INSTITUT D’ÉTUDES ACADIENNES ET QUÉBÉCOISES
Recherches sur l’identité plurielle
s Traits d’union
La journée du 3 avril dernier organisée par l’Université de Poitiers avait pour but de renforcer ses liens avec les entreprises et d’en créer de nouveaux. «La formation diplômante et la recherche sont au centre des relations universitaires. Mais elles ne suffisent plus. Aujourd’hui, l’université doit également prendre en compte l’insertion professionnelle des jeunes diplômés», explique le président Alain Tranoy. Confiée au service du Safire (service d’aide au développement de l’alternance de la formation permanente, de l’insertion professionnelle et des relations extérieures), la journée s’est déroulée en deux temps. Le matin, les étudiants ont pu bénéficier des interventions sur les actions menées par l’université (recherche, transfert de technologie, apprentissage, aide à la recherche de stage et à l’insertion professionnelle). L’objectif était également de faire prendre conscience aux enseignants qu’ils sont les ambassadeurs de l’université dans les relations avec les entreprises et qu’il était donc important de bien connaître ces deux éléments. L’après-midi était consacrée à la rencontre avec les entreprises, articulée autour d’une conférence, d’une table ronde et d’ateliers.
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n 1604, l’Acadie fut la p r e m i è r e colonie franç a i s e en Amérique du nord. La Rochelle constituait un port majeur pour le départ des navires vers le Nouveau Monde, et des ménages de paysans poitevins furent recrutés pour aller y refaire leur vie. C’est sans doute l’épisode du Grand dérangement de 1755 qui est le mieux connu de l’histoire acadienne. Après la cession de l’Acadie aux Anglais, cette déportation a rejeté plus de 7 000 personnes vers les colonies américaines et en Europe. Certains s’établirent en Louisiane, d’autres revinrent vers leur terre d’origine. Plusieurs familles purent s’installer sur la ligne acadienne dans la Vienne. Deux cents ans après la déportation, le sentiment acadien qui s’était maintenu dans les familles du Poitou-Charentes s’exprime aujourd’hui au sein de nombreuses associations, jumelages et manifestations qui existent entre l’Acadie, le Québec et la région. Depuis 1984, les universités de Moncton et de Poitiers ont signé une convention de coopération, qui favorise les échanges d’enseignants-chercheurs et d’étudiants. A la même période a été créé l’Institut d’études acadiennes et québécoises (IEAQ). André Magord, maître de conférences en civilisation nord-américaine à l’Université de Poitiers, en est le directeur depuis 1997. «Nous vou-
Alain Rezzoug
lons donner une dimension pluridisciplinaire à l’Institut, avec pour point de mire le sommet de la francophonie, à Moncton en 1999.» L’IEAQ offre l’occasion de créer une synergie entre les actions des chercheurs, les collectivités territoriales, les associations et le monde des affaires. Un nouveau projet de recherche vient d’être élaboré sur le thème de l’identité plurielle et nécessitera l’apport de plusieurs disciplines. Le premier thème retenu, les réalités francophones, sera étudié selon trois approches théoriques distinctes mais complémentaires : les sciences sociales, la linguistique et la littérature en relation avec l’identité en milieu minoritaire francophone. «L’identité est un phénomène complexe car elle est déterminée par de multiples éléments, facteurs et processus, tous en interaction et constamment en évolu-
tion. L’analyse de l’identité minoritaire, comme celle des Acadiens, est essentielle pour retrouver le fil d’une cohérence au sein de nos sociétés où la plupart des identités sont dites en crise», explique André Magord. Pour comprendre ce phénomène, des études seront menées sur le terrain et par l’analyse des fonds de documentation orale, écrite et généalogique, afin de bien cerner la situation sociale et culturelle de l’Acadie. La généalogie, l’histoire, la géographie humaine, l’ethnologie et la psychologie sociale permettront d’identifier les éléments fondateurs de l’identité et ceux de sa dynamique. Une quinzaine de chercheurs de l’Université de Poitiers se sont associés à des collègues de l’Université de Moncton pour contribuer à ce vaste programme de recherche en sciences sociales.
Emmanuelle Bergeron
Coopération franco-africaine
Pour la première fois, neuf universités françaises (Poitiers, Perpignan, Dijon, Tours, Orléans, Paris XII, Limoges, Toulouse et Nice) vont mettre leur force en commun pour travailler en réseaux avec trois universités africaines (Ouagadougou, Lomé et Cotonou). Des échanges individuels existaient déjà avec l’Afrique de l’Ouest, notamment au sein de l’Université de Poitiers, à l’initiative de ce nouveau projet. Alain Tranoy, son président, très attaché aux relations internationales, se propose de faire l’interface entre les programmes proposés par les ambassadeurs français et les pays africains concernés et les appels d’offre en direction des universités françaises. «Il s’agit d’un réel partenariat, explique celui-ci. Auparavant, nos actions étaient davantage axées sur la recherche. Nous voulons maintenant développer les formations professionnelles, type bac+2, et ceci dans des domaines aussi divers que la médecine, l’économie, l’environnement, etc.»
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Québec-Acadie, Rêves d’Amérique
Onze textes fondateurs de la littérature québécoise, d’écrivains français et québécois, sont réunis et présentés par Jean-Paul Bouchon, Alain QuellaVilléger et Dominique-Anne Villéger. Du “western” canadien de Léo-Paul Desrosiers (1896-1967) – Les Engagés du grand portage – à la figure emblématique de Maria Chapdelaine campée par Louis Hémon (1880-1913), sans oublier Evangéline, le poème culte des Acadiens. Ed. Omnibus, 1 088 p., 155 F.
MAISON DES LANGUES
Aire d’échange pour polyglottes
cademe fait référence à l ’ A c a d e m i a , le jardin dans lequel les élèves de Platon se rassemblaient pour apprendre. C’est aussi le concept de la nouvelle Maison des langues, inaugurée sur le campus de l’Université de Poitiers en mars dernier, qui signifie «Apports et Convergences audelà des médias». Ce centre de ressources multilingue propose des formules hebdomadaires, intensives ou flexibles, d’apprentissage et d’approfondissement de l’anglais et du portugais. Les cours s’adressent à tous : étudiants, personnel non enseignant de l’université, enseignants-chercheurs, thésards autant que demandeurs d’emploi. Pour les lève-tôt, une session hebdomadaire est disponible à partir de 8h. C’est le sujet de thèse de Jean
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Sécurité des consommateurs
La sécurité et la responsabilité du fait des produits occupent une place importante dans le dispositif législatif et réglementaire français. Deux directives européennes complètent ce dispositif, l’une est relative à la sécurité générale des produits et l’autre à la responsabilité du fait des produits défectueux. Cette dernière risque d’abaisser le niveau de protection du consommateur en permettant au producteur de s’exonérer de sa responsabilité. Afin de se mettre en conformité avec cette directive, une proposition de loi est en cours de discussion au parlement. Pierre Fauchon, sénateur, vice-président de la commission des lois, rapporteur de la proposition de loi relative à la responsabilité du fait des produits défectueux, et Odile Nicolas-Etienne, responsable du service juridique de l’UFC Que Choisir, seront parmi les intervenants des deux journées sur ce thème organisées à Poitiers, du 14 et 15 mai, par la faculté de droit et le centre technique régional de la consommation.
Sabiron, directeur de la Maison des langues et maître de conférences en didactique des langues, qui s’est concrétisé. «L’objectif principal de notre enseignement est basé sur la conversation ; parvenir à une aisance d’échanges, savoir être nuancé dans ses propos et redonner confiance aux gens qui ont déjà des bases», affirme Jean Sabiron. Le projet a vu le jour grâce aux actions de Joël Delançon, doyen de la faculté des lettres et langues, et d’Alain Tranoy, président de l’université. En plus des cours de langues, des ateliers libre-accès sont offerts. Le matériel d’enseignement est très varié : des CD-Rom, des cours de compétences téléphoniques et d’accueil, d’anglais des affaires, de civilisations, en plus d’encyclopédies et d’ouvrages de références. Les stagiaires peu-
vent aussi avoir accès au système Vifax, une série de cassettes vidéo de nouvelles d’actualité, couplées à des textes d’exercices autonomes. Des séances de lecture sont conseillées ; des quotidiens, des magazines, ainsi que des grammaires sont disponibles en tout temps. Une salle de conversation sert à la discussion et à la préparation en groupe. Le centre dispose aussi d’un local technique pour la conception du matériel didactique, qui sera disponible sur le site internet de l’université. «Dès que les premiers prototypes seront créés, la Maison des langues pourra être mise à la disposition des entreprises, afin de leur proposer des formations adaptées à leurs employés», précise Jean Sabiron. «Cela rejoint bien notre objectif d’union entre l’université et les entreprises.» E B
Com’science 98 : Faire savoir et savoir faire
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a région Poitou-Charentes mène depuis plusieurs années une démarche importante de valorisaton de la recherche régionale. Le programme Com’science a été créé en 1993 afin de sélectionner les meilleures manifestations scientifiques et de mettre en place une logistique pour les mettre en valeur. Les actes des colloques sont é d i t é s et largement diffusés auprès de la communauté scientifique internationale. Cette année, treize colloques sont parrainés par Com’science. 19-21 mars – Sixièmes journées d u groupe Mode, SP2MI, Futuroscope. 2-3 avril – Colloque Etienne Thil, R e n c o n t r e s université-commerce, Université de La Rochelle. 27-29 avril – Colloque Euromech
374 : Développements récents des méthodes de calcul d’hydrodynam i q u e navale stationnaire et instationnaire, Ensma. 14-15 mai – Sécurité des consommateurs et responsabilité du fait des produits, Faculté de droit et sciences sociales de l’Université de Poitiers. 2-5 juin – L’imaginaire latinoaméricain à travers vingt ans d’Archivos, Maison des sciences de l’homme et de la société, Poitiers. 2-4 juillet – Ecrire et apprendre à l’aube du XXIe siècle, Maison des sciences de l’homme et de la société, Poitiers. 8-10 juillet – Eurotherm 57 : La thermique aux microéchelles, Ensma, Futuroscope. 31 août - 4 septembre – Méthodes optiques avancées et applications en mécanique des solides, SP2MI, Futuroscope.
9-11 septembre – Technologie et connaissance dans la mondialisation, Maison des sciences de l’homme et de la société, Poitiers. 11-12 septembre – 4e congrès sur l’analyse des calculs urinaires et ses applications cliniques, CHU - service d’urologie, au palais des congrès du Futuroscope. 23-24 septembre – Journées information eaux 98 : Ozonation et procédés d’oxydation avancés dans le traitement des eaux, Esip, Poitiers, au Futuroscope. 5-6 novembre – Juriscope 98 : L e s transformations des Télécoms, Futuroscope. 13-14 novembre – D’un rivage à l’autre, ville et protestantisme dans l’aire atlantique aux XVIe et XVIIe siècles, laboratoire Lemri Université de La Rochelle) et Gerhico (Université de Poitiers), à La Rochelle.
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Le matérialisme de Diderot
A partir de quatre grands textes de Diderot – les Pensées philosophiques, la Lettre sur les aveugles, les Pensées sur l’interprétation de la nature et le Rêve de d’Alembert –, Jean-Claude Bourdin, maître de conférences de philosophie à l’Université de Poitiers, se livre à une passionnante enquête qui éclaire le matérialisme au XVIIIe siècle et rend sensible l’originalité des conceptions mises en scène par Diderot dans ses récits et dialogues. On approche un «métaphysicien sans métaphysique, un philosophepoète, un esprit spéculatifartiste» ainsi que le souligne l’auteur, «l’homme d’une idée fondamentale, qui est celle d’un monde sans fin, sans origine, sans principe créateur ou transcendant, sans hypostase possible d’un sens ou d’un ordre, soumis à une universelle transformation». Jean-Claude Bourdin relève de belles expressions de Diderot. Par exemple : «La nature [...] est une femme qui aime se travestir et dont les différents déguisements, laissant échapper tantôt une partie, tantôt une autre, donnent quelque espérance à ceux qui la suivent avec assiduité de connaître un jour toute sa personne.» PUF, 127 p., 48 F s STAGES D’ENLUMINURES MÉDIÉVALES À SAINT-SAVIN Dans les ateliers de l’abbaye de Saint-Savin, des stages d’initiation aux techniques de l’enluminure médiévale sont animés par Françoise Dufront. Soit six jours d’enseignement pratique axé sur les matériaux, les outils et les techniques. Les stagiaires réalisent une enluminure «dans les règles de l’art», avec des couleurs dont ils découvrent à la fois la préparation et l’application. Dates : 22-27 juin, 20-25 juillet, 26-31 octobre 1998. Antenne Couleurs du Critt Horticole. Tél. 05 46 99 17 01
Alain Rezzoug
Pascal Gésan et son matériel
La traversée du désert
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abriquer de l’eau dans le désert n’est pas un mirage, même l’atmosphère des déserts les plus secs contient de la vapeur d’eau. Pascal Gesan et Pierre-Olivier Renault, deux docteurs en physique des matériaux de l’Université de Poitiers, partiront cet été pour traverser à pied 500 km d’un désert australien, sans emporter une seule goutte d’eau. Ils ont créé l’association Néfoud pour mettre en valeur une nouvelle technique : utiliser la vapeur d’eau atmosphérique pour produire de l’eau potable. «Nous utilisons des granulés, soit des molécules pleines de trous (ou zéolithes), qui piègent la vapeur d’eau présente d a n s l’air», explique Pascal Gesan. Les granulés doivent être étalés sur des filets aérés par des ventilateurs, de façon à ce qu’ils adsorbent les molécules d’eau contenues dans l’atmosphère. Ces tamis moléculaires peuvent capter jusqu’à 20% de leur poids en e a u . Puis, en chauffant ces dessicants à l’aide d’un réchaud à essence, à l’intérieur d’une enceinte fermée, on obtient de la vapeur d’eau qui est ensuite con-
densée dans une spirale pour récupérer l’eau potable. Une fois vidés, les granulés peuvent être réutilisés. Avec un kilo d’essence, on obtient trois litres d’eau. Ce type de zéolithes sert dans la fabrication des doubles vitrages, pour éviter que l’air résiduel ne forme de la buée entre les deux vitres. En janvier 1998, Pascal Gesan a testé le procédé dans le massif de l’Adrar en Mauritanie. Financé par l’Association des étudiants en science des matériaux, il a pu calculer le temps qu’il faut pour charger en eau les tamis moléculaires dans des conditions de température et de vents différentes. Il a aussi pu mettre au point une technique de chauffage des zéolithes par une cellule photovoltaïque – plutôt qu’un brûleur à essence – méthode moins polluante et plus légère, qui pourra être développée ultérieurement. La traversée à pied du désert de S i m p s o n , de Oodnadatta à Birdsville, sera effectuée en parfaite autonomie et devrait être accomplie en 25 jours à raison d’une vingtaine de kilomètres de marche par jour. Les deux aventuriers traîneront leur matériel
dans des remorques en alliage d’aluminium, du même type que celles utilisées lors des courses de cyclisme, mais qui pourront être poussées ou tirées à l’aide d’un harnais. Elle contiendront 70 kg, comprenant le matériel pour fabriquer l’eau, 30 kg d’essence, les vivres et le matériel de camping. Le budget du projet, pas encore bouclé, s’élève à 200 000 F. Déjà, la Ville de Poitiers, la Région Poitou-Charentes, Jansports, MSR (fabricants de réchauds), Ceca (fabricants des granulés) et Air New Zeland leur apportent un soutien. A l’issue de cette aventure sportive et technique, Pierre Olivier Renault devrait rentrer sagement à l’Université de Poitiers pour continuer son travail de maître de conférences en physique, tandis que Pascal Gesan s’intéressera au développement d’une technologie en tant que système de secours dans les véhicules tout terrain. Un reportage photo et une vidéo seront réalisés. On peut consulter la page web de cette aventure : www.geocities.com/yosemite/ rapids/6013.
Emmanuelle Bergeron
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