UNIVERSITÉ
Les Journées information eaux Du 23 au 25 septembre, les «Journées informations eaux» ont attiré au Futuroscope quelque 800 participants venus du monde entier pour s’informer sur les problèmes de traitement et d’épuration des eaux ou de valorisation des déchets et sur les nouveautés technologiques et analytiques en matière d’environnement. «Pour améliorer le traitement des eaux usées, de plus en plus touchées par la pollution agricole notamment, et s’adapter aux normes de qualité toujours plus sévères, les exploitants ont besoin d’informations techniques et scientifiques», explique Bernard Legube, professeur et directeur du laboratoire de chimie de l’eau et de l’environnement de l’Ecole supérieure d’ingénieurs de Poitiers (Esip). «L’utilisation de l’ozone et des procédés avancés d’oxydation en traitement des eaux» était le thème principal de ces journées. Les eaux potables, l’entartrage et la corrossion, l’analyse des eaux résiduaires et urbaines ou industrielles, les boues et les sols ont également fait l’objet de 85 conférences. Un salon d’exposition, lieu de rencontre entre constructeurs et utilisateurs de matériels spécifiques, réunissait cinquante stands. Cette manifestation est organisée par l’Association de professionnels du traitement des eaux et des nuisances (Apten) installée au laboratoire de chimie de l’eau et de l’environnement de l’Esip, gérée par une dizaine d’anciens élèves et de thésards. Les JIE ont obtenu le label Com’science, accordé par la Région qui souhaite promouvoir les travaux de recherches des laboratoires de Poitou-Charentes. treize colloques sont ainsi soutenus chaque année.
Christian Eskenazi (Ph. Claude Pauquet)
Construction du pôle analytique
UNIVERSITÉ DE LA ROCHELLE
Nouveau président pour jeune université près avoir été dirigée depuis sa création par un administrateur provisoire, l’Université de La Rochelle effectue sa première r e n t r é e avec un président de p l e i n exercice. Christian Eskenazi, élu le 14 mai dernier, n’est arrivé à La Rochelle en provenance de Paris XI Orsay qu’en septembre 1997. Mais ce professeur de chimie organique de 54 ans avait une longue expérience des postes «politicoadministrafifs», ayant notamment été pendant sept ans viceprésident d’Orsay, une université qui compte près de 30 000 étudiants. «J’avais envie de quitter Paris, dit-il, et l’occasion s’est présentée d’un échange de postes avec un collègue qui désirait rejoindre Orsay. La région m’attirait, et le côté pionnier d’une université jeune, en pleine croissance, m’intéressait.» Pour cette rentrée 1998, La Rochelle enregistre encore des effectifs en hausse de 7% à 8 %, avec environ 5 850 é t u d i a n t s contre 5 5 0 0 l’an demier. Sur le plan des moyens, La Rochelle, surnommée «l’université la plus pauvre de France» à l’époque des grèves de 1995 n’a pas rattrapé son retard. «Les 1 0 0 postes d’enseignants qui manquaient à l’époque ont bien
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été créés, admet le président, mais comme de nouvelles filières se sont ouvertes depuis, le “trou” en enseignants est toujours d’une centaine de postes, et quant au personnel technique et administrafif, nous sommes toujours loin du compte.»
Avec le strict minimum Autre sujet d’inquiétude, le retard pris par la signature du contrat d’établissement avec l’Etat. Ce document, qui aurait dû être signé il y a deux ans pour la période 1996-2000, et qui rep r é s e n t e une enveloppe de 13 MF pour 1998 et l0 MF pour 1999, est toujours en cours de négociation avec le ministère, pour une signature espérée fin octobre. En attendant, l’université vit avec la seule dotation globale de fonctionnement, soit 25 MF par an, «le strict minim u m , le Smic, dà Christian Eskenazi, ce qui ne permet pas d e conduire une politique.» Pourtant, La Rochelle se développe et a des projets. Parmi les nouveaux enseignements proposés cette année, deux DESS, droit processuel et ingénierie des systèmes informatiques, une MST hôtellerie internationale et une maîtrise de sciences de la terre, alors que la filière LEA de la fac
de lettres ouvre une licence et une maîtrise option Asie affaires internationales. Au chapitre des projets, le lancement d’une démarche d’évaluation des enseignements par les étudiants, la création d’un DESS de développement de projets industriels, et la restructuration de la recherche en sciences humaines. «Nous allons faire u n e Maison des sciences de l’homme en collaboration avec P o i t i e r s » , précise Chdsfian Eskenazi, qui souhaite dissiper tous les malentendus qui ont pu avoir cours entre les deux univ e r s i t é s . «Avec le président Tranoy, nous avons voulu marquer l’opinion universitaire par d e s rencontres régulières, et nous espérons que le nouvelle équipe poursuivra dans ce sens. Il ne faut pas jouer Poitiers et La Rochelle l’une contre l’autre, La Rochelle, qui devrait atteindre 8 000 à l0 000 étudiants à l’horizon 2006, a une stratégie de croissance des effectifs qui ne doit pas se faire au détriment de Poitiers». Christian Eskenazi doit prendre, courant octobre, la présidence du réseau des universités du Centre-Ouest, qui regroupe, o u t r e La Rochelle, Angers, Tours, Orléans et Poitiers. Jean Roquecave
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Un centre de vie étudiant «Nous avons voulu créer un centre de vie pour les étudiants», explique François Prat, directeur de la Maison des étudiants de Poitiers. Située à l’est du campus, près du restaurant universitaire Champlain, celle-ci ouvre ses portes pour la rentrée 1998 et doit remplir une double mission : développement culturel et information sur la vie quotidienne à Poitiers. Deux emplois-jeunes, créés au sein du service Animation étudiante de la ville, ont pour but de guider les étudiants et leurs associations suivant leurs besoins et leurs initiatives. Financée par l’Etat et la Ville, la Maison des étudiants a été conçue par le cabinet d’architectes poitevin Lancerau-Meyniel. Elle est partagée en trois espaces. Le café, où des animations peuvent être organisées, et la salle de spectacle, équipée d’une régie son et lumière performante et d’une scène de théâtre de 80 m2 qui peut accueillir 500 personnes, sont mis à la disposition des associations étudiantes. Deux salles de répétition annexes ont déjà fait l’objet de nombreuses demandes de la part de groupes de musique. La partie administrative du bâtiment permet de concentrer en un même lieu le maximum d’informations pouvant intéresser les étudiants et faciliter leurs démarches. Tous les organismes qui veulent être en contact avec les étudiants, tels que la Caf ou la Médecine préventive, sont en mesure d’y assurer des permanences. Les associations étudiantes peuvent y réserver des salles de réunion et Planète Info, ancien SCUIO, bénéficie d’un espace plus vaste. Le service des affaires culturelles du Crous y est délocalisé, «afin d’être plus proche des étudiants. De nombreuses opérations sont en effet organisées par le Crous telles que des spectacles ou des échanges avec l’étranger. Nous pouvons également débloquer des fonds pour des œuvres humanitaires ou autres actions culturelles», explique Eric Boisseau, adjoint du directeur de la MDE et responsable des affaires culturelles au Crous. M M
UNIVERSITÉ DE POITIERS
Redéfinir les pôles de recherche « ous n’avons pas, pour le moment, de difficultés majeures à gérer, dit Alain Tranoy, p r é s i d e n t de l’Université de Poitiers. Après une tendance à la baisse depuis 1995, les effectifs des étudiants inscrits sont stables cette année, autour de 26 000. Cependant, pour la faculté des sciences humaines et l’Ufraps (activités physiques et sportives), qui ont connu une rapide progression des effectifs, la multiplication des groupes pour la mise en place des travaux pratiques décidée par la réforme Bayrou nous pose des problèmes de locaux. Nous travaillons à régler ce problème, qui va nécessiter quelques réaménagements sur le campus.» 1998-1999 sera une année clé pour l’avenir de l’Université de
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Poitiers. Celle-ci doit en effet définir et négocier avec ses partenaires ses priorités dans le cadre du contrat quadriennuel avec l ’ E t a t pour la période 20002004, qui coïncide avec le XIIe plan Etat-Région. «Nos choix stratégiques s’articuleront autour de plusieurs thèmes, précise le président. Tout d’abord, il est vital de nous engager dans l’évolution des nouvelles technologies. Nous devons redéfinir les pôles de recherche : la thématique de l’eau, par exemple, a beaucoup d’avenir. Nous devons aussi relancer la formation continue. Enfin, nous devons nous positionner encore plus fortement au plan international. Deux cartes sont à jouer notamment : l’Afrique de l’Ouest, en raison d’une tradition poitevine, et l’Amérique
La maison des étudiants, construite sur le campus de Poitiers
du sud, où il existe une très forte demande.» Dans le cadre du plan Allègre, cette année verra également se dessiner la nouvelle organisation des universités en réseaux. «Nous allons nous trouver face à des régions fortes, comme l’Aquitaine ou la région Paca. Il va falloir être lucides et nous battre pour mettre en valeur certains pôles et trouver notre place dans ce nouveau paysage.» Un nouveau président sera élu e n octobre. Alain Tranoy va quitter ses fonctions. Il ébauche un premier bilan : «Nous regrett o n s de ne pas avoir eu les moyens de travailler davantage dans le domaine de la communication et de développer des structures de recherche plus fortes. Par contre, les méthodes de réflexions budgétaires et financières ont été clarifiées. Il est très satisfaisant de constater que lors du dernier conseil d’administration, chaque filière a accepté un prélèvement sur son budget afin de dégager 3 MF pour la sécurité. Et puis, l’ouverture aux relations internationales est désormais acquise. C’est finalement un bilan très positif. Avec des tendances centrifuges au départ, notre équipe a su renforcer l’image de l’université auprès des collectivités et des partenaires et lui redonné un tonus, une dynamique.» Cécile Poursac
Sébastien Laval
Bienvenue aux étudiants Pour la quatrième année consécutive, la ville et le district de Poitiers saluent le retour des étudiants – ils représentent le quart de la population – en leur manifestant des signes de «bienvenue». Du 12 octobre au 7 novembre, cette opération associe des partenaires institutionnels, des structures culturelles, des associations et des commerçants (qui offrent des «bons plans» aux étudiants). Le district en profite pour publier et diffuser gratuitement un nouveau plan de la ville qui mentionne en détail tous lieux intéressant les étudiants, à commencer par les nombreux bâtiments du campus poitevin et du site universitaire du Futuroscope.
s OBSERVATOIRE DE LA VIE ÉTUDIANTE Le Centre d’études sociologiques et de développement local (Cesdel) vient d’être créé à Poitiers par deux jeunes docteurs, Laurence Tarrin et Louise Fromard. Cette association travaille déjà sur un projet, avec les encouragements de la ville : la mise en place d’un observatoire de la vie étudiante. Tél. 05 49 38 06 24
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UNIVERSITÉ
Une maison pour les sciences de l’homme et de la société s Ecrivains présents depuis dix ans Créée en 1988, la manifestation littéraire «Ecrivains présents» a conduit à Poitiers des auteurs du monde entier, nourri de saisissantes rencontres et découvertes, éveillant de nouvelles passions pour les amateurs de littérature à travers d’innombrables lectures et débats. Ce rendez-vous culturel vivant et exemplaire organisée par la faculté de lettres et langues de l’Université de Poitiers, l’Office du Livre et la Médiathèque François-Mitterrrand fête cette année sa première décade. Entre le 16 et le 20 novembre vingt-quatre écrivains sont présents parmi nous. Ecrivains-lecteurs, écrivainsliseurs, on entendra Pierre Michon, Jacques Roubaud, Michèle Grangaud, Raphaël Confiant, Franck Venaille, Gilbert Adair, Michel Deguy, Giuseppe Culicchia, Robert Lafont, Helen Zahavi, Gérard Leblanc, Eric Cormier, Alfred Kolleritch, André Velter, Jésus Munarriz, Bernhard Schlink, Ibrahim Abdel Méguid, Michel Surya, Daniel Doebbels, Jacques Jouet, Bernard Schiavetta. A cette dixième édition sont également invités, avec la complicité du Confort Moderne, trois artistes dont les œuvres cristallisent trois temps de rencontre. A découvrir à la Médiathèque François Mitterrand : «Alex», œuvre sonore de Marylène Negro, «Le voyage de SaintMaur à Saint-Gallen», livre brodé de Marie-Ange Guilleminot (lire pp. 26-29). Et à réaliser avec Jason Karaïndros, «L’empreinte de notre rencontre»...
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’est en 1991 qu’a vu le jour le projet de fédérer a u sein d’une même maison tous les laboratoires de recherche en sciences de l’homme et de la société de l’Université de Poitiers. Ces laboratoires se trouvaient, jusque là, disséminés dans différentes structures et ne disposaient pas de locaux ni d’équipements spécifiques pour la recherche. L’objectif premier consistait à offrir à ces laboratoires un cadre et des moyens adaptés à chacun. «Il ne s’agissait pas, pour nous,
interne à l’université – qui a accepté de tout miser sur ce projet fédérateur – qu’externe, avec le soutien des tutelles – ministère et CNRS – ce qui a entraîné l’adhésion de toutes les collectivités.» Début 1994, le projet était terminé sur le papier et devenait réalisable grâce à une perspective budgétaire de 33 MF pour l’opération immobilière et de 6 MF pour l’équipement, reposant sur cinq financements différents : le CNRS, le ministère de l’Education, la Région, le Département, la Ville.
disposition : bibliothèque, service de publications, moyens informatiques, salles de conférences et de séminaires. « C ’ e s t très enrichissant pour tous, cette proximité de travail. On se rencontre dans les couloirs, à la cafétéria, dans les séminaires, on noue des contacts. Les chercheurs découvrent, au travers de colloques organisés sur des thématiques transversales, des points de vue différents, des problématiques communes, qui peuvent apporter un éclairage nouveau sur leur domaine
Claude Pauquet
de nous retrouver simplement gestionnaires d’une structure qui hébergerait plusieurs laboratoires et des services communs, explique Eric Espéret, l’actuel directeur de la Maison des sciences de l’homme et de la société. On voulait aller plus loin, et faire de cette maison un creuset de rencontres entre chercheurs des différents laboratoires, en favorisant les activités interdisciplinaires.» Dans cette optique, dès le lancement du projet, tous les laboratoires concernés ont été associés à son élaboration et, par la suite, à un suivi régulier du chantier. « L e projet a bénéficié d’une volonté politique assez marquée, note Eric Espéret, aussi bien
L a construction du bâtiment, entamée début 1996, a été terminée en janvier 1998. L’équipement des locaux est en cours d ’ a c h è v e m e n t . Les différents laboratoires ont emménagé progressivement à partir de mars 1997. Actuellement, les onze laboratoires sont réunis dans la MSHS, ce qui représente environ 120 chercheurs et enseignantschercheurs, et l’école doctorale installée en son sein accueille 250 étudiants répartis en 5 UFR. L’inauguration officielle a eu lieu le 21 septembre 1998. La maison s’installe dans son quotidien. Ses nouveaux «habitants» semblent satisfaits. De l’ambiance, des locaux parfaitement adaptés à leurs besoins, des services communs mis à leur
p r o p r e . Nous commençons à avoir un bon rythme de fonctionnement, avec une quinzaine de colloques et séminaires programmés dans l’année, des conférences régulières, et une activité importante au niveau de la publication et de la diffusion.» Mireille Tabare Eric Espéret a été, avec Gildas Simon, l’un des initiateurs du projet MSHS dès 1991. Devenu chef de projet en 1994, il dirige la MSHS de Poitiers depuis 1995. Enseignant-chercheur en psychologie, il a occupé pendant neuf ans le poste de directeur du laboratoire Langage et communication, associé au CNRS, de l’Université.
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