patrimoine
s’est déroulée de février à avril dernier dans la région de Mandalay, avec la participation de U Pauk Pauk, archéologue responsable de cette région, de Kate Domett, anthropologue néo-zélandaise, et de deux étudiants poitevines, AnneSophie Coupey et Florence Pellé. Des dizaines d’archéologues birmans en ont profité pour venir se former aux techniques de fouille et d’enregistrement de sépultures. Le chantier a permis de mettre au jour 75 squelettes accompagnés d’un riche mobilier céramique, métallique (pointes de lance, lames d’épée, poignards), et de parures (perles de cornaline et pâtes de verre). La prochaine mission débutera en janvier 2002 dans la même région et dans un autre cimetière. D’autre part, signalons qu’un éditeur thaïlandais, Silk Worm, publiera à la fin de cette année le bilan des recherches archéologiques effectuées en Thaïlande depuis 1996 par Jean-Pierre Pautreau, avec Patricia Mornais et Tasana DoyAsa. Cet ouvrage abondamment illustré s’intitulera Ban Wang Hai, un cimetière de l’âge du Fer dans le nord de la Thaïlande.
Préhistoire du Myanmar
J
DES SCHÉMAS PARTOUT
Un bon schéma est souvent plus explicite qu’un long discours. Dans son livre, Les schémas, un langage transdisciplinaire, Michel Adam fait l’éloge de ce mode de communication visuelle, à la fois simple, puissant, et universel, aux vertus pédagogiques incomparables. A l’origine de ce travail, le constat d’une carence. A l’école, on apprend à lire, à dessiner, mais apprend-on à schématiser ? Or des schémas, aujourd’hui, on en rencontre partout, dans toutes les disciplines du savoir. A mi-chemin entre le texte et l’image, le schéma permet de mettre en relief les caractéristiques principales d’un objet ou d’un système, de visualiser leur organisation interne et la dynamique de leurs relations. Le schéma aide à comprendre et à faire comprendre. Faire de ce mode d’expression un outil accessible à tous, tel est l’objectif de Michel Adam au travers de ce livre qui rend compte, à partir de nombreux exemples, de sa propre expérience pédagogique et de ses réflexions sur le sujet. Dans une première partie, l’auteur explore l’univers du schéma : sa structure, ses éléments constituants, son usage, ses propriétés, ses avantages et ses limites. Dans la deuxième partie, il expose les principes d’une classification et d’une méthode de construction. Un ouvrage à la fois théorique et pratique, pour apprendre à concevoir des schémas autant qu’à les déchiffrer. Mireille Tabare Editions L’Harmattan.
6
ean-Pierre Pautreau, préhistor i e n exerçant en PoitouCharentes (UMR CNRS 6566), e s t aussi responsable de la mission archéologique française au Myanmar, nom actuel de la Birmanie, financée par le ministère français des Affaires étrangères. La préhistoire de ce pays reste méconnue. Entouré de montagnes, le Myanmar s’étend sur près de 2 000 km, de l’Himalaya jusqu’à l’isthme de Kra qui borde la mer d’Andaman. Entre l’Inde, le Bangladesh, la Chine, le Laos et la Thaïlande, ce pays représente un potentiel énorme pour les archéologues. La première campagne de terrain, dans un cimetière de l’âge du Fer,
La fondation de l’abbaye de Maillezais
«
’est entre 1060 et 1072 qu’à la demande de son père Goderan, un moine de l’abbaye de Maillezais, Pierre, a écrit le récit des origines de son abbaye, alors située dans une île des marais du Bas-Poitou.» Telles sont les circonstances historiques dans lesquelles s’inscrit ce récit singulier que nous présente George Pon, chercheur au Centre d’études supérieures de civilisation médiévale de Poitiers. L’abbaye existe toujours et l’on peut encore en visiter les vestiges. En porte-à-faux sur la fiction et l’histoire, le récit du moine Pierre retrace les origines de ce monastère : «Au cours d’une chasse, un chevalier, pour se protéger des assauts d’un monstrueux sanglier, lui jette une grosse pierre. C’est l’ancien autel d’une église en ruin e s , et le malheureux tombe comme foudroyé. Il est heureusement sauvé par Emma, l’épouse de Guillaume Fier-à-Bras, comte de Poitou et duc d’Aquitaine, qui décide alors d’édifier un monastère en cette presqu’île sauvage p e u p l é e de quelques rares colliberts, au fond d’un golfe ma-
Jean-Pierre Pautreau
C
CENTRE INTERNATIONAL D’ART MURAL
Le Ciam organise son 10e séminaire international sur le thème du «décor peint des édifices civils à la Renaissance», du 17 au 19 octobre à Saint-Savin. D’autre part, le Ciam propose toute l’année des stages d’art mural. 05 49 48 66 22
PATRIMOINE INDUSTRIEL
Pascale Moisdon-Pouvreau a recensé plus de 200 usines antérieures à 1950 en Charente-Maritime. Son enquête minutieuse, à la fois inventaire et étude sur l’industrialisation, est publiée sous le titre Patrimoine industriel de la CharenteMaritime, par monum, éditions du patrimoine (224 p., 85 F).
récageux.» Par delà les descriptions relatives à l’édification abbatiale, le récit du moine Pierre fournit également de précieuses informations sur les mœurs et mentalités autour de l’an Mil. Georges Pon et Yves Chauvin, responsables de la traduction et de l ’ é d i t i o n critique réhabilitent a u j o u r d ’ h u i ce texte qui ne s’adresse pas exclusivement à un lectorat de médiévistes ou d’ecclésiastiques.
Boris Lutanie
Ed. Centre vendéen de recherches historiques, 320 p. 140 F.
s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 54 s
ANGOULÊME AU CARREFOUR DES ARTS
«Mon pari était faire un colloque qui soit autre chose qu’un colloque. Je souhaite promouvoir des rencontres artistiques vivantes dont le public ne soit pas exclu.» Marie-Hélène Popelard, maître de conférences en philosophie à l’Institut universitaire de formation de maîtres Poitou-Charentes, organise à Angoulême le deuxième rendez-vous d’un cycle de rencontres sur la correspondance des arts – poésie, peinture et musique – intitulé «Le même et l’autre». Pendant trois jours (26, 27 et 28 octobre), le théâtre, partenaire de cet événement interdisciplinaire, accueille des lectures, des concerts, des expositions, des représentations théâtrales et des conférences animées par plus d’une vingtaine d’intervenants, écrivains, compositeurs, peintres et universitaires. Renseignements et détail des rencontres à l’IUFM, site de la Charente, 227, rue de Montmoreau, 16022 Angoulême, 05 45 61 85 61
Les parures de Karine Bonneval
«
a grand-mère habitait à côté du muséum d’histoire naturelle, que j’adore. Enfant, adolescente, pendant des années, j’y allais toutes les semaines en passant par le jardin botanique. Des gardiens me reconnaissent en-
M
Franck Gérard
core.» C’est à La Rochelle que Karine Bonneval a cultivé son désir de comprendre, d’apprendre, de voir. Après des études aux BeauxArts d’Angoulême et de Strasbourg, entre son micro-univers de Bagnolet et la capitale, elle invente, dans l’océan urbain, son propre cabinet artistique de curiosités. Ses travaux présentés récemment à la galerie Martine et Thibault de la Châtre à Paris, puis en novembre prochain la galerie des Beaux-Arts de Châteauroux, révèlent son regard d’éthologue appliqué au genre humain. Chaque œuvre saisit des états fugitifs d’introversion ou d’extraversion. La Garde robe de l’attente, réalisée en matériaux organiques (dentales, feutre, coton, cuir, charbon, chardons, œufs, graines) et les Habits de parade en matériaux synthétiques (latex, paillettes) dessinent une articulation anatomique des comportements humains. Domaine dans lesquelles Karine Bonneval excelle en combinant trois vies, d’artiste, d’assistante de la bottière Olga Berluti et du couturier Frédéric Molenac… quand elle ne réalise pas pour ses clients des chaussures sur mesure en cœur d’artichaut.
Dominique Truco
L’année des associations
ARCHITECTURE
A La Rochelle, l’Espace art contemporain (28, rue Gargouleau) présente jusqu’au 26 octobre l’exposition «Architecture du XXe siècle en PoitouCharentes», issue du livre éponyme de Gilles Ragot publié par Patrimoines & médias.
P
our célébrer le centenaire de la loi 1901 sur les associations et mettre en valeur l’engagement bénévole, la région PoitouCharentes a initié en mai dernier l’opération «1901 projets pour 2001». Ainsi 900 projets ont été présentés, émanant de près de 850 associations. Ces dernières seront distinguées le 27 octobre à la Rochelle et 50 d’entre elles, les plus représentatives de la dynamique citoyenne en Poitou-Charentes, recevront 1 901 euros (12 470 F). «Plus qu’un concours, cette opération fournit une base de travail sur laquelle nous nous appuierons pour orienter nos aides, que ce soit pour favoriser le transfert d’idées entre les territoires, participer à la formation des bénévoles ou contribuer à l’attribution de labels… Rien n ’ e s t encore défini», explique Annette Dufour, déléguée aux iden-
tités régionales. Les dossiers de participation dessinent un paysage associatif d’où ressortent quelques grands traits. Il apparaît que cert a i n s territoires de PoitouCharentes sont particulièrement créatifs à l’image des Deux-Sèvres, de Cognac ou de Parthenay. Des formes originales de solidarité ont été mises en place comme à La Roche-Posay où les associations créent des ponts entre les curistes et les habitants. Dans le domaine des loisirs, avec le tutorat et les commissions de jeunes, les bénévoles inventent d’autres voies d’implication ou de transfert de savoir. Les réponses sportives aux handicapés sont de plus en plus variées, si bien que peu d’activités sont réellement inaccessibles. «Toutes ces idées sont de la matière vivante utile à la Région autant qu’aux élus», précise Annette Dufour.
MÉTIERS DE BOUCHE
Du 17 au 21 novembre à Niort, le 6e Carrefour des métiers de bouche réunit des centaines de professionnels. Au programme : sécurité alimentaire, traçabilité, hygiène et formation. Parmi les nombreux concours, signalons celui des saveurs Poitou-Charentes avec plus de 600 produits.
VS PACK
A l’initiative d’Atlanpack, pôle régional de l’emballageconditionnement, le salon VS Pack se focalise sur les évolutions et innovations du packaging des vins et spiritueux, à Cognac les 4 et 5 décembre 2001. A côté des stands professionnels, des débats et tables rondes, des étudiants d’écoles d’art ou de design sont invités à présenter des créations libres et prospectives.
COURT TOUJOURS
Neuf spectacles sont à l’affiche de Court toujours au Centre de Beaulieu, à Poitiers, du 25 au 27 octobre. La direction artistique du festival de la forme courte dans la création contemporaine (théâtre, danse, musique, cinéma) est confiée par la Scène nationale à Jean Boillot, metteur en scène en résidence à Poitiers.
s L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES s N° 54 s
7