Pour diminuer les coûts de réparation automobile et améliorer la prévention, Groupama et Maaf Assurances vont étudier les accidents grandeur nature
Crash-tests
au Futuroscope
E
n novembre prochain, le site du Futuroscope va accueillir un nouvel organisme de recherche très particulier : un laboratoire de simulation d’accidents – «crash-tests» selon le jargon en vigueur dans le monde de l’automobile – né de l’association de deux assureurs, Groupama et Maaf Assurances. Une vingtaine d’ingénieurs et de mécaniciens spécialisés, qui disposeront d’une piste d’essais, d’ateliers de réparations et d’outils informatiques, y reconstitueront des accidents pour répondre à un triple objectif : affiner la classification des véhicules, maîtriser le coût des réparations et améliorer la prévention. Aujourd’hui, la tarification d’une police d’assurances varie en fonction des véhicules, selon des critères comme le prix, la taille et la puissance. Le centre de crash-tests permettra d’affiner ce type de classificafion, en prenant en compte le coût des réparations de chaque type de véhicule. Cet élément, dont les assureurs ne disposent que plusieurs mois ou plusieurs années après la mise en service d’un nouveau type de véhicule, sera désormais accessible à la Maaf dès sa mise en service, et lui permettra de proposer des tarifs au plus juste prix avant ses concurrents. Seconde mission du laboratoire, la remise à plat du coût et des méthodes de réparation. «Aujourd’hui Maaf Assurances paye 2,5 milliards de francs par an en réparation auto, affirme Michel Gougnard, directeur technique de la Maaf, il n’est pas illégitime de se doter d’un outil pour savoir quel est leur juste prix. Par ailleurs, nous ferons aussi de la prévention, les réparations mal effectuées pouvant être à l’origine d’accidents.» Le laboratoire poitevin permettra enfin de reconstituer des sinistres, grâce à des techniques d’images virtuelles, pour améliorer le règlement des contentieux. Chez Maaf Assurances, on souhaite
que ce laboratoire soit un outil de partenariat avec les constructeurs et les réparateurs. «Ce n’est pas une machine de guerre contre les réparateurs ou les constructeurs, relève Michel Gougnard. Nous partagerons les gisements d’économie que nous aurons repérés avec les réparateurs qui joueront le jeu, et nous voulons encourager les constructeurs qui font des efforts pour diminuer le coût des réparations.» Le laboratoire poitevin fonctionnera sous la raison sociale Cesvi-France, une société créée pour l’occasion, dont la Maaf et Groupama détiennent 45%, l’espagnol Mapfre, premier assureur automobile de la péninsule ibérique et inventeur du concept, apportant les 10% restants. Cesvi-France représente un investissement de 30 MF pour un coût de fonctionnement annuel de 10 MF. Au regard des sommes dépensées en réparations, l’investissement apparaît en effet très supportable. Le choix du site du Futuroscope pour cette implantation n’est pas dû au hasard. Elle tient compte de la présence de l’Ensma et des laboratoires du CNRS et de l’Université de Poitiers, qui constituent un pôle de recherche important dans les domaines de la mécanique, de l’aérotechnique et des matériaux.
q Jean Roquecave 45
L’Actualité Poitou-Charentes – N° 40