université Mytilus
FACS & FILMS Universitaires et chercheurs de Poitiers publient chaque année un grand nombre de livres savants, de portée nationale ou internationale, mais qui n’apparaissent pas toujours aux yeux d’un large public. Cette étonnante richesse bibliographique est rendue visible par l’opération Facs & Livres qui en fait l’inventaire et la promotion avec la participation des libraires. Dans ce sillage et dans le cadre de la manifestation «Bienvenue aux étudiants», Facs & Films veut montrer l’abondance et la diversité de la production et de la création audiovisuelle de l’enseignement supérieur. Cette année, un recensement a été effectué auprès de trois structures : l’Ecole supérieure de l’image qui forme à la création télévisuelle et à la réalité virtuelle (à Poitiers) et à l’édition et à la création multimédia (à Angoulême) ; le DESS Réalisation documentaire de l’Université de Poitiers (Icomtec, site du Futuroscope) où l’on apprend toutes les techniques du cinéma documentaire, de l’enquête à la réalisation ; l’Office audiovisuel de l’Université de Poitiers (Oavup) qui a créé un DESS de techniques audiovisuelles et informatiques pour l’éducation et qui participe au Deug et à la licence Arts du spectacle. Ce premier inventaire sera développé et largement diffusé via Internet et des projections à Poitiers. D’ores et déjà, une sélection de films réalisés durant la dernière année scolaire sera diffusée les 22 et 23 octobre à la médiathèque François-Mitterrand. L’Ecole supérieure de l’image organise aussi, le 26 octobre dans ses locaux, rue Jean-Alexandre, une projection de films réalisés par les jeunes diplômés.
Un corpus hagiographique
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lodie Monteau a reçu le prix de la thèse 1999 décerné par la région Poitou-Charentes et la Maison des sciences de l’homme et de la société de l’Université de Poitiers. Doctorante au Centre d’études supérieures de civilisation médiévale, elle a effectué ses recherches sur l’Edition critique d’une révision du XVe siècle du recueil hagiographique moyenanglais du Festial de John Mirk conservée dans les manuscrits London British Library Harley 2247, Royal 18 B XXV & Trinity College Dublin 428, avec notes et glossaire (sous la direction de Stephen Morrison). Le Festial, ouvrage compilé vers 1380 par John Mirk, regroupe 74 sermons en moyen-anglais, consacrés aux principales fêtes religieuses et aux vies d’une quarantaine de saints. Ce manuel de prédication, qui s’inscrivait dans un programme de rééducation du clergé, fut l’un des plus appréciés et utilisés au xve siècle et au-delà. Le Festial a donné naissance à de nombreuses copies. A ce jour, 40 manuscrits ont été recensés. Mais ces actes de
copies successifs ont conduit, sous la plume des scribes, à une transformation du texte, tant dans l’organisation que dans le contenu même des sermons. «Sur les trois manuscrits dont nous disposions sous la forme de microfilms, la première étape a été de choisir le plus complet, celui qui, a priori, se rapprochait le plus de l’original (de la copie la plus ancienne subsistant encore)», explique Elodie Monteau. Elle a transcrit le manuscrit Harley 2247. Chacune des variantes est annotée en bas de page. Un travail énorme : près de 400 pages de texte rendu lisible pour tout un chacun. «La partie la plus difficile et intéressante a été le déchiffrage d’une écriture ancienne et étrangère, dit-elle. J’ai dû me familiariser non seulement avec la paléographie en moyen-anglais, mais aussi avec les abréviations utilisées par chaque scribe.» Outre l’intérêt historique que l’édition critique représente pour les médiévistes, elle se révèle aussi être un outil de choix pour les études purement linguistiques du moyen-anglais tardif. L. B.-G.
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ELIE BLOCH, RABBIN S O U S L’OCCUPATION «En quatre ans, ce jeune homme de trente ans aborde tous les problèmes que rencontre un Juif dans toute sa vie de croyant et se mesure à toutes les menaces qui pèsent sur le peuple juif au cours de la seconde guerre mondiale», écrit Paul Lévy, maître de conférences d’histoire contemporaine à l’Université de Poitiers, à propos d’Elie Bloch à qui il consacre un ouvrage : Elie Bloch, Etre Juif sous l’occupation, publié chez Geste Editions dans la collection «TémoignagesHistoire». Originaire d’Alsace, le jeune rabbin, nommé à Poitiers, travaillera sans relâche pour rétablir les conditions d’une vie communautaire et d’une pratique cultuelle lorsque les évacués mosellans, ardennais et alsaciens sont transférés, à partir de septembre 1939, dans le CentreOuest de la France déserté par les Juifs depuis le XIVe siècle. Il servira notamment de catalyseur entre les deux communautés juives que tout sépare, celle récemment chassée d’Europe centrale ou orientale et les familles établies depuis des siècles en Moselle. L’ouvrage suit la chronologie des événements jusqu’à l’arrivée des Allemands et l’arrestation d’Elie Bloch, de sa femme et de sa fille le 11 février 1943 et leur déportation dans le camp de Drancy au mois de décembre de la même année. Paul Lévy s’appuie sur de nombreuses sources, souvent inédites, pour réaliser un travail scientifique sur le jeune rabbin. Plus de 3 000 documents, représentant environ la moitié des correspondances d’Elie Bloch, sont déposés aux Archives centrales pour l’histoire du peuple juif à Jérusalem, l’autre moitié étant archivée dans plusieurs centres. M. M.
L’insertion des nouveaux enseignants
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omment se porte l’école en France ? «Les jeunes enseignants, qui symbolisent l’école de demain, constituent la population idéale pour réaliser ce diagnostic, explique Sébastien Ramé, maître de conférences en sociologie à l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de l’Académie de Poitiers. Or, on constate, dans le contexte actuel où les pressions sociales à l’école s’exacerbent, q u ’ u n grand nombre d’enseignants-stagiaires à l’IUFM expriment un malaise et une inquiétude par rapport à leur métier futur.» Dans son livre L’insertion professionnelle et sociale des néo-enseignants, Sébastien Ramé analyse, à partir d’une enquête menée
auprès des stagiaires de l’IUFM de l’Académie de Poitiers, les composantes de ce malaise. Premier constat concernant le profil social : les jeunes enseignants – des femmes en grande majorité, jusqu’à 75% dans le premier degré – sont issus de milieux de plus en plus favorisés, et l’écart s’accentue avec des populations scolaires soumises, de leur côté, à une paupérisation grandissante. Autre évolution constatée : le métier d’enseignant est nettement moins valorisé. Autrefois, on devenait enseignant par vocation. Aujourd’hui, avec la dégradation de la situation du marché de l’emploi, on subit plus que l’on ne choisit cette professionnalisation. Conséquence : la transmission des
valeurs laïques s’érode. De plus, les jeunes enseignants ont, pour la plupart, une vision très négative du métier et redoutent de n’être ni suffisamment formés, ni suffisamment épaulés. «On s’oriente actuellement vers une logique d’expertise, avec des IUFM spécialisés et des enseignants non polyvalents, affirme Sébastien Ramé. A la logique de l’égalité des chances, qui présidait à l’école, se substitue aujourd’hui une volonté de pacification sociale, qui risque d’aboutir, à terme, à la constitution d’écoles-ghettos.» M. T. L’insertion professionnelle et sociale des néo-enseignants, Sébastien Ramé. Editions L’Harmattan, Paris, 1999.
Commerce et société
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volution des structures – grande distribution, vente électronique – évolution des modes de consommation, quel rôle le commerce doit-il jouer dans la société de demain ? Tel était le thème central du 2e colloque Etienne Thil, organisé par l’IUP Commerce et Distribution de la faculté de droit de l’Université de La Rochelle, qui s’est tenu dans cette ville les 23 et 24 septembre derniers. «Le premier colloque, qui avait eu lieu en avril 1998 – avec le soutien de Com’science – avait suscité un grand intérêt, explique Jean-Yves Duyck, maître de conférences en sciences de gestion à
l’Université et vice-président du comité d’organisation. Car, pour la première fois en France, nous avions pris l’initiative de réunir, autour du thème spécifique de la distribution, à la fois des universitaires et des professionnels. Ce deuxième colloque a été organisé dans le même esprit, avec la participation d’enseignants-chercheurs, de chercheurs – dont plusieurs venus de l’étranger – ainsi que de leaders d’opinion et de professionnels, notamment de la grande distribution (Carrefour, Intermarché, La Redoute, etc.).» Ce colloque a été organisé grâce au soutien de la Communauté de vil-
les, du Conseil général, du Conseil régional et d’un certain nombre de grands distributeurs. A l’occasion du colloque, sous le patronage de l’Association Etienne Thil (du nom de l’un des fondateurs de Carrefour, auteur d’un ouvrage, Un pavé dans la marque, qui fait encore autorité dans le milieu de la distribution) et de la Camif, un 1er prix de thèse, d’un montant de 5 000 F, a été remis à Véronique Plichon, maître de conférences à l’Université de Tours, pour ses recherches sur «l’analyse de l’influence des états affectifs sur le processus de satisfaction dans la grande distribution». M. T.
Les postures de l’écriture
LA NOTION DE «PAYS» La revue Norois (n° 181) a publié les actes du séminaire «Pays» et développement local. Logique et ambiguïté d’une politique des territoires, que nous avons évoqué dans notre édition d’octobre 1998. La revue géographique de l’Ouest et des pays de l’Atlantique Nord est sise à la MSHS de l’Université de Poitiers.
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ydie Salvayre, Zoe Jenny, D a n i e l a Fischcherova, A d a m Thorpe, Clayton Eshlema, Edoardo Albinati figurent parmi les vingt auteurs accueillis par Ecrivains présents. Le thème de cette 11e édition est l’écriture. Rappelons que la manifestation, organisée par la faculté de lettres et langues de l’Université de Poitiers, l’Office du livre en Poi-
tou-Charentes et la médiathèque François-Mitterrand, vise à stimuler la curiosité des lecteurs en invitant des auteurs de cultures diverses : tchèque, arabe, allemande, anglo-saxonne, cubaine, portugaise, espagnole... Cette découverte de l’altérité passe par l’oralité. Les organisateurs insistent sur la dimension sensuelle de la langue et proposent aux écri-
vains de lire leurs textes dans leur langue. Le public peut les écouter dans divers lieux de la ville. Outre les lectures-débats, Ecrivains présents se décline avec un concertlecture, une rencontre avec le plasticien Jacques Villeglé et l’exposition de ses écritures socio-politiques à la médiathèque. Du 15 au 19 novembre Tél. 05 49 88 33 60
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Claude Pauquet
ITINÉRANCE Frédéric Piantoni a peut-être hérité de ses origines – il est né à Arles, de mère française et de père italien – ou de son enfance, qu’il a passée au Sénégal, ce goût pour la «mobilité» qui se manifeste tant au niveau de son cursus universitaire que dans le choix de ses thèmes de recherche. Actuellement, Frédéric Piantoni est doctorant au laboratoire Migrinter (CNRS) de Poitiers et membre associé de l’antenne Rom de La Rochelle. Après un premier cycle scientifique à Grenoble, il se dirige vers le génie civil, tout en exerçant la photographie en semiprofessionnel. Puis il décide de changer de cap et devient géographe, s’intéressant, dans un premier temps, à l’aménagement du territoire. «Je voulais travailler sur les pays en voie de développement. La Guyane m’attirait. Après six mois de séjour à Saint-Laurent-du-Maroni, dans le cadre de ma maîtrise, le sujet de mon mémoire – l’impact économique de la migration du Surinam vers la Guyane dans la région frontalière du fleuve Maroni – s’est imposé de lui-même.» En 1996, Frédéric Piantoni s’installe à Poitiers pour y préparer son DEA. L’année suivante, il retourne dans le bassin Maroni, et décide d’élargir ses recherches à l’ensemble des migrations et aux processus de territorialisation qu’elles induisent. «Ma thèse porte sur les relations entre migrations, espaces et sociétés. Je cherche à montrer comment les flux migratoires entraînent la constitution de territoires, et à étudier les rapports entre ces différents territoires. Pour les Noirs marrons qui pratiquent le semi-nomadisme, le fleuve Maroni ne représente pas une frontière mais un lieu de passage. La situation est conflictuelle. D’un côté, il y a la logique d’Etat, logique d’intégration et de sédentarisation, et de l’autre, des populations très mobiles, des territoires mouvants, et des réseaux économiques transnationaux, autant de facteurs s’opposant à cette logique d’intégration. » M. T.
Marie-Sophie Bock
Frédéric Piantoni
La Rochelle, tête de pont du Réseau Outre-Mers en métropole
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isser des liens, d’un bout à l’autre de la planète, entre chercheurs s’intéressant aux espaces ultramarins français – départements et territoires d’outre-mer – tel est l’objectif premier du Réseau Outre-Mers. «Le Rom a été créé en 1998, à l’occasion de la publication du volume sur Les Outre-mers de l’Atlas de France, explique Marie-Sophie Bock, responsable de l’antenne Rom de La Rochelle et maître de conférences en géographie dans cette université. A la réalisation de ce volume avaient participé des enseignants-chercheurs et des chercheurs du Pacifique, de l’océan Indien, de la Caraïbe et de la métropole, notamment de l’Université de La Rochelle. Nous avions fonctionné en réseau, par fax d’abord, puis par courrier électronique. Une fois le projet terminé, l’idée a germé de continuer à travailler ensemble en mettant en place un véritable réseau, qui permettrait, d’une part, de mettre en commun et de rassembler un maximum de données et de documentation, mais surtout de favoriser les contacts et les collaborations entre chercheurs d’outre-mer et de métropole autour de cet axe commun.» Le Rom est doté d’une structure transversale, s’appuyant sur cinq antennes : quatre pôles de recherche répartis dans les différentes aires géographiques ultramarines, au sein des universités de la Réunion (Crégur), des Antilles et de la Guyane (Géode Caraïbe), de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française, et un pôle en métropole, intégré dans le laboratoire Littoraux, espaces maritimes et relations internationales (Lemri) de l’Université de La Rochelle. Le secrétariat d’Etat à l’Outre-mer apporte son soutien pour la réalisation de certaines opérations. Pourquoi une antenne à La Rochelle ? «Les outremers représentent, dans notre université, un thème porteur autour duquel travaillent, depuis plu-
sieurs années, des enseignants-chercheurs, précise Marie-Sophie Bock, elle-même spécialiste de l’étude des sociétés dans ces espaces ultramarins, en particulier dans l’océan Indien. Par ailleurs, il était commode, pour le Réseau, de disposer d’une antenne en métropole, assurant le relais avec les différentes antennes et faisant le lien avec le secrétariat d’Etat à l’Outre-mer.» Bénéficiant depuis l’automne 1998 de locaux et d’équipements – grâce notamment à un financement de la Région – l’antenne Rom de La Rochelle est en mesure de prendre en charge les liaisons pratiques, les contacts avec les institutions, la collecte et le traitement informatique des données, et les publications. Outre un bulletin bi-annuel, le Réseau projette de publier prochainement, en coproduction avec l’Insee, un Atlas des populations des outremers français. Conçu pour fédérer les recherches menées sur les espaces outre-mer, le Rom constitue également un outil précieux pour les étudiants qui disposent, grâce à lui, d’un centre de documentation complet et actualisé, d’une aide à leurs projets, mais aussi de contacts outre-mer. « Nous avons à cœur de soutenir les étudiants qui montrent la volonté d’aller passer – à leurs frais, au niveau de la maîtrise – deux mois sur le terrain, en les mettant en contact avec des membres du Réseau du Pacifique, de la Caraïbe, de l’océan Indien, qui les accueilleront sur place et les orienteront dans leurs recherches.» Créé à l’origine par des géographes, le Rom a pour vocation de s’ouvrir à d’autres disciplines – historiens, sociologues, ethnologues, anthropologues... – ainsi qu’à des personnes et des institutions extérieures à l’université. Il est prévu également, dans un futur proche, d’étendre son champ d’action aux régions ultrapériphériques européennes. Mireille Tabare
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