culture scientifique
Planétarium L
e planétarium de Poitiers accueillait le 1er février 2006 les musiciens Rodolphe Burger et Yves Dormoy. Initialement conçu en 2003 pour le planétarium de la Cité des sciences à Paris, ce concert témoigne une fois de plus de l’originalité de la programmation de l’Espace culture multimédia de l’Espace Mendès France : «Il s’inscrit plus précisément dans le cadre de notre collaboration avec l’association de Tours Ellipse sur le projet spectographie», précise Patrick Tréguer. Lors du concert, les créations visuelles du vidéaste Ewen Char-
donnet, construites sur le thème de la conquête spatiale, se télescopent sous la voûte étoilée de l’EMF avec les titres joués par le duo Burger-Dormoy. Guitariste et chanteur, Rodolphe Burger (ex-leader de Kat Onoma) et Yves Dormoy (saxophoniste et clarinettiste) se sont rencontrés au début des années 1980. Pour Burger, le projet Planétarium était «l’occasion de rejouer ensemble sur une formule ordinateur-clarinette-saxo-guitare et voix dans un lieu atypique et inspirant». Le projet Planétarium s’est par la suite concrétisé par la sortie d’un album éponyme. Contrairement au sémantisme évocateur du titre, Yves Dormoy tient à clarifier leur démarche : «Nous n’avons pas cherché à suggérer un espace cosmique. Notre recherche consistait plus à traiter un espace habité, traversé par des avions et des communications. C’est un espace fréquenté, connu.» Pilote de ligne, Dormoy a enregistré de nombreux éléments sonores lors de vols intercontinentaux. Les communications radios, les annonces micro des aéroports sont intégrées dans la trame musicale. Aux antipodes du «copier-coller» de l’échantillonnage, le recours aux samples n e fonctionne pas ici comme une xenogreffe purement citationnelle. Yves Dormoy explicite cette poétique du détournement : «Les échantillons sonores sont véritablement incorporés de façon musicale. Ces éléments ne sont pas utilisés comme de simples citations. J’ai consacré énormément de temps à décortiquer les échantillons pour sélectionner les moments, les phrases qui vont se
poser sur le rythme.» Ces «instants volés» prélevés aux quatre coins du globe «texturent» la musique et dépassent en cela les artifices de l’ornementation pratiqués par les spécialistes des effets spécieux. L’album fourmille de ready made sonores capturés au gré des vols et réinvestis sur un «groove très organique» : une voix synthétique communiquant aux pilotes les informations météo épouse parfaitement un tempo blues, les indications altimétriques semblent disposer d’une musicalité propre... Planétarium ne s’apparente pas à une envolée interstellaire vers un cosmos désincarné, sa dimension céleste reste à dimension humaine. «Intermittent de l’aviation» selon ses propres termes, Yves Dormoy nous convie avec Rodolphe Burger à un «voyage presque familier. La notion de voyage et le déplacement mental sont intrinsèques à la musique.» Burger insiste ici sur la portée «concrète» de Planétarium. Planétarium navigue à la croisée des genres musicaux : blues, rock, musique concrète, jazz, électro... Aux yeux de Yves Dormoy, l’album participe de l’esprit jazz qui consiste à «récupérer des influences de partout en les rejouant de façon décalée. C’est une façon de se réapproprier ces petits moments de culture sans la connaître. C’est une pratique courante dans le jazz.» Plusieurs titres font écho à Ornette Coleman, James Blood Ulmer ou Dylan mais cette intermusicalité ne fait pas de Planétarium un opus révérencieux et référentiel. Burger conclut ainsi : «Cet album nous sert de partition pour s’orienter vers de nouvelles choses. Chaque concert est une recréation permanente, un espace ouvert qui permet un renouvellement de l’approche technique délivrée des clichés.»
Boris Lutanie
EXPOSITION JEAN-LOUIS VERDIER
Les superbes dessins de JeanLouis Verdier ont illustré le dossier «Insectes» de L’Actualité (n° 71). Nous reproduisons ci-contre sa première peinture sur bois, un grand capricorne (140 x 40 cm). Les visiteurs de l’Espace Mendès France pourront découvrir ses œuvres du 6 juillet au 2 septembre.
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culture scientifique
CENTRE INTERNATIONAL DE LA MER
La saga maritime du thé C
’est l’histoire d’une petite feuille ovale, cultivée et consommée en Chine depuis des millénaires, et introduite en Europe au XVIIe siècle par les m a r c h a n d s hollandais. L’exposition «Thés & Cie, entre Chine et Europe, XVIIIe-XXe siècle», présentée jusqu’au 8 octobre par le Centre international de la mer à la Corderie royale de Rochefort, convie les visiteurs à un voyage dans le temps entre Orient et Occident, dans le sillage de la précieuse plante, sur les routes maritimes du commerce du thé. La nouvelle boisson en provenance de Chine connaît au siècle des Lumières un succès considérable dans les cercles mondains européens, où la vogue est à l’exotisme. L’exposition évoque l’ambiance d’un salon élégant du XVIIIe siècle, où la bonne société se retrouvait pour deviser autour d’une tasse de café, de chocolat, ou de thé, la dernière boisson à la mode, devenue symbole de luxe et de raffinement. La croissance spectaculaire de la demande, en particulier en Angleterre où le thé est devenue la nouvelle boisson nationale, favorise l’essor d’un commerce florissant entre l’Europe et la Chine, qui profite largement aux Compagnies des Indes, de puissantes sociétés nationales qui détiennent le monopole du commerce européen. Très rapidement, les Britanniques affirment leur suprématie sur le marché occidental du thé, en même temps qu’ils imposent à la Chine impériale de s’ouvrir au commerce étranger. Dans une atmosphère portuaire de quais, de docks et d’entrepôts, l’exposition embarque le visiteur dans un voyage océanique au long cours, sur les vaisseaux marchands de la route du thé, depuis l’Europe jusqu’à la Chine en passant par le cap de Bonne Espérance. Elle raconte les progrès de la navigation à l’époque, de la construction navale, les liens entre navigation et impératifs économiques. L’enjeu : aller de plus en plus vite pour vendre de plus en plus cher. On construit des vaisseaux toujours plus rapides et plus puissants, tels ces fameux clippers, de grands voiliers aux performances extraordinaires, qui, au XIXe siècle, rivalisent de vitesse sur les routes maritiéchanges sur les métiers de la science, à faire découvrir des actions innovantes menées par et pour des jeunes. «Sciences et culture», «la science face aux risques» sont les deux thèmes de cette édition. www.exposciences.org
mes du thé, bientôt supplantés par les steamers, et aujourd’hui par les cargos. L’exposition s’achève sur une évocation du thé aujourd’hui. Ambiance végétale, boisée et parfumée, pour découvrir la plante, ses modes de culture, ses aires de production, et les mille manières de transformer et consommer la petite feuille ovale. L’histoire du thé continue de s’écrire au présent. Les routes maritimes du thé existent toujours : le thé est aujourd’hui exclusivement transporté par mer. De nos jours, on boit du thé sur tous les continents. Dans les demeures bourgeoises d’Angleterre ou sous la tente des nomades du désert, le thé, c’est la boisson universelle, qui réconforte et réunit, et recrée instantanément, selon les mots de Théodore Monod, «un petit coin de possible humanité». Mireille Tabare
Exposition jusqu’au 8 octobre à la Corderie royale de Rochefort. Tél. 05 46 87 01 90
Mary Evans Picture Library - Londres
AUTOUR DE L’EXPOSITION
L’exposition fait l’objet d’une publication, Thés & Cie, dans la collection Cahiers de la Corderie, éditions CIM. Le service éducatif propose des visites spécifiques pour le public scolaire. Le magasin de la Corderie et le Café des Longitudes se mettent eux aussi à «l’heure des thés». vacances de la Vieille Perrotine, le Festival art et science en Oléron du 26 juin au 1er juillet 2006 (gratuité totale). Des troupes de théâtre issues des laboratoires du CNRS de différentes régions ainsi que l’Epithé’âtre de Rochefort donneront six spectacles. Le festival propose également des ateliers théâtre-écriture l’après-midi et des émissions de radio sur Demoiselle Oléron (10h-11h) durant lesquelles des scientifiques répondront aux questions des auditeurs. www.caes.cnrs.fr
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Thierry Tijeras
EXPOSCIENCES 2006
Du 17 au 19 mai à l’Espace Mendès France et au musée Sainte-Croix de Poitiers, des jeunes du PoitouCharentes vont présenter leurs projets scientifiques à l’Exposciences, manifestation organisée par le Cirasti. Ce collectif regroupe des acteurs de l’éducation populaire, de l’enseignement et de la recherche. Cette manifestation vise à susciter des coopérations entre les jeunes, à promouvoir des animations pour tous publics, à favoriser des
FESTIVAL ART ET SCIENCES EN OLÉRON
En partenariat avec des communes d’Oléron, le Centre d’action et d’entraide sociale du CNRS organise, dans son centre de
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exposition
minéral, animal – ainsi que nymphes et déesses. A découvrir jusqu’au 4 juin à la galerie Louise-Michel, au musée Rupert de Chièvres, au musée Sainte-Croix et à l’Espace Mendès France qui présente «La source des Grâces», œuvre vidéo et roches métamorphiques provenant de Rochechouart (sublimation d’une météorite il y a 200 millions d’années). Deux jeunes artistes issues de l’Ecole supérieure de l’image, Paola Gonzalez et Colette Viaud, qui ont travaillé à Poitiers avec Paul-Armand Gette, exposent également à la galerie Louise-Michel leur série de photographies intitulée «Capture». Inaugurée le 3 juin dans le cadre de «Rendez-vous au jardin», une œuvre phyto-ornementale s’épanouira jusqu’en septembre au parc des Prés-Mignons. «Le sein de la nymphe» est réalisé en pervenches de Madagascar. Elle célèbre la terre, les sens et la fertilité.
Tél. 05 49 54 86 35
PAUL-ARMAND GETTE
La permanence du sujet
’est à un voyage dans les différentes strates de l’œuvre de Paul-Armand Gette que nous convie l’ensemble des huit expositions, créations et interventions réalisées à Poitiers entre janvier et septembre 2006. Invité dans le cadre des résidences d’artistes mises en place par la Ville de Poitiers, l’artiste a poursuivi son travail au croisement des sciences de la nature et de l’histoire de l’art. Jusqu’au 24 avril, on peut découvrir à la galerie des écoles d’art
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«Le sein de la nymphe», proposition phytoornementale de Paul-Armand Gette.
de Poitiers son œuvre éditoriale. A la manière des scientifiques, l’artiste publie abondamment, souvent des opuscules qui ressemblent à des tirés à part. Pour la première fois, 50 publications sont réunies (250 au total). Notons qu’avec son épouse, Turid Wadstein, Paul-Armand Gette a mis en français le Voyage en Laponie de Carl von Linné, qu’il tient pour un de ses maîtres (L’Actualité n° 59, octobre 2002). L’exposition «Au bord de l’eau» célèbre les trois règnes – végétal,
HISTOIRE DES SCIENCES
La Société française d’histoire des sciences et des techniques a organisé son congrès en mai 2004 à Poitiers avec la collaboration de l’Espace Mendès France et de l’Université. Marqué par une participation internationale importante, ce congrès proposait 154 communications, dont la plupart sont réunies par Anne Bonnefoy et Bernard Joly, président de la société, dans un volume hors série des Cahiers d’histoire et de philosophie des sciences (334 p., 15 €). www.sfhst.org anne.bonnefoy@pictascience.org
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