur du département IME. Certes, ils manipulent avec facilité car ils n’ont pas d’inhibition pour naviguer mais ça ne veut pas dire qu’ils ont les compétences pour traiter les informations.» Derrière ce constat qui porte sur la génér a l i s a t i o n de l’enseignement via le multimédia à l’école, c’est la question du développement de l’intelligence humaine à l’aide des outils technologiques modernes qui est en jeu. Et c’est bien là le propos de ce rendez-vous, Poitiers U2E, au soustitre accrocheur dû à Monique Linard : «Apprendre à penser avec des machines qui ne pensent pas». Trois axes ont été retenus : la simulation, la communication et la création numérique. Qu’il s’agisse de conférences, de tables rondes ou d’ateliers, le but est chaque fois de montrer la relation entre des techniques évoluées, parfois spectaculaires, et des applications relativement simples. La quarantaine d’étudiants du mastère en ingénierie des médias pour l’éducation (Mime) ou Euromime, et à qui s’adresse en premier lieu cette université d’été, ont ainsi pu visiter la salle de simulation de Civaux, où sont formés les opérateurs de la centrale nucléaire. Ces étudiants, appelés à devenir chefs de projets dans des entreprises développant des formation qui utilisent des technologies numériques, ont été confrontés à un domaine un peu décalé : la création numérique. Ce secteur suscite beaucoup d’interrogations. Selon Thierry Pasquier, le responsable de la communication de l’Espace Mendès France : «En général, les gens sont subjugués par les outils. Pour beaucoup, la création numérique, c’est utiliser les logiciels.» Le point commun des créateurs invités à animer l’université d’été au sein de l’Espace Mendès France, ARTHUR DE RICHEMONT, SEIGNEUR DE PARTHENAY Le connétable de France s’est distingué par ses exploits militaires, notamment aux côtés de Jeanne d’Arc à la bataille de Patay (1429). Arthur de Richemont (1393-1458) fut seigneur de Parthenay et, un an avant sa mort, duc de Bretagne sous le nom d’Arthur III. Une exposition lui est consacrée par l’association Atemporelle à la salle du patrimoine de Parthenay jusqu’à la fin de l’année.
fidèle à ses missions d’expérimentation et de médiation autour du numérique, est de prendre cette technologie même comme matériau de création. L’un des temps forts aura été la performance «Line ~» jouée au planétarium. Quatre musiciens ont fait interagir en temps réel son et image à partir d’éléments d’une «lutherie» numérique, appelés méta-instruments. Parmi eux, Francis Faber, responsable de La Grande Fabrique, compagnie de musique et de spectacle multimédia, insiste sur la distinction à faire entre contrôler et jouer. La première action est celle qu’autorisent les logiciels grand public, à savoir modifier une donnée en différé à partir de paramètres définis, quand la seconde implique d’agir directement sur les paramètres du logiciel afin de jouer en temps réel, jusqu’à aller à l’interprétation. «On est entouré d’un monde numérique qui suscite une espèce de vision magique, qui n’est pas du tout expliquée», estime Francis Faber. Il s’agit donc de transmettre la technique relative à ce genre d’outils afin de ne pas être dépendant, dans leur utilisation, de ce qui est p r o p o s é e dans le monde marchand. Après le spectacle, ces pédagogues, à la fois artistes et informaticiens, ont évoqué l’envers de leur création. Ouvrir une partie de ses activités au grand public est l’une des volontés de cette université européenne d’été. Elle devrait, l’année prochaine, porter sur l’éducation aux médias. Alexandre Duval
VIENT DE PARAÎTRE La Bibliothèque, la nuit, d’Alberto Manguel, Actes Sud. Le festival Lettres d’automne, à Montauban du 14 au 26 novembre, est consacré à cet écrivain. Tumulte, de François Bon, Fayard. Voir aussi les photographies, et tout le reste, sur le site de l’auteur : www.tierslivre.net Un ciel à hauteur d’homme, de Georges Bonnet, poésie, L’escampette éditions. Ciels de miel et d’ortie II, de JeanClaude Martin, poésie, Tarabuste.
ARTILLERIE ET FORTIFICATION Du 30 novembre au 2 décembre se tiendra à Parthenay un colloque international de l’équipe de castellologie du Centre d’études supérieures de civilisation médiévale de l’Université de Poitiers sur «Artillerie et fortification 1200-1550» (sous la présidence de Philippe Contamine). Comment la fortification est conditionnée par l’évolution de l’artillerie, mécanique et à poudre. 7
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