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Séquences de vie Fabrice Neaud publie un récit autobiographique en bande dessinée. Le troisième tome de Journal est paru aux éditions Ego Comme X Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet
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e projet de base était de faire un journal en bande dessinée. Mais il s’agit finalement d’un récit autobiographique const r u i t à partir d’événements choisis.» Fabrice Neaud, 31 ans, formé aux Beaux-Arts, s’est engagé à rendre compte de son existence. A vie. Trois tomes de Journal sont publiés aux éditions Ego Comme X – dont l’artiste est co-fondateur – qui rappellent et apaisent une période allant de février 1992 à août 1995. Le dernier opus riche de 376 pages est sorti en décembre 1999. Plusieurs ouvrages sont d’ores et déjà en préparation sous forme de notes écrites, graphiques ou d’images mentales mises à plat au jour le jour. Pour expli-
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quer ce travail d’introspection, Fabrice Neaud parle d’œuvre salvatrice, de nécessité adoucie par le plaisir du dessin et du récit. Nécessité aussi que celle d’élire le neuvième art : «C’est mon medium. La bande dessinée est l’art qui offre la plus grande liberté. Elle correspond pour moi à un idéal d’expression. J’y vois un énorme rapport avec la musique, notamment un effet de partition similaire, une lecture horizontale (mélodie-récit) et verticale (accords-répétition des images).» L’auteur livre donc une composition intimiste, raconte les amitiés et les amours perdues, la pénible quête d’un travail, les agressions dont il est victime. La construction de l’œuvre, la minutie du trait et la réalité du témoignage entraînent le lecteur dans une réflexion sur la cruauté ordinaire du monde. Libre à un jeune artiste, chômeur, de crier son plein droit à la vie, à l’amour. La cité ne lui reconnaît que la voie douloureuse de la solitude. Qu’il refuse de s’y engouffrer et son acharnement à exister est qualifié d’obscène. «J’ai essayé d’être objectif sur ma subjectivité, d’être fidèle aux choses telles que je les ai ressenties, précise Fabrice Neaud. J’ai voulu ouvrir une porte sur la complexité du réel et des relations entre les gens.» Journal s’enrichit au fil du temps retrouvé, englobe les effets de réalité et les questionnements produits par la publication. Réactions de l’entourage, difficulté de poursuivre l’œuvre, respect du droit à l’image... Tous ces éléments influencent la narration très personnelle, foisonnante et convaincante de Fabrice Neaud : «La bande dessinée est un art de l’ellipse permanente. L’auteur doit flatter la sensibilité du lecteur qui fait seul le travail de jonction, de projection.» Entré, grâce à l’œuvre autobiographique, dans le monde professionnel de la bande dessinée, Fabrice Neaud souhaite désormais élargir sa démarche d’auteur indépendant : «J’aimerais aussi publier le journal littéraire que j’écris parallèlement, faire des adaptations mais je ne peux pas faire abstraction du Journal et mes envies de fictions seront nourries de cette expérience.» s Journal (I), février 1992 - septembre 1993, prix Coup de cœur, Angoulême 1997. Journal (II), septembre 1993 - décembre 1993. Journal (III), décembre 1993 - août 1995, de Fabrice Neaud, Editions Ego Comme X. Ci-contre en haut : pp 10-11 de Journal (I), en bas : pp 230-231 de Journal (III).
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L’Actualité Poitou-Charentes – N° 48
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