bande dessinée
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Simon-Pierre Mbumbo
Regard pluriel sur l’Afrique A l’ombre du baobab, album collectif, rassemble une vingtaine d’artistes africains sur le thème de la santé et de l’éducation. Sortie de l’ouvrage pour le festival, exposition de planches originales et présence d’auteurs Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet Dessin Simon-Pierre Mbumbo
a bande dessinée de Simon-Pierre Mbumbo, jeune Camerounais étudiant à l’Ecole supérieure de l’image d’Angoulême, n’a besoin ni de légende, ni de phylactère. Cinq planches muettes racontent l’enfant-soldat, enrôlé, brisé par la guerre. Alors que le jury du festival 2001 a d’ores et déjà r e m a r q u é le magistral Déogratias de JeanPhilippe Stassen, pertinent regard sur le génocide du Rwanda, l’Afrique devrait encore attirer l’œil des festivaliers. Avec, cette fois, ses propres auteurs réunis dans un ouvrage collectif à vocation éducative. Il y a quelques mois, l’organisation non gouvernementale Equilibres et Populations – composée de médecins et de journalistes – lançait l’init i a t ive A l’ombre du baobab. Son souhait : attirer l’attention des jeunes sur les problèmes des pays en voie de développement. L’idée d’une bande dessinée émergeait alors et se concrétisait grâce au soutien du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD), grâce aussi à Barly Barruti et Jano, auteurs devenus parrains de l’opération. «L’histoire de l’Afrique et du FIBD a réellement commencé, il y a quinze ans, avec l’accueil de B a r l y Barruti, auteur (Zaïrois d’origine) aujourd’hui confirmé. Depuis 1998, nous parrainons les Journées africaines de la bande dessinée de Libreville. Nous aidons les organisateurs sur le plan logistique, nous faisons venir des auteurs comme Jano, Ferrandez, Wolinski, L o u s t a l , Berbérian...», confie Yves Poinot, p r é s i d e n t du festival, tout en soulignant les o b s t a c l e s matériels auxquels se heurte, « l à - b a s , le développement du 9 e art. Nous a v i o n s dit que l’Afrique serait présente à Angoulême en 2001.»
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L’activation des réseaux a donc permis de toucher une trentaine d’auteurs originaires de dix pays différents. Enfants des rues, violence au f oy e r, mariage précoce, excision, enfantssoldats... Les thèmes graves, du quotidien, ont inspiré des œuvres de une à cinq planches et des illustrations. «Nous avons retenu une vingtaine d’auteurs, explique Aurélie Gal pour l’ONG, après une sélection faite par des professeurs et des spécialistes de bande dessinée. Un volume de cet ouvrage, édité à 10 000 exemplaires, sera déposé dans chaque collège.» En écho à l’œuvre collective, le festival et l’ONG ont imaginé la m i s e en scène scénographiée des meilleurs travaux et des rencontres avec le public. «Barly Barruti, sept personnes ayant participé à l’album ainsi qu’un groupe de treize artistes ivoiriens devraient être présents», poursuit le président. Une conférence donnera la parole aux auteurs. P a r m i eux pour r a i t f i g u r e r Simon-Pierre Mbumbo, créateur du Mouvement des auteurs camerounais : «J’ai trouvé que cette BD collective traitant des problèmes de l’éducation et de la santé était une très bonne idée. J’ai voulu montrer comment des adultes utilisent et transforment la vie d’un enfant.» Déjà publié dans P l a n è t e Jeunes (Bayard), le jeune homme parlera peut-être de son expérience et de sa r e c h e r c h e d’auteur. Lui qui, avec d’autres, souhaite poser les bases d’une bande dessinée africaine. s Exposition (et album) A l’ombre du Baobab, musée du PapierLe Nil, route de Bordeaux. Après le festival, l’exposition voyagera et s’accompagnera de jeux, à suivre en France, dans les pays des différents auteurs et notamment au Gabon.
Une galerie de maîtres européens L’exposition «Maîtres de la bande dessinée européenne», co-production du Centre national de la bande dessinée et de l’image (CNBDI) et de la Bibliothèque nationale de France, révèle, à travers trois cents dessins originaux et des documents imprimés, la diversité d’un patrimoine que ne doivent pas occulter les comics américains, ni les mangas japonais. «C’est une exposition qui réunit des pièces majeures, précise le commissaire et directeur du Musée de la bande dessinée, Thierry Groensteen. Il existe une riche tradition de la bande dessinée européenne et pour la première fois une exposition permet à des créateurs venus de treize pays différents de dialoguer.» Soixante-huit dessinateurs et cinq scénaristes – allemands (Busch, König...), belges (Hergé, Franquin, Charlier, Schuiten...), danois (Hansen...), espagnols (Prado, Pellejo...), finnois (Jansson), français (Druillet, Baudoin, Loustal, Rabier, Caran d’Ache...), italiens (Jacovitti, Pratt, Mattoti...), néerlandais (Toonder, Swarte...), portugais (Pinheiro), britanniques (Bellamy, Moore, Mckean...), suédois (Andersson), suisses (Töpffer, Cosey...), croate (Radilovic) – sont ainsi représentés. Tous ces auteurs ont été élus pour l’importance de leur contribution au neuvième art. Une scénographie dynamique révèle les parentés graphiques ou thématiques et permet de parcourir la bande dessinée depuis sa création jusqu’à ses développements contemporains. L’exposition, scénographiée d’une autre manière, a d’abord séjourné à la Bibliothèque nationale de France. A Paris, «Les jardins dans la BD» animent toujours le parc de Bercy, et l’exposition «Visions du futur» est encore en place au Grand Palais. Pour chaque événement, les organisateurs ont eu recours aux compétences et au fonds du CNBDI. «Dans les trois cas, nous avons été sollicités, explique Thierry Groensteen. Nous sommes dans notre rôle normal d’établissement référence.» « M a î t r e s de la bande dessinée e u r o p é e n n e » , commissaire : Thierry Groensteen, catalogue de 208 pages coédité par le Seuil et la BNF. Au CNBDI d’Angoulême jusqu’au 29 avril 2001.
EDITIONS EGO COMME X. Deux ouvrages sont présentés en avant-première à l’occasion du 28e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Le Val des Anes de Matthieu Blanchin, 80 pages dont 4 en couleurs. Note de l’éditeur : «Aujourd’hui Matthieu Blanchin est un plutôt gentil garçon mais ce fut un gosse exécrable. Même s’il n’a plus rien à craindre des animaux de la ferme (...) que lui et ses frères ont martyrisés, il faut souhaiter que les habitants du village de son enfance tombent le plus tard possible sur ce livre.» Essai de Sentimentalisme de Loïc Néhou et Frédéric Poincelet. 96 pages noir et blanc racontent des amours passées, petits bouts de vie précieux et fragiles à la mémoire. «L’ouvrage est le résultat de cette alchimie audacieuse, un équilibre entre la retenue et l’impudeur où n’est dévoilé que ce qui fait partie de la vie.» Fabrice Neaud, Journal, tomes I, II et III, Pauline Martin, La Boîte, et les auteurs ayant contribué à la Revue collective n° 7, Ego Comme X, seront également présents sous la bulle nord du champ de Mars.
L’affiche d’Angoulême est signée Joost Swarte, auteur néerlandais inventeur, dans les années 70, du concept de la ligne claire.
EDITIONS DELCOURT En avant-première, La Nef des Fous, tome IV, Turf. L’Actualité Poitou-Charentes – N° 51
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