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L’Actualité Poitou-Charentes – N° 44
DOSSIER
De la
chimie
partout Les sciences chimiques couvrent de nombreux domaines de recherche et d’application qui touchent notre vie quotidienne, qu’il s’agisse des produits respecteux de l’environnement, d’améliorer les matériaux polymères qui entrent qui donne de la texture à certains bonbons, de
d’éliminer les nitrates et les pesticides, d’élaborer
dans la fabrication des peintures, des vêtements, des circuits électroniques, de fabriquer la gélatine
confectionner des crèmes pour peaux sensibles... Poitou-Charentes compte des équipes de recherche reconnues au plan international et une industrie constituée à la fois de grands établissements comme ceux du groupe Rhodia et et de petites entreprises. Dans la région, ce secteur emploie plus de 5 000 personnes et réalise le deuxième chiffre d’affaires à l’exportation.
Flacons de prélèvements d’eau dans le laboratoire de Ianesco-chimie, à Poitiers. Photo Bruno Veysset L’Actualité Poitou-Charentes – N° 44
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FILIÈRE
«
a chimie, c’est la boîte à outils de beaucoup de métiers, on la retrouve partout et souvent sans y penser.» Cette réflexion d’Alain Robert, directeur de l’usine Rhodia de Melle et président de la chambre syndicale régionale des industries chimiques, rend bien compte de l’omniprésence des produits issus de l’industrie chimique dans la vie quotidienne des entreprises aussi bien que des particuliers. Les engrais utilisés par les agriculteurs, les savons et les parfums, les pigments des postes de télévisions ou les colorants des céramiques, les matières plastiques des bateaux de plaisance ou les yaourts du petit déjeuner
L
La boîte à outils En Poitou-Charentes, l’industrie chimique est le second exportateur après le cognac. Elle emploie plus de 5 000 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 6 milliards de francs doivent tous quelque chose à l’industrie chimique. «En Poitou-Charentes, la chimie est très représentée dans ses diverses applications, note Alain Robert, il y a de tout, chimie fine, chimie de base, parachimie.» Ainsi dans notre région, à Dangé-Saint-Romain, Texel fabrique les ferments lactiques qui servent à la production des fromages, des yaourts et des charcuteries. Chiminnove, à Angoulême, produit des allume-feux, Ninabat, à Périgny près de La Rochelle, des résines pour revêtements de sols, et Simafex, à Marans, réalise des molécules sur mesure pour l’industrie chimique et pharmaceutique. Le laboratoire pharmaceutique de La Roche-Posay est spécialisé dans les produits de beauté, l’usine Rhodia de Melle produit des additifs alimentaires, et l ’ e n t r e p r i s e R. Liot, à Pleumartin dans la Vienne, fabrique de la poudre et du concentré d’œufs. «Nous fabriquons des produits de plus en plus élaborés, note Alain Robert. La chimie lourde est faite dans les pays d’où vient la matière première, dans les pays occidentaux on “fait” de la matière grise et de la valeur ajoutée, de la chimie sur mesure pour des applica-
tions très pointues.» Caractéristiques communes de la plupart des entreprises chimiques, un budget important de recherche et de développement, de 5% à 8% du chiffre d’affaires, une automatisation poussée des processus de production, l’informatisation des contrôles et une main-d’œuvre de plus en plus qualifiée. «Il y a dix ans, 60% des salariés étaient ouvriers et 40% techniciens, maintenant c’est l’inverse, indique Alain Robert. Mais on ne peut se payer ces gens-là que si on a de la valeur ajoutée.» Une exigence, dans un contexte de concurrence internationale acharnée, qui explique aussi le renouvellement rapide des produits et le souci qu’ont les industriels de préserver jalousement leurs secrets de fabrication. «C’est quelque chose de très important», confirme Alain Robert. La chimie est une activité qui nécessite s o u v e n t des investissements importants, contruits sur mesure. Il n’est donc pas étonnant que beaucoup d’entreprises de la branche fassent partie de grands groupes. Texel est une filiale de Rhodia, Angibaud appartient à Vive n d i , le fabricant de lubrifiants niortais Christol Grease dépend de Shell et Roche Posay de L’Oréal. L’impact de l’industrie chimique est positif en ce qui concerne l’emploi, les efforts de productivité ont été faits depuis longtemps, et aujourd’hui les effectifs du secteur sont stables. La chimie est une activité fortement exportatrice : dans la région, la chimie est le premier exportateur après le cognac. En moyenne, les entreprises de la branche exportent plus de 50% de leur production, un chiffre qui peut aller jusqu’à 95% pour Rhodia à La Rochelle. L’industrie chimique en Poitou-Charentes est essentiellement composée de PME, les deux plus grosses unités – les établissements Rhodia de Melle et La Rochelle – frôlant les 500 salariés, pour une dizaine au total employant plus de 100 personnes. Des implantations qui sont largement disséminées sur tout le territoire, la région ignorant largement les grandes plate-formes industrielles.
Une volonté de respecter l’environnement
q Jean Roquecave P h o t o Claude Pauquet 28
Cet éparpillement de petites unités favorise la bonne insertion dans son environnement d’un secteur qu’on a souvent tendance à associer à des images de pollution et de catastrophes. «La chimie dans la région a une bonne image, bien acceptée par le milieu local», constate Alain Robert. Pour se faire accepter dans leur environnement, les entreprises chimiques maintien-
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Organisation professionnelle La Chambre syndicale régionale des industries chimiques compte 32 adhérents, qui emploient 2 200 salariés, soit une part signficative de la profession en PoitouCharentes. Les poids lourds y côtoient de petites unités de moins de 20 personnes. «Nous formons un réseau régional, souligne Alain Robert, nous faisons des échanges, les gros peuvent mettre des experts à la disposition des petits, et nous développons des actions communes, notamment en matière de formation.» La chambre syndicale s’attache notamment à mieux faire connaître la chimie auprès des scolaires, en mobilisant les entreprises pour organiser un stand au village des filières, et en organisant des actions comme l’opération «1 000 professeurs», dont l’objectif est de faire visiter les sites chimiques au plus grand nombre d’enseignants, ou encore «chimie la classe», un concours d’affiches où les deux classes gagnantes passent une semaine sur une péniche aménagée en laboratoire sur le Rhône.
nent de bons contacts avec leur entourage, notamment par l’organisation régulière de journées portes ouvertes et de visites destinées aux scolaires. «La chimie ne peut exister que si elle est responsable au niveau de l’environnement, affirme Alain Robert, nous sommes surveillés de près depuis très longtemps, et notre démarche est de ne pas attendre que l’administration nous impose quelque chose. Aujourd’hui, les entreprises intègrent les questions de protection de l’eau et de l’air, le contrôle des déchets et la prévention des risques.» D’ailleurs, beaucoup d’entreprises chimiques choisissent de s’orienter vers les normes Iso 14 000, qui intègrent l’environnement. En matière de sécurité comme d’environnement, les entreprises sont responsabilisées, accidents et incidents sont analysés, et la prévention en amont est systématique. «Nous sommes une des professions qui connaît le moins d’accidents, estime Alain Robert, et la démarche vers une meilleure qualité de vie fait aussi partie de notre métier. Après tout, si l’espérance de vie augmente régulièrement, c’est aussi grâce aux progrès de la chimie et de la pharmacie.» s
Le poids de l’industrie chimique Les entreprises qui relèvent des industries chimiques et pharmaceutiques en Poitou-Charentes emploient environ 5 300 salariés pour un chiffre d’affaires estimé à plus de six milliards de francs. La branche compte environ 80 entreprises de plus de dix salariés dans les diverses activités de ce secteur : 15 entreprises travaillent dans la chimie de base minérale et organique (fabrication de gaz, engrais, colorants, matières plastiques de base), 9 dans la parachimie (vernis, colles, explosifs, encres, additifs pour béton), 10 dans la fabrication de savons, parfums et produits d’entretien, 6 dans l’industrie pharmaceutique, la chimie des corps gras (fabrication d’huiles, de graisses, de margarines et d’additifs destinés à l’industrie agroalimentaire) comptant également 6 entreprises. Trente entreprises régionales sont classées dans les «autres industries chimiques», vaste secteur qui regroupe des activités variées mettant en œuvre des technologies de l’industrie chimique, comme les laboratoires photographiques, les entreprises de traitement des eaux et de déchets ou les papeteries. Le secteur pétrolier est peu représenté en PoitouCharentes avec 4 sociétés. En aval, la région compte une quarantaine d’entreprises dans le secteur du commerce de gros, vente et distribution de produits chimiques, de médicaments et de produits cosmétiques, et négociants en carburants.
Photo ci-dessus, l’usine Rhodia-Terres rares à La Rochelle.
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