handicap
Communiquer autrement
D
ifférents modes de communication sont étudiés au Cresam, centre de ressources expérimental qui a pour but de venir en aide à toutes les personnes sourdes et aveugles ou malvoyantes, sur l’ensemble du territoire français. L’histoire de
Jacques Souriau
LE CENTRE DE RESSOURCES EXPÉRIMENTAL POUR ENFANTS ET ADULTES SOURDS-AVEUGLES O U SOURDS-MALVOYANTS
Le Cresam (Centre de ressources expérimental pour enfants et adultes sourds-aveugles ou sourds-malvoyants) a été créé en 1998. Il a pour vocation d’aider les familles et les professionnels concernés par ces handicaps à adapter leur comportement et leurs pratiques à chaque cas et d’expérimenter les possibilités langagières afin d’améliorer la compréhension entre les individus. Une équipe pluridisciplinaire d’éducateurs spécialisés, orthophonistes, orthoptistes, professeurs spécialisés, ophtalmologistes, psychologues, coordinateurs de loisirs et une assistante sociale évaluent les capacités et les difficultés de chaque personne, quel que soit son âge, afin de proposer un projet pédagogique aux enfants ou trouver de nouvelles orientations aux adultes. Les professionnels du Cresam reçoivent des personnes originaires de toute la France ou se déplacent sur les lieux de résidence des intéressés afin de mieux connaître et améliorer leurs conditions de vie et leur éviter de s’isoler. Cresam : La Rivardière 52, rue de la Longerolle 86440 Migné-Auxances. Tél. 05 49 43 80 50 Fax 05 49 43 80 51 E-mail : centre.@cresam.org
l’écriture représente un ensemble de connaissances utiles à cette réflexion. «Les problématiques de communication avec les personnes sourdes-aveugles ou malvoyantes sont identiques à celles qui ont été traitées tout au long de l’histoire du langage et de l’écriture, explique Jacques Souriau, directeur du Cresam. Différents systèmes d’écriture ont été mis en place selon les difficultés de chaque individu.» Le braille, l’écriture tactile du français, ou des codes pictographiques (qui peuvent être assimilés aux premières écritures, les hiéroglyphes, par exemple) représentent des solutions. Les systèmes pictographiques représentent soit les actions ellesmêmes, soit celles de la langue des signes. Cela peut donner lieu à deux types de grammaire, celui de la langue des signes ou celui de la langue française. «Cela n’a pas été décidé par une académie, ce sont des astuces qui répondent à des besoins et permettent de s’exprimer plus rapidement, ajoute Jacques Souriau. En fonction des interlocuteurs, tout l’aspect sémantique d’une phrase n’est pas forcément codé. «Il s’agit de chercher le message le plus pertinent, de donner le goût de communiquer et d’enrichir son langage. Rien n’existe pour une personne sourde et aveugle de naissance, tout est informe et a besoin d’être nommé, il faut mettre du sens», note Franck Berteau, éducateur spécialisé et orthophoniste. Une personne sourde qui devient aveugle peut avoir appris la langue des signes ou s’aider de la lecture sur les lèvres. Lorsqu’elle ne voit plus, il faut qu’elle redécouvre un autre moyen de communiquer. Toucher les mains de son interlocuteur peut être une solution. Une personne aveugle qui devient sourde peut connaître le braille. Echanger des informations avec elle devient possible par l’intermédiaire d’une machine à écrire en braille, par exemple, et la personne répond oralement. Des sourds-aveugles n’ont jamais appris les gestes et communiquent en français par écrit, on épelle dans leurs mains tous les mots. Certains inventent des systèmes entre eux. «Il y a une différence fondamentale avec l’histoire de l’écriture. Alors que les hommes parlaient depuis longtemps avant d’écrire, pour les sourds-aveugles, l’écriture sert de support à l’apprentissage d’un langage conversationnel, explique Yveline Guesdon, éducatrice spécialisée. Ils apprennent les deux en même temps. Le caractère permanent du code écrit sert de base pour enseigner un langage gestuel, mode de communication adapté à chacun.» M. M.
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 46
Sébastien Laval
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