bande dessinée
Dominique Dessinateur, auteur de bande dessinée et d’écrits romanesques, Dominique Hérody publie deux cents visages imaginaires Par Astrid Deroost
Hérody pelant ses propres débuts d’auteur et une sorte de conviction. Celle que l’on a – jeune – «de se dire que l’on va faire du dessin ou de la bande dessinée». Dans les années 70, il fait la rencontre déterminante de Lob, fréquente en auditeur libre les cours de Got et Pichard à l’Ecole des arts appliqués Duperré de Paris... Suivront des encouragements et, rapidement, des invitations à publier dans L’Echo des Savanes puis Circus, Pilote, Métal Hurlant, Charlie ; des albums, aussi, dont L’Atelier (Futuropolis), florilège d’histoires courtes préfacé par Lob («genre dans lequel il excelle», écrit-il), et d’autres événements fondateurs : «J’ai découvert Breccia et peu de temps après Muñoz. Cela m’a choqué, puis bouleversé de voir que la bande dessinée pouvait être aussi humaine et graphiquement tellement expressive. Alec Sinner n’est pas un héros récurrent, c’est un personnage. Ce qui m’intéresse dans la bande dessinée, c’est de faire vivre les personnages», confesse l’enseignant. D e p u i s lors, Dominique Hérody mêle les rôles d’auteur de récits graphiques ou strictement littéraires. En 2002, il a publié En sa compagnie, récit amoureux en petits tableaux, aux éditions Le Temps qu’il fait. Il est encore critique, notamment pour la revue 9e art, ou commissaire d’expositions. Il a participé, à Angoulême, à la création du magazine littéraire Le Paresseux et, à Paris, à l’atelier Nawak, repaire entre autres de Thierry Robin, Lewis Trondheim, David B, Christophe Blain ou Joann Sfar... L’album, publié en 2002 par L’Association, est né d e cette complicité avec la nouvelle génération. «C’est une chose que Lewis Trondheim a écrite pour moi, avec de l’ironie. Et que j’ai mise en scène au fur et à mesure sans rien savoir de l’histoire», remarque Dominique Hérody. Il y a, dans la bande dessinée Farniente, la légèreté de la création partagée. Il y a aussi un tête-à-tête amoureux, malicieux, confronté à la belle inertie de l’été. s
Portraits en tête-à-tête D ominique Hérody se réjouit du titre, trouvé un soir à l’orée du sommeil. Tête à tête, ainsi s’intitule l’ouvrage signé de sa main et publié, à Angoulême, par les Editions de l’an 2. Un livre volontairement épais, plein de ces visages que trace une plume parfois frénétique : «Un jour, j’ai dû faire vingt ou trente portraits en une heure. En tout, plus de mille en trois ou quatre ans. Je prends un papier bon marché, une plume, un pinceau chinois et, de temps en temps, un crayon. Je ne peux pas rater. Ce n’est pas un travail, c’est un élan», constate l’auteur dans un plaisant regret. En vérité, Dominique Hérody, dessinateur, auteur de bande dessinée, aime les compagnons qu’il imagine depuis l’adolescence. Comme il apprécie l’accident d’eau et le face-à-face répété avec la ligne première, abstraite, spontanée, qu’il transforme en figure ronde ou aiguë, masculine ou féminine. «Je pars toujours d’un trait. Longtemps, j’ai commencé par l’œil gauche, se souvient-il... Je ne sais pas qui sont ces personnages, ils sont là par hasard. Dans le livre, certains sont en vis-à-vis. Ils semblent avoir quelque chose à se dire. J’espère qu’ils diront quelque chose au lecteur.» Hérody, donc, est fasciné par le portrait, objet favori de ses déambulations muséales : Véronèse, Titien... Il l’est aussi par l’œuvre de Pascin et par la bande dessinée, art que lui-même dispense à l’Ecole supérieure de l’image d’Angoulême. «Les étudiants et moi, faisons, ensemble, de la bande dessinée», préfère-t-il, en se rap-
Ci-dessus : Autoportrait pour L’Actualité. Tête à tête, Ed. de l’an 2, 304 p., 19,50 e
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s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 60 s
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