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LIVRAISONS DE PRINTEMPS MUSÉES DE LA BD : TOUR DU MONDE
Nouvelle livraison du Centre national de la bande dessinée et de l’image : Le Guide international des musées de la bande dessinée. Disponible dès ce printemps en quatre langues (français, anglais, japonais et espagnol), l’ouvrage fait le tour de vingtsix institutions européennes, japonaises et américaines consacrées à la conservation, à l’étude et à la diffusion du 9e art et plus largement à la caricature, au dessin de presse ou d’humour. Présentation des établissements (musées ou bibliothèques ; privés ou publics, anciens ou récents) et informations pratiques permettent de parcourir le monde en suivant la piste des arts graphiques. DELCOURT s Ingrid, tome I, Le dernier voyage d’Opa Julius, dessins, scénario et couleurs d’Isabelle Dethan. La seconde guerre mondiale vue à travers les yeux naïfs d’Ingrid, petite Allemande née sous le troisième Reich. Collection Encrage. s Madame la lune, tome I, Les semeurs d’étoiles, de Nathalie Ferlut (dessins), Jean-Luc Loyer (scénario) et Thierry Leprévost (couleurs). Madame la Lune règne au pays des rêves où des scribes inventent de jolis songes pour les enfants. Mais une lutte acharnée opposera les messagers du rêve aux faiseurs de cauchemars. Collection Jeunesse. s Donjon Monsters, tome I, Jean-Jean la terreur par Mazan (dessins), Joann Sfar et Lewis Trondheim (scénario). A l’ensemble des séries – Donjon Potron-Minet, Donjon Zénith, Donjon Crépuscule, Donjon Parade – s’ajoute désormais la série Donjon Monsters qui met en scène des personnages annexes au donjon... dont Jean-Jean. A venir en mai, collection Humour de rire.
Marguerite d’Angoulême, scénariste
L
e Centre national de la bande dessinée et de l’image publie la version française d’une bande dessinée espagnole signée Maria Colino et intitulée... L’Heptaméron. Parmi les écrits de Marguerite d’Angoulême (1492-1549), reine de Navarre, L’Heptaméron, recueil inachevé de 72 nouvelles, fait figure d’œuvre maîtresse. L’ouvrage nouvellement imprimé est donc le fruit d’une rencontre entre deux personnes éloignées de cinq siècles et que la rigueur du récit, écrit ou graphique, réunit. «Maria Colino, artiste espagnole qui vit à Paris, voulait une femme de plume sarcastique et brutale»,
confie Catherine Ternaux, éditrice au CNBDI, tout en soulignant la qualité de l’adaptation et la beauté du travail graphique. Une batelière s’échappa de deux cordeliers qui la voulaient forcer, et fit si bien que leur péché fut découvert à tout le monde. Ainsi s’ouvre la sélection des six nouvelles transposées. Au sein de l’institution d’Angoulême, l’ouverture à la jeune création contemporaine a généré la création d’une nouvelle collection. La Bibliothèque du 9e art étant plutôt destinée à la publication de chefs-d’œuvre oubliés ou méconnus. A l’origine de la découverte de L’Heptaméron en bande dessinée et de la commande de sa version française, le CNBDI (soutenu par l’Office du livre en PoitouCharentes et la ville d’Angoulême) remplit là une précieuse mission de mise en valeur du patrimoine.
Astrid Deroost Ci-contre, dessin de L’Heptaméron, adapté en BD par Maria Colino.
LE SITE D’IRIS CATAMARANS PRIMÉ
Le Festival de l’audiovisuel et des médias pour les entreprises et les collectivités du Creusot a décerné le prix «Frères Lumière Programme on line» au site web du chantier rochelais Iris Catamarans. Filiale du constructeur de catamarans de plaisance Fountaine-Pajot, Iris est spécialisé dans la réalisation de navires de transport de passagers. Le site primé, www.iris-catamarans.com, est le fruit de la collaboration de deux entreprises régionales, la société de services informatiques rochelaise Cerealog et le spécialiste de l’image de synthèse angoumoisin 2d/3D.
EGO COMME X s Accident du travail, de Matthieu Blanchin. Après avoir raconté, dans Le Val des ânes, les coups pendables de son enfance à la campagne, l’auteur évoque dans ce nouvel album des souvenirs de convalescence, dans un hôpital avec d’autres malades.
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Collection interactive
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Poitiers a accueilli la 24e édition des Rencontres internationales Henri Langlois, du 5 au 11 mars 2001.
SCÉNARIOS EN PÉRIL
Scénariste d’Halfaouine et des Siestes Grenadines, entre autres, Maryse Léon-Garcia communique avec enthousiasme l’amour de son métier et prévient les jeunes scénaristes : «Ne soyez pas trop possessifs.» Comparant son travail à celui des couturiers qui façonnent une robe mais ne peuvent contrôler la manière dont elle sera portée, Maryse s’interdit de se sentir trahie par la mise en image de ce qu’elle a couché sur le papier. «Le scénario est un don au réalisateur qui en dispose.» Autre écueil pour les scénaristes : la France ne respecte pas les scénarios, si bien qu’en moyenne seulement 2% du budget d’un film lui est consacré. De plus, «les réalisateurs français ne savent pas écrire et ne veulent pas le reconnaître», assène-t-elle. En outre, prétextant que cela standardiserait la production, le cinéma français refuse la création d’une école d’écriture du scénario. Refus qui, selon Maryse Léon-Garcia, ne fera qu’amplifier la tendance des Français à privilégier l’intellect et l’esthétique aux dépens de l’histoire.
ettre ce coquillage-là dans sa poche plutôt qu’un autre, conserver tous ses dessins d’enfant pour retenir le temps qui passe ou garder les photos d’identité pour mesurer le temps qui a passé. AnneClaire Rivaud classe, archive, inventorie dans des boîtes et des classeurs. Ce sont des morceaux choisis de cette collection personnelle qu’elle a mis en scène dans Varia, le CD-Rom présenté l’année dernière pour son diplôme national d’arts plastiques à l’Ecole supérieure de l’image de Poitiers, sélectionné pour le festival Henri Langlois dans la compétition nouveaux médias. «Varia est le nom qu’on attribuait aux objets inclassables dans les cabinets de curiosités», expliquet-elle. L’entrée est une salle d’archives. En déplaçant le curseur certains tiroirs s’allument et autorisent l’intrusion. Tiens, une collec-
tion de coquillages, une poignée par case, avec leur provenance en dessous, «Plage de Corse». Immédiatement, l’image de la crique cernée de falaises vient à l’esprit, baignée d’eau bleue et transparente. «En fait, certains coquillages viennent de Bretagne.» Anne-Claire nous tromperait-elle ? «J’ai voulu prendre de la distance et ne pas me livrer entièrement. En y insérant de fausses collections, j’ai injecté quelques gouttes de fiction. La collection de nœuds, par exemple, n’existe pas dans son ensemble, certains ne sont que des images que j’ai glanées. Cela pose la question : où s’arrête et où commence la collection. Car si les objets ne m’appartiennent pas, j’ai quand même collecté les images et je les ai organisées comme le reste de mes objets.» Autre clic. Une collection de dates apparaît, où
chaque date est liée à un morceau de phrase, sélectionnez quelques dates et vous obtiendrez une phrase surprise, toujours différente puisqu’à un nombre de clics précis correspond un morceau de phrase distinct. Parfois, Varia inaugure une navigation sensible où le clic est superflu, où chaque mouvement modifie ce qui est à l’écran. Il suffit de passer sur une poignée de coquillages pour qu’elle soit remplacée par une autre : «J’ai voulu que les gens n’oublient pas que quoi qu’ils fassent, ils agissent. Je suis persuadée que chaque fois qu’on fait quelque chose, c’est pour se chercher et se découvrir. Chaque geste apporte une pierre à l’édifice, consciemment ou non. Une navigation sensible rend conscient q u e tout ce que nous faisons a un impact.»
Anh-Gaëlle Truong
Bruno Veysset
Anne-Claire Rivaud, de l’Ecole supérieure de l’image de Poitiers, créatrice multimédia.
Le numérique, nouveau souffle du cinéma ?
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ierre Chevalier, directeur de l’unité fiction d’Arte France, explore les voies ouvertes par le numérique. La collection «Petites caméras», créée en 1997 avec Jacques Fansten, repose sur un principe simple : «Mettre du matériel amateur, une caméra numérique, entre les mains de réalisateurs confirmés pour voir si cette nouvelle instrumentation génère une facture différente et une création originale.» De fait, cinq réalisateurs se sont lancés dans l’aventure dont Claude Miller avec La chambre des magiciennes. «Chaque réalisateur pouvait répartir son budget comme il voulait. Claude Miller
par exemple a privilégié le casting avec Mathilde Seigner et Anne Brochet. Il a aussi donné toute liberté à celui qui tenait la seconde caméra. Apportant un regard autre ainsi qu’une légèreté supplémentaire, les plans de cette sorte de «caméra folle» représentent au final plus de 30% du film», relate P i e r r e Chevalier. En outre, la caméra numérique diminue les coûts de production, ce qui à terme devrait «ouvrir un espace de liberté dans lequel s’inscriront des films audacieux et même créer une nouvelle économie du cinéma».
Freddy Buache, fondateur de la Cinémathèque suisse, qui dénonçait le premier jour du festival «la mauvaise qualité du cinéma actuel où plus il y a de moyens moins il y a de contenu», se ravisa dès les premières séances. Les films présentés au festival Henri Langlois l’ont «enchanté» et «rassuré» sur l’avenir de la création cinématographique.
Le site des RIHL: www.rihl.org. Vous y apprendrez que Florian Gallenberg, lauréat du prix de la mise en scène et du prix du public de l’édition 2000 a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage.
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