Le dimanche 2 janvier 2000, au Pas de la Foirouse, plage du Martray à Ars-en-Ré. Photo Thierry Girard
Réparer
Les plages de Poitou-Charentes n’ont pas été souillées par la marée noire comme celles de la Vendée et de la Bretagne. Des «galettes» de mazout provenant de l’Erika ont bien été ramassées début janvier au nord des îles de Ré et d’Oléron, mais il n’y paraît plus. En revanche, la tempête du 27 décembre 1999 a provoqué des dégâts considérables, principalement dans les deux Charentes, estimés à 935 MF pour environ 500 entreprises artisanales, 300 MF pour la conchyliculture, 30 MF pour la pêche, 300 MF pour le tourisme, 100 MF pour les monuments historiques. Un programme de reconstruction de 300 MF sur trois ans a été voté à l’unanimité par le Conseil régional qui espère une aide équivalente des départements et une enveloppe de 1,2 milliard de francs de l’Etat.
Précaution
Entendons-nous les géologues, les paléontologues et les naturalistes lorsqu’ils r acontent l’histoire de la Terre ? La tempête du 27 décembre, qui a profondément meurtri notre région, fut d’une violence si rare que les historiens ne trouvent aucune trace d’un phénomène équivalent dans les siècles passés. Pourtant, cette tempête semble mineure au r egard des catastrophes et des bouleversements qui ont balisé l’évolution de la vie sur notre planète. Mais l’homme est si fier de sa technologie qu’il se croit devenu «maître et possesseur» de la nature. Et dans nos régions tempérées, il en oublie qu’il existe des phénomènes naturels d’une irrépressible force. D’autre part, l’homme veut oublier – quand il y trouve son compte – qu’il est en train d’agir sur son environnement comme aucune espèce ne l’avait fait avant lui, au point de le modifier de façon irréversible et de risquer sa propre perte. Vivons-nous des soubresauts climatiques ou les prémices d’un réel changement climatique ? Sommes-nous responsables ou non ? Les scientifiques polémiquent à ce sujet. Néanmoins il est désormais admis que la pollution par les gaz à effet de serre provoque le réchauffement de la planète et que, de ce point de vue, nous sommes r esponsables collectivement et individuellement. A tous les niveaux de l’organisation de notre société, de graves questions ont été à nouveau mises au jour par la tempête et ses conséquences. D’où la nécessité de bien définir et de mettre en œuvre le principe de précaution. Ce sera le thème de notre prochaine édition. Jean-Luc Terradillos
Ci-contre, de gauche à droite, en haut : chalutier échoué dans les claires de la Cayenne, face à La Tremblade (Sébastien Laval), La Rochelle le 28 décembre (Claude Pauquet) ; en bas : arbre déchiqueté et villa à Ronce-les-Bains (S. L.), arbres arrachés dans le Marais poitevin (C. P.).
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L’Actualité Poitou-Charentes – N° 47
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