savoir-faire
“phasage” dans le déroulement du chantier, explique François Asselin, directeur de l’entreprise. Et la charpente navale comme la charpente traditionnelle font appel à un même et unique savoir-faire, celui du charpentier.» Première phase préliminaire : la recherche historique. S’appuyant sur les tableaux de cotes de l’Hermione d’origine et sur des plans de l’époque, Jean Thomas, ébéniste-maquettiste de formation, réalise à l’échelle 1/18e (l’échelle historique) des plans de détail ainsi qu’un «modèle d’arsenal», une maquette très précise représentant à l’identique tous les assemblages réels, réalisée au fur et à mesure avec toujours six mois d’avance, ce qui permet d’identifier les problèmes futurs ou les modifications à apporter. A partir de ce travail, dans une deuxième phase, on trace l’épure du navire grandeur nature sur le sol, en atelier. Cette tâche revient au chef de chantier, Jacques Haie, qui dirige l’équipe de charpentiers et assure l’interface entre la conception théorique et la réalisation pratique. On se sert ensuite de l’épure pour dessiner des gabarits, un pour chaque pièce de bois. Les pièces sont ensuite découpées, assemblées, puis intégrées à la charpente en construction. En parallèle au chantier, Joël Berthelot, charpentier, est chargé de l’approvisionnement en bois. Une tâche délicate : «Pour construire la charpente, nous devons trouver des arbres à la fois assez gros (plus de 70 cm de diamètre au départ de branche) et de forme “torse”, explique François Asselin. Nous nous approvisionnons sur tout le Grand Ouest auprès de professionnels du bois et de propriétaires forestiers.» Autre différence notable avec l’Hermione d’origine. Huit mois avaient suffi à l’époque – soit 300 000 heures de travail – pour construire ce troismâts de 1 200 tonnes, long de 45 mètres sur le pont et de plus de 65 mètres «hors tout». La reconstruction actuelle est planifiée sur dix ans. La longueur du chantier, sa programmation en tranches successives, induisent des problèmes spécifiques au niveau technique – pose de fixations provisoires –, au niveau maintenance – entretien et vérification des bois. «Au printemps 2000, nous entrerons dans la deuxième phase, celle du bordage et du vaigrage – les “peaux” intérieure et extérieure de la coque –, qui devrait être terminée en quatre ans, explique Maryse Vital. Le projet est bien lancé, il suscite un intérêt grandissant des collectivités, des entreprises et du public, et nous attendons 200 000 visiteurs en 1999.» s
Visite tous les jours : 10h-13h, 14h-19h. Association Hermione-La Fayette, tél. 05 46 82 07 07 A voir aussi jusqu’au 24 octobre à la Corderie Royale, à proximité du chantier de l’Hermione, à Rochefort, l’exposition «Tempêtes» présentée par le Centre international de la Mer. L’Actualité Poitou-Charentes – N° 45
Restaurer les documents anciens
Comment préserver les vieux documents des attaques du temps ? Le papier est un matériau fragile, qui vieillit plus ou moins bien en fonction de la qualité de ses composants d’origine et des conditions auxquelles il a été exposé durant son stockage. Créé en 1989 et installé à Loix dans l’île de Ré depuis 1993, l’Atelier Quillet s’est spécialisé dans la restauration de documents anciens : manuscrits, livres imprimés, plans, estampes, affiches. La mission du restaurateur consiste à mettre en œuvre les moyens techniques les plus appropriés pour assurer aux documents une meilleure conservation. «La restauration de documents est un métier neuf, explique Lionel Quillet, décollage des supports et des adhésifs, défroissage, nettoyage, doublage, comblage, colmatage, rencollage... Des opérations qui font appel, à la fois, à un savoir-faire traditionnel et à des techniques innovantes, s’appuyant notamment sur des recherches chimiques concernant la composition des encres et des papiers, menées en partenariat avec le Laboratoire d’étude des matériaux en milieu agressif (Lemma) de l’Université de La Rochelle. Reconnu nationalement en matière de restauration de documents, l’Atelier Quillet assure lui-même en interne la formation des futurs restaurateurs. L’activité de l’atelier couvre également tout le domaine de la
directeur de l’entreprise. Il existait auparavant de nombreux ateliers de reliure, qui pratiquaient, secondairement, la restauration. Depuis vingt ans, cette activité est devenue un métier à part entière.» Treize restaurateurs travaillent au sein de l’Atelier Quillet selon des techniques essentiellement manuelles, et en respectant trois critères : l’intervention doit être visible, neutre et réversible. Les procédés employés sont multiples : désinfection, dépoussiérage,
reliure – création et restauration – depuis la reliure précieuse jusqu’à la reliure la plus classique. «Nous travaillons beaucoup avec la Bibliothèque nationale de France et, sur l’ensemble du territoire, avec tout un réseau de bibliothèques et d’archives départementales, explique Lionel Quillet. Cette couverture nationale nous classe parmi les deux ou trois premiers ateliers français dans le domaine de la restauration de documents anciens et de la reliure.» M. T.
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