EDGAR MORIN
Voici le 5e volume de La Méthode, le grand œuvre d’Edgar Morin entamé en 1977, publié au Seuil : L’humanité de l’humanité. 1. L’identité humaine. «Mon entreprise, écrit-il, est conçue comme intégration réflexive des divers savoirs concernant l’être humain. Il s’agit non pas de les additionner, mais de les lier, de les articuler et de les interpréter. Elle n’a pas pour intention de limiter la connaissance de l’humain aux seules sciences. Elle considère littérature, poésie et arts non seulement comme moyens d’expression esthétique, mais aussi comme moyens de connaissance.»
Le visage de la clarté
ean-Claude Pirotte écrit toujours un peu le même livre, comme pour mieux en parfaire la clarté, pour en affiner toujours la matière, translucide, aérienne. Des phrases lui viennent, qui ont la consistance des rêves, évanescentes. Au gré de ses rêveries très sentimentales, des phrases affluent, sans autre cohérence que celle des songes, sans autre poids que celui de notre inconsistance. Elles nous rappellent notre disparition. Elles glissent, ne tendent qu’à s’effacer, pour dire la fulgurante clarté d’un ciel, pour mieux dire ce qui jamais ne demeure, le visage clair d’une femme, l’éclat prodigieux de certaines aubes, le scintillement d’un jour d’automne… La Flandre et ses plats paysages mouillés, l’insondable parfum des vins et des provinces françaises, les bars sordides ou lumineux, leurs serveuses tristes et femmes cependant, la solitude qui est rarement miraculeuse, mais presque toujours inéluctable, la pluie et sa limpide sonorité, son rythme clair dont certaines phrases mélancoliques savent dire le bonheur… de livre en livre, c’est toute une «litanie de la disparition» dont JeanClaude Pirotte module les retours, les variations, n’en accentuant les mouvements que pour mieux apaiser la douleur qui en est l’inépuisable origine.
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L’EUROPE DES SCIENCES
Sous la direction de Michel Blay et Efthymios Nicolaïdis, cet ouvrage réunit les meilleurs spécialistes de l’histoire des sciences (Seuil). Il présente une vue panoramique de la construction de la science européenne et de l’extension de l’espace scientifique européen.
LA SCIENCE AU PÉRIL DE SA VIE
Arkan Simaan restitue en pleine action «les aventuriers de la mesure du monde», tels La Contamine au Pérou ou Maupertuis en Laponie. Préface de J.-C. Pecker, avantpropos de J. Rosmorduc, coédition Vuibert-Adapt.
LA NAISSANCE DU TRANSFORMISME
Spécialiste de Lamarck et des théories de l’évolution, Goulven Laurent montre comment le transformisme est apparu et fut élaboré dans ce livre sous-titré «Lamarck entre Linné et Darwin». Coédition Vuibert-Adapt.
«Roman» très subtil, d’une rare subtilité, tant dans la souplesse de son phrasé que dans la précision lumineuse de ses descriptions, Ange Vincent est à lire comme on écouterait une fine sonate, dans l’attente recueillie des très purs silences que distillent ses phrases. Mais l’histoire, demandera-t-on, puisqu’il s’agit d’un roman. L’histoire est une histoire d’amour. Chanson d’amour. Fado. Toujours la même histoire. On connaît la chanson. On en redemande. La femme aimée ne s’incarne jamais que dans nos rêveries adolescentes. L’inexistence est la seule réalité. Comment écrire un roman, alors que les histoires se défont et que rien ne s’achève jamais, alors que le début de nos vies s’enfouit dans les brumes de la mémoire et que sans doute rien n’a jamais commencé ?
Jean-Claude Pirotte
Les livres de Jean-Claude Pirotte trouvent dans cette impossibilité l’énergie de leur écriture, et toute la subtilité sinueuse de leur amplitude musicale, toute la fragilité somptueuse de leurs phrases posées toujours au bord de leur impuissance. Ne cessant d’écrire qu’il ne saura jamais écrire le roman qu’il rêverait d’écrire, ce paradoxal et funambule écrivain s’amuse de son échec, se rit de nos prétentions, se rit de tout sauf de l’étrange magie de la littérature qui parfois fait d’un roman un poème, qui parfois fait de la vie impossible un roman, tissant de nos songes la matière de nos vies très improbables, de nos amours très impossibles et dès lors très possibles tirant une musique incroyablement triste et joyeuse.
Xavier Person AngeVincent, La Table ronde.
JEUNES NUMÉRICIENS
Atlantique et le laboratoire d’applications des mathématiques publient les Actes des journées «jeunes numériciens» en l’honneur du 60e anniversaire du professeur Roger Teman, tenues les 9 et 10 mars 2000 à Poitiers.
CATHERINE TERNAUX PRIX DU LIVRE
Le prix du livre en PoitouCharentes est décerné pour l’année 2001 à Catherine Ternaux pour son recueil de nouvelles Olla podrida, publié aux éditions de L’escampette (lire L’Actualité n° 52, p. 7, et n° 53 p. 17).
L’auteur, qui vit à Angoulême, publie régulièrement ses textes brefs dans le journal littéraire Le Paresseux. Elle a également écrit des livres pour la jeunesse publiés par les éditions Epigones et Grasset. Remise du prix par l’Office du livre le 18 janvier au Domaine musical de Pétignac (L’Actualité n° 49, p. 58), à Jurignac en Charente, avec la participation de la chanteuse Juliette.
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Claude Pauquet
culture
Auxeméry, l’accomplissement
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e traducteur est intercesseur. Il est celui qui passe non pas le sens ou l’explicitation, mais ce qui, tout autour, en fait parole. Et la langue française, qui exige que ce travail soit toujours à refaire (on le sait pour la Bible, pour Dante et le Quichotte, pour Hölderlin), nous a au moins appris cela : que le traducteur est écrivain. Aussi haut, aussi nu que les autres. Certains disent et amènent ou inventent des mondes, eux nous reconstruiCodex, par Auxeméry, Flammarion, 200 p., 2001.
Le site de François Bon a ouvert une page sur cet écrivain : www.remue.net/cont/ Auxemery01.html
L’Actualité n° 53 (spécial écrivains, pp. 40-43) a publié un texte d’Auxeméry : «Ezra Pound, Chinois & Troubadour».
Le Balcon de Jean Genet
Créé à Poitiers l’an dernier par le Théâtre à Spirale, programmé par le festival d’Avignon, ce spectacle revient en Poitou-Charentes en mars 2002. Jean Boillot, le directeur de cette compagnie en résidence à la Scène nationale de Poitiers, met en scène l’intégralité du texte de Genet. Une fable cruelle, baroque et burlesque sur le pouvoir et l’histoire convulsive du XXe siècle. A voir sur les Scènes nationales de Poitiers du 5 au 8 mars, d’Angoulême le 12 mars, de Niort le 21 mars, avant un mois à SaintDenis, au Théâtre Gérard Philippe.
sent des mondes préexistants d’écrivains. En nous interrogeant sur ce qui fait un grand traducteur, on bute sur le mystère même d’écrire : ils sont écrivains de leur traduction, personne ne le met plus en doute. D’où la rareté, d’où la singularité, de ceux qui prennent pied dans cette caste. D’aucuns s’y distinguent par le refus d’écrire, et de n’avoir visage que par ces mondes qu’ils suscitent (je pense à André Markowicz). D’aucuns, parce qu’ils construisent autour de ce monde les fils qui nous y portent (l’œuvre de Walter Benjamin). Auxeméry avec Codex nous donne une clé supplémentaire. Qu’on s’entende bien. Je ne connais pas l’homme, je l’ai croisé une fois, je ne sais rien de lui, que ces traductions qu’il nous offre, et la charpente sûre, la dureté ferme, de ce qu’il signe lui-même. Ce livre Codex est une énigme à chaque pas : livre de voyage, non, parce qu’on ne nous y raconte pas de voyage, on y confronte la poésie à des éclatés de monde, à échelle de la terre, chaque fois dans un extrême du voyage, s’il ne s’agit pas d’un paysage ou d’une vision, mais d’une culture, d’un mythe et ses récits. En cela, dans la fusion organique avec Auxeméry traducteur : ne disant pas d’abord le voyage ou l’image, mais présentant le conflit des langues et la culture, et le présentant (offrant au présent) cela qui déborde, et dont seule la langue peut avoir charge. Ce qui revient au traducteur, quand il a fermé les yeux et ses dictionnaires, et qu’un chant ou une image seule subsiste, qu’il faut inventer de dire avec sa tripe, son coude, ses doigts, son ciel de La Rochelle. Je n’ai aucune idée de la vie d’Auxeméry, homme d’écriture, sauf que le voyage dont témoigne son œuvre traduite, dans la poésie des autres, doit nécessiter des siècles de travail et d’immobilité. Et voilà qu’on apprend que ces siècles peuvent tenir à un instant, à condition que cet instant on l’ait pris dans l’extrême que dit la poésie. Non pas seulement savoir traduire la poésie peau-rouge, mais apprendre pour soi que le mot katchina est égal à l’image crotale dans la bouche. Je n’ai aucune idée de la vie d’Auxeméry, qui sous son ciel de La Rochelle s’est inventé ce nom de plume sans prénom, compact
Michel Garnier
et lisse comme un galet de bronze, ni s’il est familier des avions et du sac à dos. Je n’ai pas envie de savoir s’il a vu en Chine au Wu Han le fleuve Jaune, en Inde ou en Namibie la taverne où il relit le poète Abû-Nuwas ou marché aux déserts de Samarcande comme il proclame aussi bien la Grèce ou Santa Fe. M’intéresse que ce n’est pas le livre de poésie d’un voyageur du monde, mais d’un voyageur de l’universalité de langue, toujours si parfaitement hétérogène et singulière, où le traducteur chaque fois invente son impasse. Se rend parce qu’il y a impasse. Me fascine dans Codex, où depuis quelques semaines je m’enfonce, cette superposition du monde intérieur et de l’autre. La poétesse anglaise Emily Dickinson devient alors elle aussi un voyage et son mystère (elle égrène les syllabes de soie) comme le voyage s’appréhende depuis Rimbaud (chargé d’humanité, des animaux même…) ou discrètement Segalen, et si la calle de los Reyes à Oaxaca en 1978 cela à voir avec Malcolm Lowry ou un autre ? Vous connaissez mon adresse, poste restante… Je voudrais qu’on ne passe pas à côté de cette conjonction heurtée d’extrêmes, du fleuve Jaune à Sante Fe en passant par la Grèce et Samarcande, qui ne dit que cela : ce qu’on cherche pour soi dans ce mystère qui n’existe que fixe sous ce ciel où on s’assied pour écrire, et n’appartient qu’à la langue, pourtant lui résiste. Je voudrais qu’on ne projette pas l’image solidifiée ou seulement solide, hautement établie, d’Auxeméry traducteur, sur la mise à nu, la fragilité, et ces mots traque, œil, souffrance, étreinte, corps, habits d’incendie qui font de Codex un des plus forts et cohérents livres de poésie d’aujourd’hui, parce qu’il y fait s’affronter bien plus vaste que ce reflux / de moi-même à moi-même.
François Bon
BERNARD RUHAUD
La première vie évoquait son enfance (entretien dans L’Actualité n° 47). Dans son deuxième roman, On ne part pas pour si peu (Stock), il a 17 ans. Une période agitée de sa vie, racontée dans une langue limpide.
DENIS MONTEBELLO
Son quatrième livre publié chez Fayard paraît en janvier : Archéologue d’autoroute. Promesse d’une dérive via une poétique qui s’inscrit de plus en plus clairement dans la veine autobiographique.
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RENCONTRES HENRI LANGLOIS
Le Festival international des écoles de cinéma fête son 25e anniversaire et rend hommage à son créateur en proposant quelques trésors de la Cinémathèque française, du 11 au 17 mars à Poitiers. Une centaine de courts métrages sélectionnés dans près de 300 écoles du monde entier sont en compétition dans trois catégories : cinéma, vidéo et nouveaux médias. Signalons la rétrospective consacrée à Lars Von Trier et à l’école danoise Den Danske Filmskole. Dans la série «Que sont-ils devenus ?», coup de projecteur la jeune réalisatrice Emmanuelle Bercot sélectionnée par le festival en 1997 pour son film d’école, Les vacances. www.rihl.org
MENSA SONORA
L’ensemble baroque dirigé par Jean Maillet donne une série de concerts dans le salon d’honneur de l’hôtel de ville de Niort : Trois concertos de J.S. Bach le 19 février, Les sept paroles du Christ de Haydn le 29 mars, deux concertos de Vivaldi le 23 avril (salle de Groupama), Magnificat – Gloria de Vivaldi le 30 mai. mensa.sonora@libertysurf.fr
Marc Deneyer
Jan Voss l’art du déplacement
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JEAN CLERTÉ
Né en 1930 à Saint-Savin, Jean Clerté peint et dessine un monde peuplé de personnages et d’animaux fantastiques. Il présente ses dix dernières années de travail au temple de Chauray du 26 janvier au 21 février.
an Voss est invité au musée Sainte-Croix de Poitiers pour une exposition à caractère rétrospectif qui s’inscrit dans une programmation collective avec les musées d’Issoudun, Dunkerque, Alençon et Chambéry. Né à Hambourg en 1936, installé à Paris en 1960, Jan Voss nous livre ici des peintures, dessins, gravures et sculptures de tous formats, réalisés depuis 1986, ce qui permet d’appréhender la cohérence de son œuvre. Il utilise toutes sortes de matériaux, qu’il peint, recouvre de signes ou de personnages pouvant AKA, PEUPLE PYGMÉE
Le musée des Beaux-Arts d’Angoulême montre l’extraordinaire adaptation des Aka à la forêt équatoriale au travers d’une exposition ethnologique et des photographies de Bernard Descamps. Jusqu’en mars 2002. 05 45 95 07 69
THÉÂTRE PATOIS
La Sefco (Société d’ethnologie et de folklore du CentreOuest) publie la revue Aguiane, Le Subiet (aujourd’hui centenaire) et Le Subiochon (pour les enfants). Elle organise le festival régional de théâtre patois les 8 et 9 mars à Saint-Jeand’Angély. 05 46 32 03 20
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évoquer de la BD ou des graffitis, qu’il déchire, colle, assemble, recompose, avec une belle jubilation et une intensité chromatique toujours renouvelée. Dans le superbe catalogue publié par Adam Biro, Yves Michaud explicite «l’art du déplacement» chez cet artiste. A propos de l’intensité de la sensation que l’on éprouve face à ses œuvres, il souligne : «Le monde et les choses ne s’agencent pas facilement en des touts bien définis : ils sont là comme projet et comme promesse. La qualité poétique, qu’elle passe par le mot chez Handke [qui a notamment écrit sur Voss] ou le signemot chez Voss, consiste à saisir ces moments, ces paquets de sensations qui, chaque fois, suggèrent un monde nouveau, en reconstruction, ou en danger de se défaire et de s’abîmer.»
Musée Sainte-Croix, Poitiers, du 1er février au 28 avril.
Jan Voss photographié dans son atelier en 1986 par Marc Deneyer. Le photographe a suivi le travail du peintre le temps de la réalisation d’une grande peinture, ce qui a donné un livre, Le Temps du tableau, publié la même année par André Dimanche et le Frac Poitou-Charentes.
CRÉATION D’ARS NOVA
Nouvelle carte blanche de l’ensemble instrumental à Jean-Pierre Drouet, grand percussionniste du répertoire contemporain, qui est invité en résidence à Poitiers. Partant des textes poétiques de Christophe Tarkos, il compose une musique qui doit réunir des musiciens d’Ars Nova, ainsi qu’Elise Caron, Beñiat Achiary, Michael Lonsdale et lui-même aux percussions, sous la direction de Philippe Nahon. Création à Poitiers, coproduite par la Scène nationale, le 6 mars 2002. 05 49 39 40 00
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culture
partie autobiographique, décrit la perte de soi dans ce monde immobile, clos et complexe. «Ce n’est pas un Eldorado mais le chemin de l’enfer, souligne l’auteur. Tous viennent de pays pauvres avec le même but : l’argent. Ils y perdent leur âme. Quand ils reviennent chez eux, ils ont perdu leur identité, leur propre pays leur semble maintenant étrange, et, pour beaucoup, ils ramènent une interprétation extrémiste de l’islam.» Et de préciser : «Il est possible de se penser en tant qu’homme à condition de laisser la religion à sa place.» Selon Ibrahim Abdel-Méguid, un jeune Egyptien ne devrait pas avoir besoin d’aller travailler dans les pays du Golfe. D’autant que la pauvreté s’accompagne de nouv e l l e s plaies : individualisme, nouveaux riches et intolérance. A la recherche des valeurs perdues,
J’ai cru reconnaître Alexandrie
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orsque j’ai découvert La Rochelle, j’ai cru reconnaître Alexandrie. C’était par une journée ensoleillée. Des bateaux à voile, un horizon à l’infini, un mouvement intense dans les rues, des cafés sur le port et même, comme à Alexandrie, le café de La Marine.» D’ailleurs, Ibrahim Abdel-Méguid a élu domicile dans cet établissement chaque matin, pour écrire face au vieux port, pendant trois mois, le temps de sa résidence à La Rochelle (invité par l’Office du livre en Poitou-Charentes et la ville, d’août à octobre 2001). «La brise est plus douce à Alexandrie», dit-il en soulignant immédiatement que «face à la Méditerranée, on ressent
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CHAIR-OBSCUR
«Mordre, tirer la chair avec les dents tout en caressant le bois de la table, s’entasser, retrouver le tas puis la solitude dans l’air qui frôle et réveille.» Dans sa prochaine chorégraphie, Régine Chopinot promet de «dévier les désirs d’être». Une chorégraphie du Ballet Atlantique - Régine Chopinot pour sept danseurs en présence des musiciens d’Europa Galanta (dirigés par Fabio Biondi). Création à la chapelle Fromentin de La Rochelle, du 21 au 23 février 2002, puis à Poitiers les 26 et 27 février, à Châtellerault le 1er mars. 05 45 41 17 75
toutes les couches d’histoire, toutes les langues, toutes les civilisations qui ont construit cet espace. Au contraire, l’Atlantique me conduit vers un passé archaïque que j’ignore. J’ai l’impression de me trouver presque avant la création, dans un espace immense, mystérieux, où l’on éprouve le sentiment de la crainte de l’homme face aux éléments, comme le suggèrent les nombreux tumulus et dolmens de la région.» Quant aux Rochelais, ils sont sans doute «plus tendres» que dans d’autres villes françaises, toujours prêts à rendre service. Cet écrivain est pétri de culture française. «Je ne peux m’empêcher de voir la France comme je l’ai lue, dit-il, c’est-à-dire avec Hugo, Zola, Flaubert, Stendhal, mais aussi Sartre et Camus, traduits très tôt en arabe, sans oublier la peinture et le cinéma de la Nouvelle Vague.» En 1996, deux romans d’Ibrahim Abdel-Méguid ont été distingués en Egypte : le prix Naguib Mahfouz pour L’Autre Pays (Acte Sud, 1994) et le prix du salon du livre du Caire pour Personne ne dort à Alexandrie (Desclée de Brouwer, 2001). «La porte s’ouvre : je vois le silence.» Ainsi commence L’Autre Pays. Un jeune Egyptien arrive en Arabie Saoudite, à la recherche du pactole. Etranger, il restera dans ce pays. Comme tous les autres travailleurs immigrés. Ce roman, en
l’écrivain a effectué un retour dans l’histoire, précisément la Seconde Guerre mondiale que son père lui a raconté. Si «personne ne dort à Alexandrie», c’est parce que cette ville est bombardée par l’Axe. Personne ne semble comprendre pourquoi, même si à la lecture des journaux certains sentent bien qu’il s’agit d’une guerre mondiale dès la chute de Paris. Le lecteur vit le conflit au travers du regard des gens simples. Deux amis inséparables, Magdeddine et Damien, l ’ u n musulman, l’autre copte, tissent la trame de ce roman où, p a r - d e l à le drame, l’entraide, le dialogue et l’amour semblent plus forts que tout.
Jean-Luc Terradillos
Quatre compositeurs rochelais
Thierry Girard
LE SENTIMENT OCÉANIQUE
Ce spectacle, inspiré par le texte éponyme de Denis Montebello, sera créé du 27 au 30 mars à La Rochelle par le Ballet Atlantique et la Cie Toujours à l’horizon. Une pièce pour cinq danseurs, chorégraphiée par Régine Chopinot et mise en scène par Claudie Landy.
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ous la direction de Jean-François Heisser, l’Orchestre Poitou-Charentes a passé commande à quatre compositeurs vivant à La Rochelle pour un concert exceptionnel le 19 février à La Coursive, Scène nationale de cette ville : Blouir de Pascal Ducourtioux, Tressées, pièce pour cordes et cor anglais, de Claude Foray, Vagues de sentiments vagues de JeanPierre Pommier, Pièce pour cordes et clavecin d’Alain Le Meur,
avec les solistes Anne Régnier (hautbois et cor anglais), MarieHélène Oster (clarinette), Thierry Briard (percussion), Dominique Ferran (clavecin). Deux pièces du répertoire du XXe siècle sont aussi au programme : Sonate pour deux pianos et percussion de Bartok et Le Sacre du printemps (version pour deux pianos et percussion) de Stravinski, avec les solistes Jean-François H e i s s e r , Marie-Josèphe Jude
(piano), Guy-Joël Cipriani et Gérard Pérotin (percussion). Sous la direction de Peter Csaba, l’orchestre donnera en mars une nouvelle œuvre d’Edith Canat de Chizy (création mondiale) dans un programme consacré à Beethoven, avec notamment le Chœur de chambre de la Vienne. Le 19 mars à Poitiers, le 21 à Rouillé, le 22 à Loudun, le 23 à La Crèche, le 24 à Rochefort.
OPC : 05 49 55 91 10
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