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Asie
Grands voyages ou quotidien : dans ses carnets de croquis, de collages et notes, Mazan saisit l’essentiel Par Astrid Deroost Dessins Mazan
Brut de dessins S on premier carnet de voyage n’est plus qu’un souvenir. Les autres en content des centaines. Mazan, auteur de bande dessinée (L’hiver d’un monde, Dans le cochon tout est bon, C’est aujourd’hui dimanche, etc.) se rappelle Hanoi, la compagnie de ses pairs – Pierre-Yves Gabrion, Jean Solé – et cette envie, nouvelle, de dessiner les rues, les saveurs... pour ne pas oublier l’étonnant inconnu : «C’était en 1996, je sortais d’Europe pour la première fois. La découverte de l’Asie a été un choc.» Premier carnet donc entre pense-bête et étude, entre journal intime et chronique. Le jour, entre deux dédicaces, Mazan crayonne l’instant. Le soir à l’hôtel, il écrit, met en couleurs. Mais à son retour en Charente, contre toute attente, les images du Vietnam lui sont dérobées. L’artiste tente un temps de redessiner le périple effacé puis décide de croquer le présent de la vie. Comme un voyage. Depuis lors, dans un très esthétique méli-mélo de dessins, de collages et de mots, Mazan consigne les vraies expéditions vers l’Egypte, la Chine, le rire de ses enfants, les vacances en Allemagne ou la traversée de Paris. Saisis dans les pays étrangers, les décors, les ambiances, les personnages ont des vertus documentaires : ils servent l’authenticité des fictions comme l’actuelle série Khéti, créée avec Isabelle Dethan. Il faut, estime le dessinateur, voir un jour le Nil pour comprendre la fertilité de ses berges, verte limite au désert. A l’inverse, et sans l’opposer à la photographie que l’auteur pratique également, le dessin fait de la réalité la plus personnelle des fictions... atmosphères fidèles au ressenti grâce au jeu des couleurs, de la composition et des accumulations. Et surtout le croquis de voyage libère le trait. «Avec le temps, on se rend compte que l’on sait mieux dessiner, constate l’artiste. Mais l’aspect brut du croquis, les erreurs, permettent un retour à ce qui était là au début, une fraîcheur... perdue. On essaie de trouver quelque chose de nouveau, on va à l’essentiel.» Mazan aimerait, sans tarder, appliquer la leçon : dessiner sans aller jusqu’à la minutie, «arrêter d’être maniaque». Sera-ce dans la prochaine bande dessinée ou dans celle qui contera l’histoire d’un voyageur parti autour du monde, au XIXe siècle ? Dans ce récit-là, en tout cas, des dessins, des photos anciennes et des croquis seront mêlés. «Un croquis, vite dessiné, pas terminé, ça bouge encore, sourit Mazan. C’est dans cet aspect, non fini, qu’est la vie.» ■
ENCRES DE CHINE Quelque 24 artistes proposent des croquis de voyage dans un ouvrage intitulé Encres de Chine. Paru dans la foulée du premier Festival de l’image dessinée française à Beijing, organisé en octobre 2005 par l’association 16 000 Images (Angoulême), ce recueil rassemble des artistes aussi connus que Mazan, Baudouin, Troub’s, Davodeau, Willem et moins connus. Tous ont fait le voyage et tous ont «crobardé» avec un joyeux talent les visages, les scènes de rues, les décors, les détails architectoniques, les rencontres et les dessinateurs dessinant l’automne à Pékin. La seconde édition de la manifestation aura lieu, toujours à Beijing, du 7 au 10 septembre 2006.
Encres de Chine édité par 16000 Images, 126 p., 15 €. En vente à Angoulême, au CNBDI, dans les librairies et auprès de 16000 Images (1-3, rue de Saintes). L’association qui regroupe, en Charente, 42 entreprises de l’image a pour but de développer et promouvoir les savoir-faire de ce secteur en organisant, notamment, des événements.
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