CULTURE SCIENTIFIQUE
Accéder à l’Internet et au multimédia
CENTRE INTERNATIONAL DE LA MER
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Coques d’acier
Depuis l’Antiquité, les bateaux étaient construits en bois. La construction des premières coques métalliques au xixe siècle fut donc une révolution. Ce progrès permit la réalisation d’immenses navires, paquebots et pétroliers, de plus de 300 mètres parfois. Aujourd’hui, des milliers de coques d’acier sillonnent les mers du globe. «Coques d’acier» est la nouvelle exposition conçue et réalisée par le Centre international de la mer, à Rochefort (en partenariat avec l’association Histoire de la construction navale de Nantes). Elle présente l’univers des chantiers navals, un éclairage sur les techniques de construction maritime industrielle approchées à hauteur d’homme. L’exposition s’intéresse aux différents métiers exercés sur les chantiers. Le visiteur découvre les grandes étapes d’un chantier : traçage, usinage, construction et lancement du navire. Il évolue dans une scénographie évocatrice, dans des décors souvent réalistes, avec des outils et des témoignages sonores. Exposition à la Corderie royale, Rochefort, du 6 février au 24 mai.
a v i g u e r sur Internet, voyager au centre de la T e r r e ou découvrir l’homme des cavernes sur CD-Rom, suivre des conférences sur l’enseignement des langues à distance ou sur la propriété intellectuelle, la manifestation Multimédia 99 de l’Esp a c e Mendès France propose jusqu’au 21 mars de faire un t o u r d’horizon des nouvelles technologies. Une vingtaine de postes informatiques sont à la d i s p o s i t i o n des visiteurs. De nombreuses démonstrations effectuées en présence de professionnels leur permettent de découvrir les nombreuses possibilités qu’offrent ces outils. Le nouvel Espace multimédia de l’Espace Mendès France est inauguré à cette occasion. Première salle de ce type en France, il remplit deux fonctions. L’auditorium est un lieu de présentation générale, en groupe. Il est possible d’y organiser des visioconférences. Une quinzaine de postes sont en accès libre, pour consulter individuellement des CD-Rom ou des documentaires relatifs à la culture scientifique
et surfer sur Internet. Un animateur est présent en permanence. A terme, une centaine de salles devraient exister sur tout le territoire français, connectées entre elles. «Cette nouvelle offre répond à un besoin de la population. Notre but est de sensibiliser tous les publics aux nouvelles technologies, en s’assurant que les visiteurs trouvent également un contenu culturel», explique Didier Moreau, directeur de l’Espace Mendès France. En février et mars, des ateliers pour apprendre à monter son propre site web
sont proposés par Bruno Tournet, recruté en emploi-jeune à l’Espace Mendès France. Celui-ci a aussi pour mission de réaliser le site Internet de la structure. «J’ai d’abord réfléchi à la présentation du site, qu’elle soit très facile d’accès, très lisible et originale, souligne celui-ci. Puis, je me suis intéressé au contenu, afin que les visiteurs aient envie de revenir sur le site. Le but de l’Espace Mendès France étant de diffuser des savoirs et des connaissances, j’ai voulu recréer cet état d’esprit en ligne.»
Marie Martin
Le labyrinthe merveilleux
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encontre du monde imaginaire des contes et de celui de la technologie, cette exposition offre un parcours ludique pour petits et grands. Pour une sorte de jeu de piste, chaque groupe de visiteurs reçoit, au départ, divers outils : un plan, un code d’accès à des «boussoles» dissimulées au fil du parcours, une «clef» pour entrer dans les différents mondes. Le groupe peut alors se lancer dans l’exploration des six mondes... A l’intérieur de chacun d’eux, un conte est mis en scène, en image et en son. La progression dans le labyrinthe
est gérée par ordinateur – six ordinateurs en réseau, un par monde, sont reliés à un ordinateur central. L’animation de chaque espace repose, elle aussi, sur de nouveaux procédés technologiques du son et de l’image. Cette exposition est la réalisation du Centre international de création vidéo, l’un des rares lieux en Europe de création et de production dans le domaine de l’image et du multimédia. Parmi les objectifs du «Labyrinthe», le CICV a voulu également développer l’aspect pédagogique. Un dossier pédagogique est proposé aux enseignants
a f i n d’utiliser l’exposition comme support, ou bien de l’intégrer dans un projet scolaire. Dans tous les cas «Le labyrinthe merveilleux» conduit le visiteuracteur dans des mondes imaginaire, virtuel, énigmatique par des procédés des plus tradionnels (le conte) aux plus modernes (le multimédia). En écho à cette exposition, le musée Sainte-Croix propose un parcours labyrinthique au cœur de ses collections. S B
E x p o s i t i o n à l’Espace Mendès France, du 8 mars au 5 avril 1999, à l’initiative du Centre de Beaulieu et de la MJC Aliénor d’Aquitaine.
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L’Actualité Poitou-Charentes – N° 43
EDITH CRESSON
Vous basculez un interrupteur, et la lumière s’allume, la télévision s’anime, la pièce se réchauffe, le moteur tourne. L’électricité s’est installée dans notre vie comme une compagne indispensable. Et pourtant que savons-nous de ce phénomène à la fois familier et mystérieux, omniprésent et invisible, utile mais pas sans dangers ? L’électricité se dévoile au travers d’une exposition itinérante conçue et réalisée par la Cité des sciences et de l’industrie, et destinée aux 712 ans. De quoi c’est fait, comment ça marche, à quoi ça sert, l’exposition répond, sur le mode ludique et poétique, à quelques-unes des questions que se posent les enfants. L’exposition s’est installée pour six mois dans notre région. Après Angoulême, elle fait étape, du 7 janvier au 24 février, au CRDP de Poitiers, puis à l’Astrolabe de La Rochelle, du 3 mars au 28 avril. Elle terminera son périple à l’IUFM de Niort, du 5 mai au 28 juin. Contact : Astrolabe 05 46 67 47 67
de l’innovation
Pour la culture
D
s Cerveau l’enchanteur
Un grand voyage dans les profondeurs de la boîte crânienne pour découvrir, grâce aux progrès de l’imagerie médicale, ce que recèle et comment fonctionne le cerveau. Cette exposition est réalisée par l’Inserm. A l’Astrolabe, La Rochelle, jusqu’au 27 février.
a n s son dernier livre, Innover ou subir (Flammarion), Edith Cresson plaide pour une véritable culture de l’innovation. La Commissaire européenne chargée de la recherche, de la technologie et de la formation professionnelle, affirme qu’il est possible de réconcilier technologie et culture. Nous l’avons rencontré à Châtellerault. «La culture de l’innovation, ditelle, n’existe pas suffisamment en Europe. Cela consiste à essayer de détecter ce qui est nouveau, qui va intéresser les gens et donc trouver un marché, et à être prêt à accueillir cette innovation. Que se passe-t-il dans les universités américaines lorsqu’un jeune chercheur fait une découverte ? Il trouve autour de lui des conseils, ce qui est plus important que l’argent. Des spécialistes seront là pour lui dire s’il y a un marché, comment a m é l i o r e r son produit, pour l’aider sur le plan juridique et lui trouver un tour de table financier. L’accueil de l’innovation
se situe au cœur du système éducatif. De ce point de vue, nous avons encore beaucoup de progrès à faire. Chez nous, un chercheur n’a pas le droit de créer sa propre entreprise. Ce n’est pas normal. Cette différence entre l e monde universitaire et le monde de l’entreprise, qui est ancestral en Europe, est très préjudiciable à l’innovation.» Bien sûr, elle n’oublie pas l’innovation sociale et cite de nombreux exemples en ce domaine. Edith Cresson plaide aussi pour l’éducation. «Tous les jeunes devraient avoir accès aux savoirs de base. Or, en Europe, 10% à 15% des jeunes sortent du système éducatif sans savoir correctement lire, écrire, compter, s’exprimer, donc sans parvenir à articuler leur pensée, d’où leur difficulté à s’insérer dans la société.» Elle estime que les outils multimédias permettent de réduire en partie les inégalités des individus dans l’apprentissage. En effet, avec un ordinateur, chacun peut aller à son rythme, se tromper, revenir en arrière, et
Claude Pauquet
s Derrière la prise
répéter autant de fois qu’il le faut sans avoir un regard qui juge. Les «écoles de la deuxième chance» qu’elle a créées un peu partout en Europe sont largem e n t fondées sur l’usage du multimédia. En outre, les parcours de formation sont très personnalisés, ce qui exige un investissement plus important des enseignants. Par-delà le socle des connaissances de base, Edith Cresson exprime la nécessité, pour chacun, de développer sa culture générale. Elle cite une anecdote : «Je me souviens d’avoir parlé devant un adolescent du parcours d’un homme politique en disant qu’il entamait sa “traversée du désert”. Devant son expression interrogative, je lui demandai s’il savait ce que cela signifiait. Il m’a répondu : “C’est le Paris-Dakar...” La société, c’est aussi une connivence culturelle, un code implicite qui fait le rapprochement. Ne pas détenir ce code éloigne du cœur de la société.»
Jean-Luc Terradillos
Visite virtuelle des musées
s Multimédia dans les quartiers
A La Rochelle, l’Astrolabe ouvre un club multimédia dans le cadre du développement social urbain du quartier de Mireuil. Cette activité est destinée aux 12-15 ans des quartiers ouest de la ville.
M
irabilia acquisita, Alién o r et le CD-Rom O c é a n i e , les grands découvreurs du Pacifique constituent les trois nouveaux produits multimédias conçus par le Conseil des musées de Poitou-Charentes. Ils marquent la volonté, en Poitou-Charentes, d’associer le patrimoine aux nouvelles techno-
logies de l’image. Les objets des collections et leurs auteurs sont réunis dans la banque régionale de données documentaires Alién o r , consultable sur le site Internet des musées de PoitouCharentes. Mirabilia acquisita constitue la préfiguration d’une exposition virtuelle sur les acquisitions des musées effectuées depuis dix ans grâce au Fram
( F o n d s régional d’acquisition des musées). Le CD-Rom Océanie, les grands découvreurs du Pacifique met en scène l’aventure maritime des grands navigateurs que sont Bougainville, L a p é r o u s e , Cook ou Dumont d’Urville, et présente les collections océaniennes et maritimes des musées de la région.
www.alienor.org
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 43
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Glen Baxter
toute l’année
laisse au lecteur une multiplicité d’interprétations possibles. L’usage de la série, qui permet de répertorier des catégories aussi improbables que «les fruits du monde en danger» ou «les grands désastres culinaires de notre temps». La disjonction violente entre un dessin et sa légende, le redoublement d’une absurdité dessinée par son commentaire écrit. Il faudrait y ajouter un exercice quasi systématique du pastiche ; mais bien entendu, si exhaustive que soit une liste de ce genre, elle n’est au mieux qu’une classification opératoire simplifiée : la plupart des procédés se chevauchent et se mélangent, se modifient. L’ambiguïté et l’instabilité sont au cœur des dessins de Glen Baxter.» En outre, Glen Baxter apprécie la région Poitou-Charentes qu’il a découverte en 1991, lors de son exposition au Confort Moderne, puis au festival de la BD à Angoulême. C’est un lecteur de L’Actualité depuis cette époque. Dans une revue hors norme, qui privilégie et valorise la créativité des individus – qu’ils soient chercheurs, universitaires, artistes, ingénieurs, entrepreneurs, etc. –, les dessins “visionnaires” de Glen Baxter trouvent naturellement leur place.
Jean-Luc Terradillos
N
ous avons demandé à Glen Baxter d’imaginer l’an 3000 pour L’Actualité Poitou-Charentes. Cette année dans chaque édition, vous découvrirez donc un dessin original de cet artiste londonien qui compte beaucoup d’admirateurs en France, dont nous sommes depuis la parution de son premier livre traduit en français, Atlas. Cette commande s’inscrit dans le projet du Confort Moderne «L’art d’être au monde – Le monde en réparation», qui vise à mettre en relation des artistes et des commerçants, organismes, industriels, etc., afin de transformer une partie de notre environnement avant le passage dans le prochain millénaire. Glen Baxter démarque volontiers les revues scientifiques qu’il dynamite avec toutes sortes de procédés. Didier Semin, le premier conservateur qui a exposé ses dessins en France (Les Sables-d’Olonne, 1987), en a dressé l’inventaire : «L’understatement, version britannique de notre litote ; l’anachronisme, qui met par exemple trois mousquetaires aux prises avec une pizza miniature. L’escamotage du récit qui met en présence un dessin et une légende qui lui est étrangère, et comme tributaire d’une histoire manquante. La pratique du «sens ouvert» qui
Mytilus
Livres de Glen Baxter publiés en français : Atlas, Le dernier terrain vague, 1983 ; et les suivants chez Hoëbeke : Ma vie, les jeunes années, 1990, Retour à la normale, 1992, Le livre de l’amour, 1997. Ses dessins sont visibles à la galerie Martine et Thibault de La Châtre, à Paris. Dernier titre paru : Glen Baxter’s Gourmet Guide, Bloomsbury, 1997. A Angoulême, dans le cadre du Festival de la BD, une exposition de Glen Baxter est présentée par l’Acapa à l’hôtel Saint-Simon, rue de la Cloche-Verte, du 27 janvier au 6 février. O f f r i r plus d’humanité, plus de créativité et de c o n v i v i a l i t é , conjuguer l’art au quotidien, telle est la nature du projet conçu par le Confort Moderne « L ’ a r t d’être au monde – Le monde en réparation». Jusqu’au 1er janvier 2000, seize artistes européens sont invités à travailler à Poitiers, avec et chez les commerçants, artisans, entreprises qui le désirent. Le logo, créé par Marylène Negro et Klaus Scherübel, sera apposé sur la porte des magasins et permettra d’identifier les partenaires. Renseignements au Confort Moderne, Dominique Truco, tél. 05 49 46 08 08
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